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Hélas, depuis les jours des suprêmes combats, / Tes compagnes sont la frayeur et l'infortune ; …
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L'infini tout entier transparaît sous les voiles / Que lui tissent les doigts des hivers radieux …
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- Toi qui t'en vas là-bas, / Par toutes les routes de la terre, …
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Frère Jacques, frère Jacques, / Réveille-toi de ton sommeil d'hiver …
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Allez-vous-en, allez-vous-en, / L’auberge entière est aux passants. …
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Voici le dernier mois vermeil : / Lunes rouges, pourpres soleils. …
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Le jour / Ils se croisaient dans leur étable et dans leur cour, …
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Ardeur des sens, ardeur des coeurs, ardeur des âmes, / Vains mots créés par ceux qui diminuent l'amour ; …
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Asseyons-nous tous deux près du chemin, / Sur le vieux banc rongé de moisissures, …
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Lointainement, et si étrangement pareils, / De grands masques d’argent que la brume recule, …
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Et qu'importe d'où sont venus ceux qui s'en vont, / S'ils entendent toujours un cri profond …
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Au clos de notre amour, l'été se continue : / Un paon d'or, là-bas, traverse une avenue ; …
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Ancres abandonnées sous des hangars maussades, / Porches de suie et d'ombre où s'engouffrent des voix, …
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Deux vieux marins des mer& du Nord / S'en revenaient, un soir d'automne, …
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Dites, quel est le pas / Des mille pas qui vont et passent …
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On m'affirmait : / " Partout où les cités de vapeurs s'enveloppent, …
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Au temps où longuement j'avais souffert, / Où les heures m'étaient des pièges, …
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Pour vivre clair, ferme et juste, / Avec mon coeur, j'admire tout …
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Moines venus vers nous des horizons gothiques, / Mais dont l'âme, mais dont l'esprit meurt de demain, …
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Avec le même amour que tu me fus jadis / Un jardin de splendeur dont les mouvants taillis …
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Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau, / Avec mon être entier tendu comme un flambeau …
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Bien que déjà, ce soir / L'automne …
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C'est la bonne heure où la lampe s'allume : / Tout est si calme et consolant, ce soir, …
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C'était en juin, dans le jardin, / C'était notre heure et notre jour ; …
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I / Je voudrais posséder pour dire tes splendeurs, …
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Il est des âmes si craintives d’elles, / Qu’elles n’osent aimer l’âme même fidèle, …
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Je suis celle des reliques mélancoliques / Qui passe, en cette chambre d’or, …
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Sur ta rampe, pendant la nuit, / Je suis cette image accoudée …
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Je vis l'Ange gardienne en tel jardin s'asseoir / Sous des nimbes de fleurs irradiantes …
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L’homme du soir de la fatigue / À regarder s’illimiter la mer, …
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J’ai regardé, par la lucarne ouverte, au flanc / D’un phare abandonné que flagellait la pluie : …
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Je suis celui des pourritures grandioses / Qui s’en revient du pays mou des morts ; …
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Et me voici d’un grand site de catafalques / Et d’un minuit soudainement illuminé, …
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De part en part, / À chaque angle, par chaque fente, …
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Dût la guerre mortelle et sacrilège / Broyer notre pays de combats en combats, …
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Le crapaud noir sur le sol blanc / Me fixe indubitablement …
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Je les ai vus, je les ai vus, / Ils passaient, par les sentes, …
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Brisez-leur pattes et vertèbres, / Chassez les rats, les rats. …
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Brisez-leur pattes et vertèbres, / Chassez les rats, les rats. …
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Celui qui n’a rien dit / Est mort, le cœur muet, …
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Je suis celui qui vaticine / Comme les tours tocsinnent. …
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Le crapaud noir sur le sol blanc / Me fixe indubitablement …
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Les rats du cimetière proche, / Midi sonnant, …
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Vous aurez beau crier contre la terre, / La bouche dans le fossé, …
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Chaque heure, où je songe à ta bonté / Si simplement profonde, …
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En un quartier quatre fois centenaire, / Dont les hôtels et les maisons …
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Combien elle est facilement ravie / Avec ses yeux d'extase ignée ; …
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Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon coeur, / Ainsi qu'une ample fleur, …
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Le vieux crapaud de la nuit glauque / Vers la lune de fiel et d'or, …
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Comme à d'autres, l'heure et l'humeur : / L'heure morose ou l'humeur malévole …
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Au long du port moiré de soir, / Sèchent des cargaisons de fleurs fanées. …
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Autant que moi malade et veule, as-tu goûté / Quand ton être ployait sous les fièvres brandies, …
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La neige a chu, myriadaire et successive, / Couvrant la grange vieille et le fournil branlant, …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Croquis de cloître (I) …
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Dans un pesant repos d'après-midi vermeil, / Les stalles en vieux chêne éteint sont alignées, …
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A pleine voix - midi s'exaltant au dehors / Et les champs reposant - les nones sont chantées, …
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En automne, dans la douceur des mois pâlis, / Quand les heures d'après-midi tissent leurs mailles, …
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Le choeur, alors qu'il est sombre et dévotieux, / Et qu'un recueillement sur les choses s'embrume, …
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Les servantes faisaient le pain pour les dimanches, / Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain, …
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Dans la maison où notre amour a voulu naître, / Avec les meubles chers peuplant l'ombre et les coins, …
