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Je voudrais être, sur la terre, / L’unique héritier des grands rois …
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Le présent se fait vide et triste, / Ô mon amie, autour de nous ; …
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Les lignes du labour dans les champs en automne / Fatiguent l’œil, qu’à peine un toit fumant distrait, …
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Entre mille débris au hasard amassés, / Un Christ en vieil ivoire, exposé dans la rue, …
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Seras-tu de l’amour l’éternelle pâture ? / A quoi te sert la volonté, …
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Heureuses les lèvres de chair ! / Leurs baisers se peuvent répondre ; …
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Les criminels parfois ne sont pas les méchants, / Mais ceux qui n’ont jamais pu connaître en leur vie …
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Quelqu’un m’est apparu très loin dans le passé : / C’était un ouvrier des hautes Pyramides, …
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Le dimanche, au salon, pêle-mêle se rue / Des bourgeois ébahis la bizarre cohue …
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Le fond de l’océan ravit l’œil des sondeurs : / Mystérieux printemps, Éden multicolore …
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Du bonheur qu’ils rêvaient toujours pur et nouveau / Les couples exaucés ne jouissent qu’une heure. …
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Dans cette mascarade immense des vivants / Nul ne parle à son gré ni ne marche à sa guise ; …
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Heureux l’enfant qui meurt dans sa septième année / Avant l’âge où le cœur doit saigner pour jouir ; …
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Bienheureuse la destinée / D’un enfant grec du monde ancien ! …
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À mon insu, j’ai dit : « Ma chère » / Pour « Madame », et, parti du cœur, …
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J’ai peur d’avril, peur de l’émoi / Qu’éveille sa douceur touchante ; …
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Une eau croupie est un miroir / Plus fidèle encor qu’une eau pure, …
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Dans le mortel soupir de l’automne, qui frôle / Au bord du lac les joncs frileux, …
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I / Mon besoin de songe et de fable, …
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Je partais pour un long voyage. / En wagon, tapi dans mon coin, …
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Que n’ai-je appris l’amour sous un regard moins beau ! / Je n’aurais pas traîné si longtemps sur la terre …
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Des fluides moments nul ne voit le passage, / Et le printemps des jours s’éteint comme il est né ; …
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Il avait l’âme aride et vaine de sa mère, / L’œil froid du dieu voleur qui marche à reculons ; …
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Cette femme a souri quand j’ai passé près d’elle. / Sait-elle qui je suis ? Et si j’étais sans foi, …
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Ô reine de mes bien-aimées, / Apprends que je les ai nommées …
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Je ne me plaindrai point. La pâle Jalousie / Retient sa voix tremblante et pleure un sang muet. …
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Le premier homme est né, mais il est solitaire. / Il se sent l’âme triste en contemplant la terre : …
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Lorsque la terre entra dans sa vingtième année, / Le premier des printemps couronna son repos, …
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Son heureux fiancé l’attend, moi je me cache. / Elle vient ; je l’épie, en murmurant tout bas …
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Je revenais du Louvre hier. / J’avais parcouru les portiques …
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L’heure où tu possèdes le mieux / Mon être tout entier, c’est l’heure …
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Depuis que la beauté, laissant tomber ses charmes, / N’a plus offert qu’un marbre à mon désir vainqueur ; …
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Je ne te raille point, jeune prostituée ! / Tu vas l’œil provocant, le pied galant et prompt, …
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Le bonheur suit sa pente et rit / Sans témoins, comme un ruisseau coule : …
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Si je pouvais aller lui dire : / « Elle est à vous et ne m’inspire …
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Si j’étais Dieu, la mort serait sans proie, / Les hommes seraient bons, j’abolirais l’adieu, …
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Le rêve, serpent traître éclos dans le duvet, / Roule autour de mes bras une flatteuse entrave, …
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Pendant que nous faisions la guerre, / Le soleil a fait le printemps : …
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Vous aviez l’âge où flotte encore / La double natte sur le dos, …
