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COMME si vous aviez pris racine en mon cœur, / Je vous dirai toujours : Beaux arbres , je vous aime ! …
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LORSQUE le grand Chénier monta sur l’échafaud / Pour avoir écrit : Mort aux tyrans, honte aux crimes ! …
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J’AI vainement lutté contre ton charme, Automne : / A ton impérieux attrait je m’abandonne. …
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J’AIMAIS, quand vous m’aimiez. Maintenant, mon cœur vide / Regrette le plaisir si doux qui fut le sien, …
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LA splendeur du soleil violente les yeux. / Les arbres ont une ombre oblique à côté d’eux. …
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LE charme dangereux de la mort est en toi, / Automne, on le respire en ton souffle, on le boit, …
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J’AI couronné de fleurs le front que je chéris. / L’œillet et le narcisse unis aux violettes, …
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DANS les érables d’or et les érables rouges / Comme de précieux joyaux les feuilles bougent, …
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JE voudrais, dans les bois que l’automne dépouille / Et par les tout petits sentiers capricieux, …
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LA bonne odeur du foin, où le trèfle se mêle, / Voyage dans le vent paisible de l’été ; …
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DORMEZ. Dans l’ombre vaste où rôde le vent frais / Le feuillage murmure en un bruit de marée ; …
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LORSQUE je vous ai vue une heure seulement, / De votre souvenir je ne puis me distraire ; …
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JE ne suis pas si fou, ma chère enfant, de croire / Aux rêves que je fais et qui, dans ma mémoire, …
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BARRICADE la porte et ferme les volets : / Ton cœur est la maison qui doit rester secrète ; …
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AIDE-MOI ! Le chemin est rude et je suis lâche. / Depuis longtemps, je suis parti vers la Beauté, …
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L’HEURE est grise. Le vent, chargé de feuilles mortes, / Entre par la fenêtre et fait battre la porte. …
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« Je veux lire en trois jours l’Iliade d’Homère, / « Et pour ce, Corydon, ferme bien l’huis sur moy »… …
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PLEURS, lamentations d’amour, détresse, haine, / Désespoirs, sanglots immortels, …
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BERCÉ par la chanson troublante de Verlaine, / Qui soupire, se plaint de vivre et rit à peine, …
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LA simplicité claire, enfants, est dans vos yeux. / La vérité s’exprime en vos douces prunelles, …
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MOI qui n’ai pas le goût du laurier triomphal / Qui suscite le dur égoïsme des luttes ; …
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DIEU ! Je m’en vais au vent funeste qui me prend ! / Je suis toute petite et le vent est si grand ! …
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RESTE. Ne t’en va pas dans le jardin du rêve / Cueillir des fleurs de joie en la lumière d’or ; …
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IL fait du vent. Je lis. Le vent tourne la page. / Une fraîcheur délicieuse se propage, …
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GARDE un beau rêve sous ton front, garde une étoile / Pour tous les cieux ; …
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JE me consolerai par la grâce des choses / Qui sont belles à voir, douces à respirer, …
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ON aime trop souvent toutes sortes de choses ; / On s’encombre le cœur de petites amours, …
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LA fleur, exquise messagère, / En son petit cœur rose ou bleu …
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JE vous évoque, seule en votre chambre, un soir, / Avec angoisse, interrogeant votre miroir. …
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LA poussière de l’heure et la cendre du jour / En un brouillard léger flottent au crépuscule. …
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Sonne la chanterelle / Et suis ma voix, le long …
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CEUX qui veulent capter, comme un oiseau céleste, / Le rêve pour l’enclore en un vers immortel, …
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MON cœur est comme un grand paradis de délices / Qu’un ange au glaive d’or contre le mal défend ; …
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LE crépuscule gris par ma vitre regarde ; / Et, comme s’il avait le regret de finir …
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COMME un fantôme horrible au milieu d’une fête, / Dans l’essaim triomphal de mes rêves joyeux, …
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LES nuages me font songer aux grands départs / Pour des pays lointains, par delà les mers bleues… …
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NOUS avons tous au cœur des désirs retenus / Que la plus clairvoyante amitié ne devine ; …
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LA lune dans l’ombre / Semble un miroir clair …
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S’IL est au paradis un lieu pour les poètes, / Ce doit être la plus sereine des retraites, …
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CETTE fleur est fanée, et pourtant il émane / De ses pétales morts une vivante odeur. …
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IL n’est pas l’automne encore, / Il n’est déjà plus l’été ; …
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LORSQUE je vous aimais, j’avais le cœur en peine, / Car je ne savais pas si vous reviendriez. …
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LES champs las vont dormir. La terre se repose / Dans sa robe de neige au vif scintillement, …
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LE plus beau de mes rêves dort / Dans le cercueil de mon cœur triste ; …
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LA brise est chaude comme une haleine de flamme. / Le vent passionné palpite et porte une âme …
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AU soleil, le matin, les arbres sont en or ; / Octobre leur a fait des feuilles précieuses …