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Je m’habille des loques de mes jours ; / Et le bâton de mon orgueil, il plie. …
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Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume / Poussaient au bord de nos chemins …
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(II) / Sous les vitres du hall nitreux que le froid fore …
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ANTOINE / Pour apprendre à noircir quelque papier frivole …
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BENOIT / JE le sais bien, je le sais bien …
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JEAN / Et maintenant, j’avoue, …
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LE JARDINIER / Avant de t’arrêter chez nous, en nos vergers, …
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MARIANNE / Je fus à toi depuis que je te vis là-haut …
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PIERRE / À Saint Corneille, ami des bêtes …
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VINCENT / Certes, je ne sens pas au plus profond de moi …
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Oh ! Les éveils des bourgades sous l'or des branches, / Où courent la lumière et l'ombre - et les roseaux …
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Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie, / Dis, combien l'absence, même d'un jour, …
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Matins frileux ! / Le temps se vêt de brume ; …
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Il neige blanc sur l’Escaut jaune, / Tout est déteint, brouillé, fondu ; …
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En ce rugueux hiver où le soleil flottant / S'échoue à l'horizon comme une lourde épave, …
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Le sol trempé se gerce aux froidures premières, / La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs, …
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Bien que flasque et geignant et si pauvre ! si morne ! / Si las! Redresse-toi, de toi-même vainqueur ; …
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Et maintenant que sont tombés les hauts feuillages / Qui tenaient le jardin sous leur ombre abrité, …
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Et qu'importent et les pourquoi et les raisons / Et qui nous fûmes et qui nous sommes : …
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Et te donner ne suffit plus, tu te prodigues : / L'élan qui t'emporte à nous aimer plus fort, toujours, …
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Sous des cieux faits de filasse et de suie, / D’où choit morne et longue la pluie, …
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L’absurdité grandit comme une fleur fatale / Dans le terreau des sens, des cœurs et des cerveaux. …
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FRANCE ET ALLEMAGNE / I …
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Fut-il en nous une seule tendresse, / Une pensée, une joie, une promesse, …
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Aube joyeuse et joli gel, / Toute la ville est cristalline …
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Les soirs de fête, en des banquets, / Il s’évoquait …
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Qu’elle était large et belle, assise au bord des mers, / La grand’ville levant cent tours sur ses épaules, …
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C’est bien mon deuil, le tien, ô l’automne dernière ! / Râles que roule, au vent du nord, la sapinière, …
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Les molosses d’hiver, le gel, le vent, la neige, / Ô mon vieux cœur de lassitude et de souci, …
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Hélas, quel soir ! ce soir de maussade veillée. / Je hais, je ne sais plus ; je veux, je ne sais pas ; …
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Les soirs crucifiés sur l’horizon, les soirs / Saignent, dans les marais, leurs douleurs et leurs plaies, …
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Hélas ! les temps sont loin des phlox incarnadins / Et des roses d'orgeuil illuminant ses portes, …
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Ô femmes dont les mains sont belles, / Vous dédiez, par charité, …
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Rayures d'eau, longues feuilles couleur de brique, / Par mes plaines d'éternité comme il en tombe ! …
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L’âme et le cœur si las des jours, si las des voix, / Si las de rien, si las de tout, l’âme salie ; …
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Voici très longuement, très lentement, les râles / D’hiver et les grands soirs dressés en bûchers d’or …
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Le soir, plein des dégoûts du journalier mirage, / Avec des dents, brutal, de folie et de feu, …
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J'ai cru à tout jamais notre joie engourdie / Comme un soleil fané avant qu'il ne fût nuit, …
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JACQUES D’ARTEVELDE / I …
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JAN SNUL. / La croix de paille est là, barrant la porte ; …
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Je dédie à tes pleurs, à ton sourire, / Mes plus douces pensées, …
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Je noie en tes deux yeux mon âme tout entière / Et l'élan fou de cette âme éperdue, …
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Je suis sorti des bosquets du sommeil, / Morose un peu de t'avoir délaissée …
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Lorsque l’été flambant brûle la ville lasse, / Et le peuple pointu des toits capricieux, …
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KLEUDDE. / L’échevin Sixte était un homme, …
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En un creux de terrain aussi profond qu'un antre, / Les étangs s'étalaient dans leur sommeil moiré, …
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L'aube, l'ombre, le soir, l'espace et les étoiles ; / Ce que la nuit recèle ou montre entre ses voiles, …
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Le corps ployé sur ma fenêtre, / Les nerfs vibrants et sonores de bruit, …
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Quatre fossés couraient autour de l'enclos. Or, / Quand le soleil de Mai, brûlant l'air de ses flammes, …
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Quand tu marches, le pas rythmé, le long des champs, / Aime à nommer pour te plaire à toi-même …
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Émile Verhaeren — Les Moines / L'Hérésiarque …
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L'immobile beauté / Des soirs d'été, …
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L'ombre est lustrale et l'aurore irisée. / De la branche, d'où s'envole là-haut …
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L'âge est venu, pas à pas, jour à jour, / Poser ses mains sur le front nu de notre amour …
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Et pleine d'un bétail magnifique, l'étable, / A main gauche, près des fumiers étagés haut, …
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Dites, les gens, les vieilles gens, / Que s'exaltent les coeurs dans vos hameaux ; …
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Il gèle et des arbres pâlis de givre clair / Montent au loin, ainsi que des faisceaux de lune ; …
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Comme un torse de pierre et de métal debout / Le monument de l'or dans les ténèbres bout. …