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Avant le lever du soleil, / Quand aux yeux il n’apporte encore …
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Durant que je vivais, ainsi qu’en plein désert, / Dans le rêve, insultant la race qui travaille, …
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J’ai salué le jour dès avant mon réveil ; / Il colorait déjà ma pesante paupière, …
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C’était une amitié simple et pourtant secrète : / J’avais sur sa parure un fraternel pouvoir, …
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Des saisons la plus désirée / Et la plus rapide, ô printemps, …
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Une enfant de seize ans, belle, et qui, toute franche, / Ouvrant ses yeux, ouvrait son cœur, …
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C’est en deuil surtout que je l’aime : / Le noir sied à son front poli, …
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Ce qui la peut guérir, cette enfant le repousse. / « Oui, je l’aime, et j’en souffre, et ma douleur m’est douce, …
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Vous me donniez le bras, nous causions seuls tous deux, / Et les cœurs de vingt ans se font signe bien vite ; …
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Nous recevions sa visite assidue ; / J’étais enfant. Jours lointains ! Depuis lors …
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Le meilleur moment des amours / N’est pas quand on a dit : « Je t’aime. » …
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Les jeunes filles / Amis, amis, nous voilà grandes ; …
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L’épouse, la compagne à mon cœur destinée, / Promise à mon jeune tourment, …
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Quand votre bien-aimée est morte, / Les adieux vous sont rendus courts ; …
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Vous désirez savoir de moi / D’où me vient pour vous ma tendresse ; …
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Je ne devais pas vous le dire ; / Mes pleurs, plus forts que la vertu, …
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J’ai mon sérail comme un prince d’Asie, / Riche en beautés pour un immense amour ; …
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Je ne dois plus la voir jamais, / Mais je vais voir souvent sa mère ; …
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Qui peut dire : Mes yeux ont oublié l’aurore ? / Qui peut dire : C’est fait de mon premier amour ? …
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Ces vers que toi seule aurais lus, / L’œil des indifférents les tente ; …
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On connaît toujours trop les causes de sa peine, / Mais on cherche parfois celles de son plaisir ; …
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Ceux qui tiennent le soc, la truelle ou la lime, / Sont plus heureux que vous, enfants de l’art sublime ! …
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Femme, cette colombe au col rose et mouvant, / Que ta bouche entr’ouverte baise, …
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Errante, elle demande aux enfants d’alentour / Une fleur qu’elle a vue un jour en Allemagne, …
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C’est une grande allée à deux rangs de tilleuls. / Les enfants, en plein jour, n’osent y marcher seuls, …
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J’ai vu, tels que des morts réveillés par le glas, / Les moines, lampe en main, se ranger en silence, …
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La Grande Ourse, archipel de l’océan sans bords, / Scintillait bien avant qu’elle fût regardée, …
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Dans un antique vase en Grèce découvert, / D’une tombe exhumé, fait d’une argile pure …
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Les étoiles au loin brillent silencieuses, / Au fond d’un ciel sans lune, éclatantes ce soir, …
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La vérité n’admet qu’un studieux amant : / Je m’arme pour savoir ! Je fourbis la cuirasse …
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Étoiles, vos regards font plier les genoux ! / L’appel de l’infini sous vos longs cils palpite ! …
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Justice, mes regards ne t’ont pu découvrir / Chez les vivants distincts de figure et d’essence. …
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Il fait nuit, c’est la fin des pas et des clameurs ; / Le marchand de ses gains double en songe la somme, …
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Dans la nuit constellée où je promène et plonge / Un regard que mon rêve à l’infini prolonge, …
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Les besoins sont, hélas ! Des douleurs agressives. / Repu, le tigre est tendre, il lèche ses petits ; …
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Ce soir, comme un enfant que sa sœur a boudé / (La Muse au rendez-vous n’étant pas la première), …
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Là-haut, ce clair de lune étrange me repose : / Le croissant, nébuleux, erre, comme un grand lis …