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TOUT est vert sous nos pas, sur nos fronts tout est vert ! / Aux jours du renouveau mon âme se recueille, …
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QUAND elle met ses gants, je l’aide, et c’est très long… / Nous sommes tous les deux dans le petit salon …
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LES jours ont fui, pareils a des oiseaux sauvages, ― / Des oiseaux blancs, des oiseaux gris, des oiseaux noirs, ― …
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PARFOIS, des livres morts les mots semblent vivants, / Et je ne serais pas surpris, ô bons vieux maîtres, …
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QUE m’apportez-vous, ô petite Fée / Aux yeux d’ombre claire et de gui coiffée, …
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C’EST toujours à vos pieds, Seigneur, que je reviens / Lorsque je souffre trop et que j’ai l’âme triste ; …
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JE regarde, et j’emplis mes yeux de ta lumière, / Beau ciel où pas un seul nuage n’apparaît, …
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PAR la vitre embrasée où meurt le soleil rouge / Qui rose la blancheur du rideau transparent, …
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LES tics-tacs hâtifs des pendules / Se répondent dans la maison …
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JE me confie au Rêve accueillant, dont les yeux / Sont si grands qu’on y voit l’azur de tous les cieux, …
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IL n’est pas bon de trop se regarder agir / Ni de scruter le fond obscur de ses pensées : …
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MÉDITER de beaux vers, c’est apprendre son âme, / La strophe est un miroir fidèle où l’on se voit …
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O POETE songeur, si triste de toi-même, / Qui pourrait te guérir et qui pourrait t’aimer ? …
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VOUS qui m’avez donné des yeux pour voir le ciel, / Et des mains pour presser les mains douces que j’aime, …
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TOUT ce que la musique au cœur sensible inspire / Avec les mots trop lourds ne se peut jamais dire, …
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LES nuances du vert aux branches balancées / Sont comme une fraîcheur exquise pour les yeux. …
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DE menus carillons d’argent font chanter l’air. / Le soleil sur la neige a mis un reflet clair. …
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CHAQUE jour nous disons ― l’habitude en est prise ― / Des mots qui ne sont plus sincères qu’à demi, …
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LE soleil rouge, au bout des terres labourées, / Descend à l’horizon couleur d’ardoise, lent… …
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L’HIVER est venu. Ma vitre est glacée. / Je n’y vois plus rien que du givre épais. …
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SUR le papier bleu pâle où je trace ces mots / Que demain vous lirez, attentive ou distraite, …
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NOUS nous étions fâchés. Pourquoi ? Je ne sais pas. ― / Les amoureux toujours se firent des querelles. ― …
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TOUS mes vers sont écrits pour vous. / Vous vivez aux pages du livre …
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NOUS irons au soleil respirer le printemps / Qui descend du ciel pur en rayons éclatants. …
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QUELQUES feuilles au bout des branches sont jaunies, / Les arbres ont encor de frêles harmonies …
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J’AI dispersé mon cœur au gré des heures folles, / Comme un millionnaire éparpille son or ; …
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LA pureté fragile est le don le plus beau. / Le regard des petits en répand la lumière. …
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COMME Novembre est doux, ce matin, dans la brume… / Le soleil, entre deux nuages gris, s’allume …
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LE poète regarde un moment en lui-même : / Il voit des souvenirs de clairs de lune éteints, …
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HUMIDE fleur cueillie au jardin clos du cœur, / Rouge comme du sang de soleil qui se couche, …
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LE chant est sa voix naturelle ; / Bien seule musique vraiment …
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LE Sauveur était beau, dit la Sainte Ecriture ; / L’homme qu’il incarnait cachait en vain le Dieu. …
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UN air, auquel le vent du soir donne des ailes, / Un air de violon ou de violoncelle …
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AUX feux de mon esprit qui s’allume dans l’ombre, / Je me regarde vivre avec étonnement : …
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J’IMPROVISE ces vers mystérieux pour une / Qui rayonne de grâce et de blanche beauté, …
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LES Visions du soir passent, comme des vierges / En fins souliers d’azur, en robes de lin blanc, …
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EN faveur du parfum je pardonne à la rose / L’épine, dont mon doigt garde une larme rose. …
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JE regrette les yeux qui jadis m’ont souri / Parce que je fus pâle et que ma chair souffrit ; …
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OUVRE ton cœur ainsi qu’une rose, au soleil, / Baigne-le longuement de lumière divine, …
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Sur une traduction qu’il avait faite / d’un poème anglais. …
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PAR la couleur du ciel et les plaintes du vent, / Par les tons nuancés du feuillage mouvant, …
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DÉJÀ des feuilles qui jaunissent ! / C’est l’automne avançant un peu …
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LES pires maux sont ceux que l’on souffre en secret, / Comme en l’éloignement infini du silence ; …
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DANS le vent qui les tord les érables se plaignent, / Et j’en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent ! …
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LE ciel sombre est troué d’étoiles qui frémissent. / Sur la neige, en chantant, les traîneaux légers glissent. …