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Les guirlandes du vent joli / Tournent, gaîment, autour des Mâts ; …
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Le gel durcit les eaux ; le vent blémit les nues. / A l'orient du pré, dans le sol rêche …
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Qui parcourait l’espace d’or, dans la Champagne, / En ces midis d’automne où le pampre reluit …
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LA CHANCE / En tes rêves, en tes pensées, …
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L’or serait tout, s’il était maître des idées, / Mais lentement, mais jour à jour, …
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C’est un beau soir de mars, rugueux et froid. / L’après-midi, quelques fragiles anémones …
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LA CLÉMENCE / C’était un doux pays illuminé de plaines …
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Le monde est trépidant de trains et de navires. / De l’est à l’ouest, du sud au nord, …
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Et je voudrais aussi ma couronne d’épines / Et pour chaque pensée, une, rouge, à travers …
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Un cri s’élève, et vole, et frappe, et puis s’étend / D’Ardenne en Vermandois, et de Flandre en Luzarche ; …
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Égarons-nous, mon âme, en ces cryptes funestes, / Où la douleur, par des crimes, se définit, …
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Les servantes faisaient le pain pour les dimanches, / Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain, …
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— Dans la ville d’ébène et d’or, / La dame en noir des carrefours, …
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Gens de l’hospice, entrez en danse, / La vieille mort part en vacances. …
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LA DOUCEUR / Connaissez-vous ces beaux soirs d’or, …
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Dépensant tous pour leur richesse ou leur besoin / Mille efforts solidaires, …
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Si nous nous admirons vraiment les uns les autres, / Du fond même de notre ardeur et notre foi, …
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Vents, dénouez mes longs cheveux / Et brûlez-en mes amoureux. …
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Avec ses doux yeux bleus / Pâlis …
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LA FOULE / En ces villes d’ombre et d’ébène, …
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Du côté du canal, où ronflent et s’exilent / Les trois usines de la ville, …
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La glycine est fanée et morte est l'aubépine ; / Mais voici la saison de la bruyère en fleur …
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Et voici quelle était la chambre hospitalière / Où l'étranger trouvait bon gîte et réconfort, …
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Les magasins de la Grand’Place / Mirent leur deuil et leur passé, …
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Avec colère, avec détresse, / Avec ses refrains de quadrilles, …
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Dans la clarté plénière et ses rayons soudains / Brûlant, jusques au cœur, les ramures profondes, …
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Lys tranquille, Lys douce et lente / Dont le vent berce, aux bords, les herbes et les plantes, …
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Il était mort, soudain, sur son champ, à midi. / Par le chemin passant derrière le village, …
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Vous ne reverrez plus les monts, les bois, la terre, / Beaux yeux de mes soldats qui n’aviez que vingt ans …
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La petite vierge Marie / Passe, les soirs de mai, par la prairie, …
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Je veux mener tes yeux en lent pèlerinage / Vers ces loins de souffrance, hélas ! où depuis quand, …
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Par les plaines de mon âme, tournée au Nord, / Le vieux berger des novembres mornes, il corne, …
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Chambres claires, tours et laboratoires, / Avec, sur leurs frises, les sphinx évocatoires …
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Dansez sur la berge, les flammes, / Comme de petites madames, …
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LA SAINT-PIERRE / Les poils luisants, les crins lavés, …
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Lacs d’or dont les blés mûrs sont les roseaux penchants, / Les champs, …
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LA STATUETTE / C’était un jeu de quilles …
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Sur un échafaud noir, tu porteras ta tête / Et sonneront les tours et luiront les couteaux …
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A Léon Cladel. / Le mouchoir sur la nuque et la jupe lâchée, …
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Voici trois mois qu’on l’a porté en terre, / Et le désir des héritiers …
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Il faut admirer tout pour s’exalter soi-même / Et se dresser plus haut que ceux qui ont vécu …
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LA VIE ARDENTE / Mon cœur, je l’ai rempli du beau tumulte humain. …
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Les villages, l’hiver, vivent à l’étouffée. / Dans les enclos boueux et les pacages gras, …
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Comme des mains / Coupées, …
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La demoiselle en bandeaux noirs, / Qui brode à l’aube et brode au soir, …
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Tous les chemins vont vers la ville. / Du fond des brumes, …
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LA VILLE NOUVELLE / Un treuil audacieux …
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Sur une table chargée, où les liasses abondent, / Serré dans un fauteuil étroit, morne et branlant, …
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C'est un bazar, au bout des faubourgs rouges : / Etalages toujours montants, toujours accrus, …
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Le beau jardin fleuri de flammes / Qui nous semblait le double ou le miroir …
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Sur l’arrière de son bateau, / Le batelier promène …
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L'entendez-vous, l'entendez-vous / Le menu flot sur les cailloux ? …
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Le clair jardin c'est la santé. / Il la prodigue, en sa clarté, …
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LE COMTE DE LA MI-CARÊME / Venant d’Espagne ou de Bohème, …
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Par les chemins bordés de pueils / Rôde en maraude …
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La Mort a bu du sang / Au cabaret des Trois Cercueils. …
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Quand tintera de tour en tour / Midi, …
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Ce soir, un grand ciel clair, surnaturel, abstrait, / Froid d’étoiles, infiniment inaccessible …
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Sur la place aux enseignes livides, / Où les cloches sonnent un glas, …
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Saint Georges, / Le président de ton serment …
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LE GÉNÉRAL LEMAN. / C’était aux premiers jours de guerre. …
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Dans la cave très basse et très étroite, auprès / Du soupirail prenant le jour au Nord, les jarres …