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Sur les astres fermons, cette nuit, ma fenêtre : / Si contempler est doux, il est beau de connaître ; …
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Courage ! l’autre nuit n’a pas été mauvaise. / L’étude allège enfin le souci qui me pèse. …
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Je respire ! Il est clos, le combat singulier, / Si long, si rude en moi, du cœur et de la tête ! …
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J’ai conquis l’horizon sur l’ombre et sur le doute, / J’ai surmené mon front, par les veilles jauni ; …
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Femmes, vous blasphémez l’amour, quand d’aventure / Un seul rebelle insulte à votre royauté. …
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Une muse, immobile et la tête penchée, / Ne chantait plus ; la lyre en soupirait d’ennui, …
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Jeunes et vieux, ô vous, vengeurs de toutes sortes, / Qui, bravant la mitraille, en avant des remparts, …
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Que n’ai-je un peu de voix ! J’ai le cruel ennui / De sentir mon poème en ma poitrine éclore, …
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¡Qué horror! Mi duda insulta al Dios que anhelo. / Yo necesito orar; ¡estoy tan solo! …
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A Rome, le mardi, se rendent au marché, / Pour vendre leur poisson dans le Tibre péché, …
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Nous aimons à rôder sur la place Navone. / Ah ! le pied n’y bat point l’asphalte monotone, …
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Au mois de novembre, à midi, / Je foulais cette large place …
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Oui, je sais qu’elle est la plus belle, / La reine du bal, je le sais ; …
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Inventeur de la roue, inconnu demi-dieu, / Qui le premier, ployant un souple et ferme érable, …
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I / La Rose dit un jour en pleurant : « Je m’ennuie ! …
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Enfant sur la terre on se traîne, / Les yeux et l’âme émerveillés, …
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Dans un flot de gaze et de soie, / Couples pâles, silencieux, …
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J’honore en secret la duègne / Que raillent tant de gens d’esprit, …
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Ceux qui ne sont pas nés, les peuples de demain, / Entendent vaguement, comme de sourds murmures, …
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Quand j’étais tout enfant, ma bouche / Ignorait un langage appris : …
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Ici-bas tous les lilas meurent, / Tous les chants des oiseaux sont courts ; …
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Deux voix s’élèvent tour à tour / Des profondeurs troubles de l’âme : …
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Le soleil fut avant les yeux, / La terre fut avant les roses, …
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C’était au milieu de la nuit, / Une longue nuit de décembre ; …
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Ô Mémoire, qui joins à l’heure / La chaîne des temps révolus, …
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Quand j’entends disputer les hommes / Sur Dieu qu’ils ne pénètrent point, …
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Newton, voyant tomber la pomme, / Conçut la matière et ses lois : …
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Le vase où meurt cette verveine / D’un coup d’éventail fut fêlé ; …
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Après le départ des oiseaux, / Les nids abandonnés pourrissent. …
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J’ai voulu tout aimer, et je suis malheureux, / Car j’ai de mes tourments multiplié les causes ; …
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Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, / Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ; …
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L’habitude est une étrangère / Qui supplante en nous la raison : …
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La lune est grande, le ciel clair / Et plein d’astres, la terre est blême, …
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J’imagine ! Ainsi je puis faire / Un ange sous mon front mortel ! …
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J’ai dans mon cœur, j’ai sous mon front / Une âme invisible et présente : …
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Elle est si douce la pensée / Qu’il faut, pour en sentir l’attrait, …
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Ce beau printemps qui vient de naître, / À peine goûté va finir ; …
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Je voudrais, les prunelles closes, / Oublier, renaître, et jouir …
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Je rêve, et la pâle rosée / Dans les plaines perle sans bruit, …
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J’étais mort, j’entrais au tombeau / Où mes aïeux rêvent ensemble. …
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Toi qui peux monter solitaire / Au ciel, sans gravir les sommets, …
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Viennent les ans ! J’aspire à cet âge sauveur / Où mon sang coulera plus sage dans mes veines, …
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Au temps rude et stoïque où l’on savait mourir / Sans plus rien regretter et sans plus rien attendre …
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Aux étoiles j’ai dit un soir : / « Vous ne paraissez pas heureuses ; …
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Deux êtres asservis par le désir vainqueur / Le sont jusqu’à la mort : la volupté les lie. …
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La lune, merveilleuse et claire, grandissait, / Et, pendant que d’une ombre oblique s’emplissait, …
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Si j’ose comparer le déclin de ma vie / À ton coucher sublime, ô Soleil ! je t’envie. …
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Quand l’être cher vient d’expirer, / On sent obscurément la perte, …
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Nous avons oublié combien la terre est dure : / Au pas lent de nos bœufs le fer tranchant du soc …
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Au-dessus du tombeau trône un guerrier nu-tête / Qui dresse un front de roi sur un buste d’athlète. …
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Quand, pourpre de plaisir, Mars en tes bras faiblit, / Ô Vénus, et, laissant retomber son grand buste, …
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Dans un missel datant du roi François premier, / Dont la rouille des ans a jauni le papier …
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Entouré de flacons, d’étranges serpentins, / De fourneaux, de matras aux encolures torses, …
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Chacun donne à celle qu’il aime / Les plus beaux noms et les plus doux ; …
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C’est une grande allée à deux rangs de tilleuls. / Les enfants, en plein jour, n’osent y marcher seuls, …
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La blanche Vérité dort au fond d’un grand puits. / Plus d’un fuit cet abîme ou n’y prend jamais garde ; …
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Toutes, portant l’amphore, une main sur la hanche, / Théano, Callidie, Amymone, Agavé, …
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Augias, roi d’Élis, avait trois mille bœufs. / Plein d’aise en les voyant il chérissait en eux …
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Nous aimons à rôder sur la place Navone. / Ah ! le pied n’y bat point l’asphalte monotone, …
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Elle n’a pas perdu de son cœur un pistil, / Ni du frêle tissu de sa corolle un fil ; …
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Toi qui m’entends parler sans frayeur de la mort, / Parce que ton amour te promet qu’elle endort, …
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Le dimanche, au Borgo, les femmes & les filles, / Lasses d’avoir, six jours, traîné sous des guenilles, …
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Je n’aime pas les maisons neuves, / Leur visage est indifférent ; …
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Saturne, Jupiter, Vénus, n’ont plus de prêtres. / L’homme a donné les noms de tous ses anciens maîtres …
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Le poète naïf, qui pense avant d’écrire, / S’étonne, en ce temps-ci, des choses qui font rire. …
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En ce temps-là, je me rappelle / Que je ne pouvais concevoir …
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Il est tard ; l’astronome aux veilles obstinées, / Sur sa tour, dans le ciel où meurt le dernier bruit, …
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L’air soupire encor, tout sonore / Du dernier canon qui s’est tu ; …
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On dit que les désirs des mères / Pendant qu’elles portent l’enfant, …
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Si peu d’œuvres pour tant de fatigue et d’ennui ! / De stériles soucis notre journée est pleine : …
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Tout seul au plus profond d’un bois, / Dans un fouillis de ronce et d’herbe, …
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Il fait grand vent, le ciel roule de grosses voix, / Des géants de vapeur y semblent se poursuivre, …
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Toi qui m’entends sans peur te parler de la mort, / Parce que ton espoir te promet qu’elle endort …
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Grand ciel, tu m’es témoin que j’étais tout enfant / Quand par témérité j’ai demandé dés ailes ; …
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Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu. / Née au siècle où je vis et passant où je passe, …
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Les caresses ne sont que d’inquiets transports, / Infructueux essais du pauvre amour qui tente …
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Toutes, portant l’amphore, une main sur la hanche, / Théano, Callidie, Amymone, Agavé, …
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I / En quel temps ?… en quels lieux ?… Muse, dis où nous sommes : …