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LE LIERRE / Lorsque la pourpre et l’or, d’arbre en arbre, festonnent …
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Leur coude nu sorti des manches, / Et tout leur poids …
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Et chaque fois que l’almanach / Ramène en Flandre …
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On lui reprochait tout / Depuis longtemps, mais à l’écart, dans l’ombre …
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Le menuisier du vieux savoir / Fait des cercles et des carrés, …
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Le vieux meunier du moulin noir, / On l’enterra, l’hiver, un soir …
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En ces heures de vice et de crime rigides, / Se rêve un meurtre ardent, que la nuit grandirait …
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Disséminant la guerre / Par régiments entiers à travers monts et terres, …
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LE MONT / Ce mont, …
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En contournant le presbytère / Les morts d’ici s’en vont en terre. …
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LE MÉNÉTRIER / Au coin du cimetière, …
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Soir de juillet torride et sec. / Serrant le bois sonore au creux de son épaule, …
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Le passeur d’eau, les mains aux rames, / À contre flot, depuis longtemps …
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Tonnante, / La fête s’annonçait, dès le matin, là-bas. …
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Toute la mer va vers la ville ! / Son port est innombrable et sinistre de croix, …
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Vous ne produisez plus ni communiers ni gueux, / Et vivez à la dérobée …
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LE PREMIER ARBRE DE L’ALLÉE / Le premier arbre de l’allée ? …
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Tu me parlais de ta voix belle / Et demandais en insistant : …
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Le printemps jeune et bénévole / Qui vêt le jardin de beauté …
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Parmi les marguerites, / Se sont assises dans un pré …
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Sur sa butte que le vent gifle, / Il tourne et fauche et ronfle et siffle …
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L'ombre qui sous la lune / Tombait, longue et pâle, des dunes, …
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Sur ce roc carié que fait souffrir la mer, / Quels pas voudront monter encor, dites, quels pas ? …
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D’un geste large et régulier / Vide ta pinte, …
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Le soir tombe, la lune est d'or. / Avant la fin de la journée …
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Au fond d'un hall sonore et radiant, / Sous les ailes énormes …
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Une vie âpre et sourdement myriadaire / S’y concentre en assauts et s’y disperse en bonds ; …
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Les nuits, les jours, / Toujours, …
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LE TÉMÉRAIRE / I …
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LE VALET DE CŒUR / Au bal de la Reine de Pique …
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Mon esprit triste, et las des textes et des gloses, / Souvent s’en va vers ceux qui, dans leur prime ardeur, …
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Voici le banc de bois, près des roses trémières, / Où le soleil, par les après-midi légers, …
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Le vieux mur est usé et ploie ainsi qu’un homme ; / Jadis il se chargeait d’un poids rouge de pommes : …
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L’azur est scintillant / De grands nuages blancs …
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L’été, lorsque les longs dimanches / Tintaient dans les clochers nombreux, …
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Hôtels du Vieux Rempart et de la Cour du Prince, / Secrètement, en des lieux sûrs, …
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Vous, dont les bras tenaces sont à vendre ; / Faucheurs, aoûterons, betteraviers, …
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Tandis qu’au loin, là-bas, autour des blancs moulins. / Jeunes et vieux, garçons et filles, …
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Tandis que la nuit froide étage sa terrasse / Par au-delà des bruyères et des forêts, …
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C’est bien là-bas, au bord des landes, / Que le kiosque étrange et suranné …
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Les baisers morts des défuntes années / Ont mis leur sceau sur ton visage, …
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Vers son manoir de marbre, / Qui domine les bois, …
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Là-bas, / Parmi les Don, et les Dnieper, et les Volga, …
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Les barques d'or du bel été / Qui partirent, folles d'espace, …
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Brumes mornes d'hiver, mélancoliquement / Et douloureusement, roulez sur mes pensées …
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Au fond du cœur sacerdotal, / D’où leur splendeur s’érige …
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Les chapelles des coins de bois / Revivent toutes à la fois, …
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À cropetons, ainsi que les pauvres Maries / Des légendes de l’autrefois, …
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Ongles de feu, cierges ! - Ils s'allument, les soirs, / Doigts mystiques dressés sur des chandeliers d'or, …
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Les complaintes qu’on va chantant par la grand’route, / Avec leurs vieux refrains de banal désespoir, …
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Dans son village, au pied des digues, / Qui l’entourent de leurs fatigues …
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Le plumage lustré de satins et de moires, / Les corneilles, oiseaux placides et dolents, …
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Il était deux enfants de roi / Que séparaient des eaux profondes, …
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D'énormes espaliers tendaient des rameaux longs / Où les fruits allumaient leur chair et leur pléthore, …
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Les pas qui s’en allaient jadis / Et du champ à la grange et de l’étable au puits, …
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La plaine, au loin, est uniforme et morne / Et l’étendue est veule et grise …
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Les fleurs du clair accueil au long de la muraille / Ne nous attendent plus quand nous rentrons chez nous, …
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« C’est aujourd’hui, / Au cabaret du Jour et de la Nuit, …
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C’est la fête ; la fête en or des fumiers gras. / On la voit s’avancer sur des chemins de boue, …
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À l’Occident, là-bas, / Des nuages montent par tas, …
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À l’auberge des « Cent Frelons », / Dont l’ample hôtesse, à la prime aube, entasse …
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S'élargissaient, là-bas, les granges recouvertes, / Aux murs, d'épais crépis et de blancs badigeons, …
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Sous le manteau des toits s'étalaient les greniers / Larges, profonds, avec de géantes lignées …
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Ô la splendeur de notre joie, / Tissée en or dans l’air de soie ! …
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La nuit, dans le silence en noir de nos demeures, / Béquilles et bâtons , qui se cognent, là-bas, …
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Deux siècles / (xviie-xviiie) …
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Guillaume de Juliers / I …
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Jacques d’Artevelde / Ô ce soir de juillet où le Tribun mourut, …
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La Lys / À M. et à Mme Georges De Craene. …
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L’âme du Téméraire était une forêt / Pleine d’arbres géants et de fourrés secrets …
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Mentons carrés et gros, cheveux pesants et roux, / Ils se dressent, là-bas, à l’horizon des âges, …
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Les Communiers / Soit instinct, soit hasard. …
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L’or migrateur qui passe où s’exalte la force / Avait choisi jadis, en son vol arrogant, …
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L’Entrée / de Philippe le Bel à Bruges …
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L’Escaut / Et celui-ci puissant, compact, pâle et vermeil, …
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Rubens / Ton art énorme est tel qu’un débordant jardin …
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Saint Amand / Et seul, n’ayant foi qu’en lui-même …
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Vésale / À Paul Heger. …
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- Ouvrez, les gens, ouvrez la porte, / je frappe au seuil et à l'auvent, …
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Sur la Ville, dont les affres flamboient, / Règnent, sans qu’on les voie, …
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Allez, venez, / Rejoignez-vous ou quittez-vous, …
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Les jours de fraîche et tranquillé santé, / Lorsque la vie est belle ainsi qu'une conquête, …
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Au long des cours, des impasses et des venelles / Des vieux quartiers retraits, …
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Les chats d’ébène et d’or ont traversé le soir. / « Au dessus de la vie et des formes, dans l’air …
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Un paysage noir, ligné d’architectures, / Qui découpent et captivent l’éternité, …
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LES MACHINES / Dites, connaissez-vous l’émoi …
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Blafards et seuls, ils sont, les sceptiques malades, / Aigus de tous leurs maux. Ils regardent le soir …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Les Matines …
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Les jours d’hiver quand le froid serre / Les bourgs, le clos, le bois, la fagne, …
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Les menus faits, les mille riens, / Une lettre, une date, un humble anniversaire, …
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À cinq, à dix, à vingt sur les éteules, / Comme autant de hameaux …
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La plaine, au fond des soirs, s’est allumée, / Et les tocsins cassent leurs bonds de sons, …
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Comme des tentes pour les blés / Les grandes meules fraternelles …
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On dirait que le site entier sous un lissoir / Se lustre, et dans les lacs voisins se réverbère ; …
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Le caillou luit et brûle et la mare bouillonne. / Au détour d’un sentier zigzagant et vermeil, …
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Je suis l’halluciné de la forêt des Nombres, / Le front fendu, d’avoir buté, …
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Il est ainsi de pauvres coeurs / Avec, en eux, des lacs de pleurs, …
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Ces hommes de labour, que Greuze affadissait / Dans les molles couleurs de paysanneries, …
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Autour de la terre obsédée / Circule, au fond des nuits, au cœur des jours, …
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Son chat, son chien, son porc, sa vache et quelques poules ; / Dites, le maigre bien du métayer flamand ! …
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LES PETITS VIEUX / En mon pays, au bord d’une route, deux saules tordus et rabougris se penchent l’un vers l’autre, comme s’ils se parlaient. On les appelle : « Les petits vieux. » …
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De branche en branche / Les pies …
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En des paniers / De jaune et reluisant osier …
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Même quand le vent meugle / Et fait grosse sa voix, …
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Plages vides, avec toujours les mêmes flots / Poussant les mêmes cris et les mêmes sanglots …
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Sous la tristesse et l’angoisse des cieux / Les lieues …
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Avec leurs groins / Fouillant les cieux, fouillant les coins, …
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Au long de promenoirs qui s’ouvrent sur la nuit / — Balcons de fleurs, rampes de flammes — …
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Le site est floconneux de brume / Qui s’épaissit en bourrelets, …
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Vagues d'argent et beau ciel clair / Le flot sur les grèves se vide. …
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C’est une troupe de gamins / Qui porte la virevoltante étoile …
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Comme des clous, les gros pavés / Fixent au sol les routes claires : …
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Avec le ruban noir de leur égout, / Et, ci et là, de petites chapelles, …
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À coups de flamme errante au loin, le long des rues, / Les lanternes, debout sur le bord du trottoir, …
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Sitôt que le soleil dans le matin luisait, / Comme un éclat vermeil sur un saphir immense, …
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Elles sont quatre à me parler : leurs voix d’ailleurs / Toutes frêles, entre leurs lèvres lentes, …
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Dreling, dreling, / C'est la fête de tous les Saints. …
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Les grand'routes tracent des croix / A l'infini, à travers bois ; …
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À l’heure où s’allonge le soir, / En automne, parmi les brumes, …
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On ferme ! On ferme ! Et les veuves de noir vêtues, / À pas feutrés et lents, s’en vont sous leurs manteaux, …
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Lorsque rentrent des alentours, / Tels soirs d’été, les attelages, …
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Quand se penchaient sur votre être fébrile / Et la folle détresse et l’angoisse stérile, …
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Au fond d’un hall sonore et radiant, / Sous les ailes énormes …