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D’un seul mot, pénétrant comme un acier pointu, / Vous nous exaspérez pour nous dompter d’un signe, …
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Le voyageur, debout sur la plus haute cime, / A travers le rideau d’une rose vapeur, …
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Le dieu du laboureur est comme un très vieux roi / De chair et d’os, seigneur du champ qu’il ensemence ; …
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Toi que tes grands aïeux, du fond de leur sommeil, / Accablent sous le poids d’une illustre mémoire, …
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Je t’aime, en attendant mon éternelle épouse, / Celle qui doit venir à ma rencontre un jour, …
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Ce qui rend les villas charmantes, / C’est, plus encor que les gazons, …
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Dans les serres silencieuses / Où l’hiver invite à s’asseoir, …
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Le dimanche, au Borgo, les femmes et les filles, / Lasses d’avoir, six jours, traîné sous des guenilles, …
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Du pôle il va tenter les merveilleux hivers ; / Il part, le grand navire ! Une puissante enflure …
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Je n’aime pas les maisons neuves : / Leur visage est indifférent ; …
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Augias, roi d’Élis, avait trois mille bœufs. / Plein d’aise en les voyant, il chérissait en eux …
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Un oiseau solitaire aux bizarres couleurs / Est venu se poser sur une enfant ; mais elle, …
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Vous qui m’aiderez dans mon agonie, / Ne me dites rien ; …
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Il gît au fond de quelque armoire, / Ce vieil alphabet tout jauni, …
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Fait d’héroïsme et de clémence, / Présent toujours au moindre appel, …
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Le vent d’orage, allant où quelque dieu l’envoie, / S’il rencontre un parterre, y voudrait bien rester : …
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S’il n’était rien de bleu que le ciel et la mer, / De blond que les épis, de rose que les roses, …
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Fors l’amour, tout dans l’art semble à la femme vain : / Le génie auprès d’elle est toujours solitaire. …
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On a bâti là, plus réel / Que l’échelle du patriarche, …
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L’art des vers se révèle à l’escrime pareil ; / Boileau l’a dit un jour à son ami Molière. …
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L’Indulgence est tendre, elle est femme. / Ceux qu’un faux pas, même expié, …
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Les lèvres qui veulent s’unir, / À force d’art et de constance, …
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Les grands appartements qu’elle habite l’hiver / Sont tièdes. Aux plafonds, légers comme l’éther, …
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Elle est fragile à caresser, / L’épousée au front diaphane, …
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Par les nuits sublimes d’été, / Sous leur dôme d’or et d’opale, …
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Je me dis bien souvent : de quelle race es-tu ? / Ton cœur ne trouve rien qui l’enchaîne ou ravisse, …
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Nul troupeau n’erre ni ne broute ; / Le berger s’allonge à l’écart ; …
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Ton sourire infini m’est cher / Comme le divin pli des ondes, …
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La nuit claire bleuit les feuillages tremblants, / Pose un crêpe mouillé sur les roses bruyères, …
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Pour vivre indépendant et fort / Je me prépare au suicide ; …
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À l’Air, le dieu puissant qui soulève les ondes / Et fouette les hivers, …
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Deux hommes sont montés sur la haute falaise ; / Ils ont fermé les yeux pour écouter la mer : …
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Vierge, ton corps, luisant de la fraîcheur marine, / Où l’apporta la vague est à peine arrêté. …
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Au bout du sombre Finistère, / D’énormes rochers au pied noir …
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Nous marchons : devant nous la poussière se lève, / Elle reçoit nos pas et les ensevelit ; …
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Agite, bon cheval, ta crinière fuyante ; / Que l’air autour de nous se remplisse de voix ! …
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Le grand soleil, plongé dans un royal ennui, / Brûle au désert des cieux. Sous les traits qu’en silence …
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Le long du quai les grands vaisseaux, / Que la houle incline en silence, …
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Parfois à mon Passé je vais dire à l’oreille : / « Je ne suis pas heureux, parlons des premiers jours. » …