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Ô peuple de héros par la mort transformés, / Depuis que vous voilà disparus sous la terre, …
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Veuves debout au long des mers, / Les tours de Lisweghe et de Furnes …
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Sur un chemin compact, de pierraille et de cendre, / A travers bois, taillis, fleuves, moissons et prés, …
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LES TROIS PUCELLES DE BRUXELLES / Légende de la bonne humeur …
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Se regardant avec les yeux cassés de leurs fenêtres / Et se mirant dans l’eau de poix et de salpêtre …
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LES USINES DE GUERRE / I …
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Noires syrinx d'ombre et de tôle, / Les inégales cheminées, …
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En mai, les grands vergers de la Flandre féconde / Sont des morceaux de paradis qui se souviennent …
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L’hiver, les chênes lourds et vieux, les chênes tors, / Geignant sous la tempête et démenant leurs branches …
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— Par quels chemins de gloire et de martyre, / Par quel steppe qui gèle ou quel désert qui bout, …
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Dans les bouges fumeux où pendent des jambons, / Des boudins bruns, des chandelles et des vessies, …
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Tant de soupçons griffus leur entaillent l’esprit, / Qu’ils ne croient jamais d’emblée …
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En sarrau bleu, en jupon noir, / Couple rêche, le vieux, la vieille, …
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Oh ces villes, par l’or putride, envenimées ! / Clameurs de pierre et vols et gestes de fumées, …
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Et par le traître écho des horizons plongeurs, / Et par l’antique appel des sybilles lointaines, …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Les Vêpres …
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21 Mars 1915. / Sous les étoiles d’or d’un ciel ornemental …
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La sagesse s’assied à mi-côte des monts ; / Les flots pâles des rivières intercalées, …
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Les nuages à l’horizon se pelotonnent ; / Le vent bondit au loin, de forêt en forêt ; …
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Avec son cœur qui demeure comme aux écoutes / Dans la plaine natale où son rêve se plaît, …
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Lorsque s'épand sur notre seuil la neige fine / Au grain diamanté, …
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Lorsque ta main confie, un soir des mois torpides, / Au cellier odorant les fruits de ton verger, …
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Lorsque tu fermeras mes yeux à la lumière, / Baise-les longuement, car ils t'auront donné …
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Désir d’être, soudain, la bête hiératique, / D’un éclat noir, sous le portique …
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Les horizons cuivrés des suprêmes automnes / Meurent là-bas, au loin, dans un carnage d'or. …
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Plaines au Nord et mornes nues !… / Les cavales des automnes chenues …
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L’ACTION / Lassé des mots, lassé des livres, …
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L’air est humide, épais et gras ; / Taches de deuil, des oiseaux planent …
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L’air se durcit, le gel va ressaisir la nuit. / Les roses du pignon tremblent au vent qui passe, …
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Dans le jardin, où des lions mélancoliques / Traînent le char du vieil amour, …
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L’ANCIENNE FOI / Si ton nom sonne creux dans ma ferme poitrine, …
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Dans le silence et la grandeur des cathédrales, / La cité riche avait, jadis, dressé vers Dieu …
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L’Angleterre ! / Elle s’ancrait parmi les eaux, …
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Tout seul, / Que le berce l’été, que l’agite l’hiver, …
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Elle était comme une rose pâlie ; / Je la sentais discrète, autour de moi, …
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L’EAU / Ô cette vie, au clair de l’eau ! …
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Groupes de travailleurs, fiévreux et haletants, / Qui vous dressez et qui passez au long des temps …
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L’ENTRÉE / DE PHILIPPE LE BEL À BRUGES …
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L’ESCAUT / Et celui-ci, puissant, compact, pâle et vermeil, …
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Un soir plein de reflets et de nuages d’or, / Du fond des cieux lointains, rayonne au cœur d’un port …
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Près d’une porte où luit du sang, sur les battants, / Mon cœur, là-bas, est haletant ; …
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Partout, de loin en loin, de proche en proche, / Et pour les morts et les saints, …
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L’HORLOGER / À la vitrine, où s’accrochaient …
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À ceux qui n’ont ni feu, ni lieu, / Et qui sont lents, et qui sont vieux, …
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Déjà la grange est tout en feu : / Tourbillons noirs, flammes brandies ; …
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Voici le mois des eaux mornes et croupissantes / Autour des bourgs, parmi les routes et les sentes, …
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L’IVRESSE / Étaient placés, face à face, dans ce caveau, …
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Vous existez en moi, fleuves, forêts et monts, / Et vous encor, mais vous surtout, villes puissantes, …
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Parmi les pommes d’or que frôle un vent léger / Tu m’apparais là-haut, glissant de branche en branche ; …
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L’usine vibre au loin, sous ses toits longs et lourds, / Parmi les terrains roux et les noires venelles ; …
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Les toits semblent perdus / Et les clochers et les pignons fondus, …
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Les jours de rage militaire, / Quand vibre et siffle et passe et se répand partout …
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Les bêches qui s’en vont aux champs / Sur l’épaule des paysans, …
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Non loin du port, la nuit, lorsque l’essor / Des tours et des palais vertigineux s’affaisse …
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L’ombre d’un grand nuage blanc / Circule au loin, de plaine en plaine ; …
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Le coq dressé claironne et les poules picorent / Là-bas, où les fourmis montent du sol obscur ; …
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Les vieilles mains d’argent des coutumes locales / — Et carillons et bruits de fête à pleins bourdons — …
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MA GERBE / Le jour que mon cerveau et mes yeux seront morts, …
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Je suis le fils de cette race / Dont les cerveaux plus que les dents …
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MA VILLE / J’ai construit dans mon âme une ville torride. …
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L’accord était conclu depuis Noël passé ; / Mais il fallait d’abord que mourût le grand-père, …
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Les Monastères, / On les voyait jadis, ainsi que de grands fronts, …
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Mes doigts, touchez mon front et cherchez, là, / Les vers qui rongeront, un jour, de leur morsure, …
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MES YEUX / Oui, tout s’exaltera et fleurira encore …
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Mets ta chaise près de la mienne / Et tends les mains vers le foyer …
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Dalles au fond des lointains clairs et lacs d'opales, / Pendant les grands hivers, lorsque les nuits sont pâles …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Moine doux …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Moine sauvage …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Moine simple …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Moine épique …
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Si vif luit le caillou qu’on dirait des sardoines ; / L’été touffu s’enchevêtre dans les fourrés ; …
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MON AMI LE PAYSAGE / J’ai pour voisin et compagnon …
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Une place minime et quelques rues, / Avec un Christ au carrefour ; …
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Mon âme elle est là-bas, / Mon âme en joie et en alarmes, …
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Un soir plein de pourpres et de fleuves vermeils / Pourrit, par au delà des plaines diminuées, …
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NOTRE-DAME AU MANTEAU FROID / Chaque vesprée, à l’heure …
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À Tervueren, à la lisière d’un bois, près / Bruxelles, une chapelle est dédiée à la …
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Oh ! ce bonheur / Si rare et si frêle parfois …
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Oh ! laisse frapper à la porte / La main qui passe avec ses doigts futiles ; …
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Oh ! tes si douces mains et leur lente caresse / Se nouant à mon cou et glissant sur mon torse …
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Parmi l'étang d'or sombre / Et les nénuphars blancs, …
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Oh ! cette ombre de jour tombant du ciel hagard ! / Et ces feuilles jonchant le sol, de rouille et d’ambre ; …
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Pauvres vieilles cités par les plaines perdues, / Dites de quel grand plan de gloire, …
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Ô plainte de la terre / Frappant la nuit, frappant le jour, …
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Peut-être / Lorsque mon dernier jour viendra, …
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La nuit d’hiver élève au ciel son pur calice. / Et je lève mon cœur aussi, mon cœur nocturne, …
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L'ombre s'installe, avec brutalité ; / Mais les ciseaux de la lumière, …
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Pour nous aimer des yeux, / Lavons nos deux regards de ceux …
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Pour que rien de nous deux n'échappe à notre étreinte, / Si profonde qu'elle en est sainte …
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L’aulne et le noisetier / Ont seuls des fleurs en février ; …
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Les roses de l’été — couleur, parfum et miel — / Peuplent l’air diaphane ; …
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Printemps, par tes premiers beaux jours, / Où l’on s’en va avec la simple joie …
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PROBLÈMES / Et vous, phrases solennelles et séculaires, …
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PROMENADES / Je vis parmi les fleurs, les ruisseaux et les arbres. …
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Où vont les vieux paysans noirs / Par les couchants en or des soirs …
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Quand le ciel étoilé couvre notre demeure / Nous nous taisons durant des heures …
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Que nous sommes encor heureux et fiers de vivre / Quand le moindre rayon entr'aperçu là-haut …
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Que tes yeux clairs, tes yeux d'été, / Me soient, sur terre, …
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Quoique nous le voyions fleurir devant nos yeux / Ce jardin clair où nous passons silencieux, …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Rentrée des moines …
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Roses de juin, vous les plus belles, / Avec vos coeurs de soleil transpercés ; …
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La nuit est froide et l’aube âpre, givreuse et dure. / Mais déjà la surelle emplit le talus vert …
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RUPERT BROOKE / POÈTE ET SOLDAT …
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RUSSIE / I …
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S'il était vrai / Qu'une fleur des jardins ou qu'un arbre des prés …
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SAINT AMAND / Et seul, n’ayant foi qu’en lui-même …
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Ouverte en large éclair, parmi les brumes, / Une avenue ; …
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Lorsque Joseph d’Arimathie / Eut descendu le Christ raide, livide et froid, …
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Si d'autres fleurs décorent la maison / Et la splendeur du paysage, …
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Se replier toujours sur soi-même, si morne ! / Comme un drap lourd, qu’aucun dessin de fleur n’adore. …
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Si nos coeurs ont brûlé en des jours exaltants / D'une amour claire autant que haute, …
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En un plein jour, larmé de lampes, / Qui brûlent en l'honneur …
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Sitôt que nos bouches se touchent, / Nous nous sentons tant plus clairs de nous-mêmes …
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Des nuages, couleur de marbre, / Volent, à travers le ciel fou ; …
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Émile Verhaeren — Les Moines / Soir religieux (I) …
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Près du fleuve roulant vers l'horizon ses ors / Et ses pourpres et ses vagues entre-frappées, …
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Vers une lune toute grande, / Qui reluit dans un ciel d'hiver …
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Des villages plaintifs et des champs reposés, / Voici que s'exhalait, dans la paix vespérale, …
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Le déclin du soleil étend, jusqu'aux lointains, / Son silence et sa paix comme un pâle cilice ; …
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Un silence souffrant pénètre au coeur des choses, / Les bruits ne remuent plus qu'affaiblis par le soir, …
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L'averse a sabré l'air de ses lames de grêle, / Et voici que le ciel luit comme un parvis bleu, …
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Sois-nous propice et consolante encor, lumière, / Pâle clarté d'hiver qui baignera nos fronts, …