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L’Humanité fragile a fait ses destinées. / Cette race aux pieds blancs, aux tempes satinées, …
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Ô poète insensé, tu pends un fil de lyre / À tout ce que tu vois, …
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Montez, montez, oiseaux, à la fange rebelles, / Du poids fatal les seuls vainqueurs ! …
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Sur un chemin qu’entoure le néant, / Dans des pays que nul verbe ne nomme, …
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L’Océan blesse la pensée : / Par la fuite des horizons …
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Notre forme au soleil nous suit, marche, s’arrête, / Imite gauchement nos gestes et nos pas, …
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J’aime d’un ciel de mai la fraîcheur et la grâce ; / Mais, quand sur l’infini mon cœur a médité, …
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Quand la mer eut donné ses perles à ma bouche, / Son insondable azur à mon regard charmant, …
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Je vais m’asseoir, l’été, devant les plaines vertes, / Solitaire, immobile, enchanté de soleil ; …
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Que voit-on dans ce champ de pierres ? / Un paysan souffle, épuisé ; …
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Il pleut. J’entends le bruit égal des eaux ; / Le feuillage, humble et que nul vent ne berce, …
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Silène boit. Sa tête est molle sur son cou ; / Dédaigneux d’un soutien, il s’incline et se cambre, …
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Toute haleine s’évanouit, / La terre brûle et voudrait boire, …
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C’est, à peu près, Montmartre, en été, les dimanches / Jérusalem rayonne au loin ; …
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On dit qu’importuné dans la paix de sa glace / Le mont Blanc voit gravir tous les ans sa paroi …
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Quand chaque nuit d’ardente veille / Avancerait d’un jour ma mort, …
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Tu seras éternellement, / Qu’on te nomme esprit ou matière ; …
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Le phare sent mourir ses lueurs argentées, / Et du golfe arrondi les pentes enchantées …
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On respire du sel dans l’air, / Et la plantureuse campagne …
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Tu veux toi-même ouvrir ta tombe : / Tu dis que sous ta lourde croix …
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Mon corps, vil accident de l’éternel ensemble ; / Mon cœur, fibre malade aux souffrantes amours ; …
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Va, ne nous plaignons pas de nos heures d’angoisse. / Un trop facile amour n’est pas sans repentir ; …
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Ceux qui sont morts d’amour ne montent pas au ciel : / Ils n’auraient plus les soirs, les sentiers, les ravines, …
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Dès l’aube, au vallon de Tempe, / Eros jouait avec Zéphire ; …
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Ô senteur suave et modeste / Qu’épanchait le front maternel, …
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L’air doux n’est troublé d’aucun bruit, / Il est midi, Parme est tranquille ; …
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J’ai mal placé mon cœur, j’aime l’enfant d’un autre ; / Et c’est pour m’exploiter qu’il fait le bon apôtre, …
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Soudain je t’ai si fort pressée / Pour sentir ton cœur bien à moi, …
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Vrai Dieu, si quelque part dans un monde écarté / J’eusse grandi tout seul, nourri par une chèvre, …
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Il est au bord du Tibre un chaos de bâtisses / Plus noires au soleil que les cyprès la nuit, …
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On voit dans les sombres écoles / Des petits qui pleurent toujours ; …
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Toi qui fleuris ce que tu touches, / Qui, dans les bois, aux vieilles souches …
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Beauté qui rends pareils à des temples les corps, / Es-tu donc à ce point par les dieux conspuée …
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En souvenir je m’aventure / Vers les jours passés où j’aimais, …
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J’aimais froidement ma patrie, / Au temps de la sécurité ; …
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Ni l’amour ni les dieux ! Ce double mal nous tue. / Je ne poursuivrai plus la guêpe du baiser, …
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Pascal ! pour mon salut à quel dieu dois-je croire ? / — Tu doutes ? crois au mien, c’est le moins hasardeux, …
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Elle part, mais je veux, à mon amour fidèle, / La garder tout entière en un pieux portrait, …
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Je veux lui dire quelque chose, / Je ne peux pas ; …