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Soldats morts à la guerre, / Qui remplissez le sol mortuaire, là-bas, …
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L’ombre s’affermissait sur les plaines captives, / Et, de ses murs, barrait les horizons d’hiver, …
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Un vent rude soufflait par les azurs cendrés, / Quand du côté de l'aube, ouverte à l'avalanche, …
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Larges voiles au vent, ainsi que des louanges, / La proue ardente et fière et les haubans vermeils, …
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Sur ces plages de sel amer / Et d'âpre immensité marine, …
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SUR LES MÔLES DU PORT / Le soir quand je m’en vais par la côte marine …
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SUR LES QUAIS / Te souvient-il, te souvient-il …
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En ce minuit de force à bas, combien j’envie / — Demain j’aurai changé — tout ce qui circonscrit : …
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Avec des flûtes dans leurs mains, / Se sont perdus par mes chemins …
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Rocs de désespoir immensément tordus / Vers le ciel lourd, voici les consolants hivers …
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Tout ce qui vit autour de nous, / Sous la douce et fragile lumière, …
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Très doucement, plus doucement encore, / Berce ma tête entre tes bras, …
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Tu arbores parfois cette grâce bénigne / Du matinal jardin tranquille et sinueux …
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Elle eut trois fils ; tous trois sont tombés à Boncelle. / Le soir se fait. J’entends parler sa tendre voix. …
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Ce n’est qu’un bout de sol dans l’infini du monde. / Le Nord …
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C’était, dans la campagne émerveillée, un coin, / Où la prairie au clair brillait comme un visage, …
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Sur des marais de gangrène et de fiel / Des coeurs d'astres troués saignent du fond du ciel. …
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Sous ce funèbre ciel de pierre, / Voûté d'ébène et de métaux, …
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Et des bouches d’argent et des regards de pierre / Taisent immensément le glacial mystère …
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Sous ce funèbre ciel de pierre, / Voûté d’ébène et de métaux, …
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Sur des marais de gangrène et de fiel / Des cœurs d’astres troués saignent du fond du ciel. …
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Oh ! la maison perdue, au fond du vieil hiver, / Dans les dunes de Flandre et les vents de la mer. …
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Son grand cœur orageux tonnait en ses paroles / Et ceux qui l’écoutaient se taisaient devant lui. …
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Des murs crépis, de pauvres toits, / Un pont, un chemin de halage, …
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Comme enfermés et secoués / En un sac invisible, …
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Mon cœur? — Il est tombé dans le puits de la mort. / Et sur le bord de la margelle …
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Avec, devant les yeux, l’astre qu’était son âme / Par des chemins de rocs incandescents de flamme, …
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On le croyait fondateur de la ville, / Venu de pays clairs et lointains, …
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Au carrefour des abattoirs et des casernes, / Il apparaît, foudroyant et vermeil, …
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Prenant pour guide clair l'astre qu'était son âme, / A travers des pays d'ouragans et de flammes, …
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Un bloc de marbre où son nom luit sur une plaque. / Ventre riche, mâchoire ardente et menton lourd ; …
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Dès le matin, au seuil des bouges, / Sous une tente ouverte à l’air, …
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VERS LA MER / Comme des objets frêles, …
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Je rêve une existence en un cloître de fer, / Brûlée au jeûne, et sèche et râpée aux cilices, …
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Ô race humaine aux astres d’or nouée, / As-tu senti de quel travail formidable et battant, …
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VERS LES FLEURS / Laissez-moi m’en aller vers les fleurs, mes amies, …
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Les passions d’éveil et de savoir ? — Vidées. / Alors, viens voir ton bel ange gardien, le tien, …
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La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes / Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints, …
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Sur le métier des jours systématiques / Les servantes, Normes antiques, …
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Viens jusqu'à notre seuil répandre / Ta blanche cendre …
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Viens lentement t'asseoir / Près du parterre dont le soir …
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Vivons, dans notre amour et notre ardeur, / Vivons si hardiment nos plus belles pensées …
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Voici quinze ans déjà que nous pensons d'accord ; / Que notre ardeur claire et belle vainc l'habitude, …
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Vous m'avez dit, tel soir, des paroles si belles / Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous, …
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Au temps des communiers têtus et arrogants, / Ypres, la ville égale et de Bruge et de Gand, …
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De colline en colline / La grande route s’incline …
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L’infini tout entier transparaît sous les voiles / Que lui tissent les doigts des hivers radieux …
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— Toi qui t’en vas là-bas, / Par toutes les routes de la terre, …
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Quand les fleurs de mon choix te décoraient la taille, / T’en souviens-tu ? C’était dans les bois de Saint-Gloud. …
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Sur les fumiers, tassés par blocs, / Au petit jour, chante le coq. …
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À L’HOMME D’AUJOURD’HUI / Songe au monde et sois fier, toi qui vis en ce temps. …
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Frère Jacques, frère Jacques, / Réveille-toi de ton sommeil d’hiver. …
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Hélas ! en aucun lieu sous le soleil, / Bannière au clair, ne s’exaltent les chevauchées …
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Un catafalque d’or surgit au fond des soirs, / Quand les astres, comme des lampes, …
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Le jour, / Ils se croisaient dans leur étable et dans leur cour, …
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Bien que flasque et geignant et si pauvre ! si morne ! / Si las ! redresse-toi, de toi-même vainqueur ; …
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Ô la splendeur de notre joie / Tissée en or dans l'air de soie ! …
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Ô le calme jardin d'été où rien ne bouge ! / Sinon là-bas, vers le milieu …