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Je passerai l’été dans l’herbe, sur le dos, / La nuque dans les mains, les paupières mi-closes, …
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Il est plus d’un silence, il est plus d’une nuit, / Car chaque solitude a son propre mystère : …
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Par moments je souhaite une esclave au beau corps, / Sans ouïe et sans voix, pour toute bien-aimée. …
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LES VIEILLARDS / Ce sont eux ! j’ai posé l’oreille contre terre …
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I / Six percherons égaux, blancs et nourris d’avoine, …
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Vous n’avez pas sondé tout l’Océan de l’âme, / O vous qui prétendez en dénombrer les flots ! …
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Ne sauras-tu Jamais, misérable poète, / Vaincre la lâcheté du rêve et des amours, …
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Voix antiques des flots, de la terre et des airs, / Ecroulements lointains qui suivent les éclairs, …
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Ils tombent épuisés ; la bataille était rude. / Près d’un fleuve, au hasard, sur le dos, sur le flanc, …
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Quand le jeune cheval vient de quitter sa mère, / Parce qu’il a senti l’horizon l’appeler, …
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I / La nuit dans le désert vient à pas lents s’asseoir …
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I / O Voluptés, salut ! une longue injustice …
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Tu ne traîneras plus, rêveur mélancolique, / Deux talons paresseux sous un corps famélique : …
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Quand l’arche s’arrêta, du linceul gris des ondes / S’éleva lentement la terre d’aujourd’hui ; …
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PROLOGUE / Que je puisse à mon gré peupler un panthéon …
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Je me croyais poète et j’ai pu me méprendre, / D’autres ont fait la lyre et je subis leur loi ; …
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Poète ! aussi longtemps que marchera la terre / Dans le vide muet qui n’a pas d’horizon ; …
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O vénérable Nuit, dont les urnes profondes / Dans l’espace infini versent tranquillement …
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I / On ne songe à la Mort que dans son voisinage : …
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Je n’entends que le bruit de la rive et de l’eau, / Le chagrin résigné d’une source qui pleure …
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L’homme qu’on a cru mort, de son sommeil profond / S’éveille. Un frisson court dans sa chair engourdie ; …
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Le long des corridors aux murailles de pierre, / Les marbres déterres et dégages du lierre …
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J’ai deux tentations, fortes également, / Le duvet de la rose et le crin du cilice : …
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Quand on a tant aimé, c’est un rude réveil ! / Tu t’es cru dans un nid semblable aux nids des haies, …
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Nature, accomplis-tu tes œuvres au hasard, / Sans raisonnable loi ni prévoyant génie ? …
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C’était un homme doux, de chétive santé, / Qui, tout en polissant des verres de lunettes, …
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Je plains les exilés qui laissent derrière eux / L’amour et la beauté d’une amante chérie ; …
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Dans ce nid furtif où nous sommes, / Ô ma chère âme, seuls tous deux, …
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Le laboureur m’a dit en songe : « Fais ton pain, / Je ne te nourris plus, gratte la terre et sème. » …
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La forge fait son bruit, pleine de spectres noirs. / Le pilon monstrueux, la scie âpre et stridente, …
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En tes yeux nage une factice opale, / Et le charbon t’allonge les sourcils, …
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Ah ! le cours de mes ans ne peut que faire envie : / Je ne maudirai pas le jour où je suis né. …
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À vingt ans on a l’œil difficile et très fier : / On ne regarde pas la première venue, …
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Ami, la passion du Verbe et de ses lois / Nous obsède tous deux. Toi, d’une oreille austère, …
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Ô maître des charmeurs de l’oreille, ô Ronsard, / J’admire tes vieux vers, et comment ton génie …
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Quand on est sous l’enchantement / D’une faveur d’amour nouvelle, …
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Quand on est sur la terre étendu sans bouger, / Le ciel paraît plus haut, sa splendeur plus sereine ; …
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Quand je me hasarde à descendre / Jusques aux bas-fonds du désir, …