Sully Prudhomme
1839–1907
Sully Prudhomme (René-François-Armand Prudhomme, 1839–1907) was a French poet and essayist, born in Paris, and the first winner of the Nobel Prize in Literature in 1901. Associated with the Parnassian movement, he trained in science and law before devoting himself to poetry.
His early lyrics, in Stances et Poèmes (1865), including the famous “Le Vase brisé”, are delicate and melancholy; his later philosophical poems, such as La Justice and Le Bonheur, try to reconcile science and feeling. He was elected to the Académie française in 1881.
Best-known poems
-
Le Temps perdu
Si peu d’œuvres pour tant de fatigue et d’ennui !
De stériles soucis notre journée est pleine :
Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine, … -
Chanson de Mer
Ton sourire infini m’est cher
Comme le divin pli des ondes,
Et je te crains quand tu me grondes, … -
Un songe
Le laboureur m’a dit en songe : « Fais ton pain,
Je ne te nourris plus, gratte la terre et sème. »
Le tisserand m’a dit : « Fais tes habits toi-même. » … -
Ce qui dure
Le présent se fait vide et triste,
Ô mon amie, autour de nous ;
Combien peu de passé subsiste ! … -
Veille VI
Ce soir, comme un enfant que sa sœur a boudé
(La Muse au rendez-vous n’étant pas la première),
Je n’ai pas su chanter sans l’aide coutumière ; … -
Dernières Vacances
Heureux l’enfant qui meurt dans sa septième année
Avant l’âge où le cœur doit saigner pour jouir ;
Qui meurt de défaillance, en regardant bleuir …
All poems (413)
1850s 11
- Aux JeunesAh ! nous vous absolvons, nous les poètes fous,
- Aux Jeunes GensRiez ! il nous est cher de vous sentir contents ;
- « Je t’aime »Je t'aime. Il est des jours, il est des jours sacrés
- La Beauté fait croireLa foi, l’antique foi dans mon âme a péri,
- La Fontaine de JouvenceRends la sève aux heureux, naïade de Jouvence,
- La MusiqueAh ! chante encore, chante, chante !
- Le FleuveVous, ne révélez point la destinée ultime,
- Le PardonPour peu que votre image en mon âme renaisse,
- Le Premier AmourComme un verre intact, avant l’heure
- ObsessionUn mot me hante, un mot me tue.
- Sur un albumElle était blanche, cette page,
1860s 101
- À Alfred de MussetPoète ! aussi longtemps que marchera la terre
- À Douarnenez en BretagneOn respire du sel dans l’air,
- À la nuitO vénérable Nuit, dont les urnes profondes
- À l’HirondelleToi qui peux monter solitaire
- À ma SœurCes vers que toi seule aurais lus,
- À un désespéréTu veux toi-même ouvrir ta tombe :
- À un TrappisteMon corps, vil accident de l’éternel ensemble ;
- Au lecteurQuand je vous livre mon poème,
- Chanson de MerTon sourire infini m’est cher
- Chœur PolonaisLES VIEILLARDS
- Comme alorsQuand j’étais tout enfant, ma bouche
- ConsolationUne enfant de seize ans, belle, et qui, toute franche,
- Dans la RueI
- Devant un PortraitDes fluides moments nul ne voit le passage,
- En deuilC’est en deuil surtout que je l’aime :
- EncoreVous n’avez pas sondé tout l’Océan de l’âme,
- Fleur sans SoleilCe qui la peut guérir, cette enfant le repousse.
- HermaphroditeIl avait l’âme aride et vaine de sa mère,
- Ici-basIci-bas tous les lilas meurent,
- Il y a longtempsVous me donniez le bras, nous causions seuls tous deux,
- IncantationLa nuit claire bleuit les feuillages tremblants,
- InconscienceCette femme a souri quand j’ai passé près d’elle.
- InconstanceÔ reine de mes bien-aimées,
- IndépendancePour vivre indépendant et fort
- IntusDeux voix s’élèvent tour à tour
- JalousieJe ne me plaindrai point. La pâle Jalousie
- « Je me croyais poète… »Je me croyais poète et j’ai pu me méprendre,
- « Je ne dois plus »Je ne dois plus la voir jamais,
- Jours lointainsNous recevions sa visite assidue ;
- La Chanson de l’AirÀ l’Air, le dieu puissant qui soulève les ondes
- La FalaiseDeux hommes sont montés sur la haute falaise ;
- La FemmeLe premier homme est né, mais il est solitaire.
- La FormeLe soleil fut avant les yeux,
- La LutteNe sauras-tu Jamais, misérable poète,
- La MaladeC’était au milieu de la nuit,
- La MémoireÔ Mémoire, qui joins à l’heure
- La NéréideVierge, ton corps, luisant de la fraîcheur marine,
- La ParoleVoix antiques des flots, de la terre et des airs,
- La PoésieQuand j’entends disputer les hommes
- La Pointe du RazAu bout du sombre Finistère,
- La PubertéLorsque la terre entra dans sa vingtième année,
- La Trace humaineNous marchons : devant nous la poussière se lève,
- Le GalopAgite, bon cheval, ta crinière fuyante ;
- Le GuéIls tombent épuisés ; la bataille était rude.
- Le JougQuand le jeune cheval vient de quitter sa mère,
- Le Lever du soleilLe grand soleil, plongé dans un royal ennui,
- Le LionI
- Le Long du quaiLe long du quai les grands vaisseaux,
- Le Meilleur Moment des AmoursN’est pas quand on a dit : « Je t’aime. »
- Le Monde des ÂmesNewton, voyant tomber la pomme,
- Le PasséParfois à mon Passé je vais dire à l’oreille :
- Le TravailL’Humanité fragile a fait ses destinées.
- Le Vase briséLe vase où meurt cette verveine
- Les AdieuxLes jeunes filles
- Les BerceauxAprès le départ des oiseaux,
- Les ChaînesJ’ai voulu tout aimer, et je suis malheureux,
- Les FleursÔ poète insensé, tu pends un fil de lyre
- Les OiseauxMontez, montez, oiseaux, à la fange rebelles,
- Les OuvriersSur un chemin qu’entoure le néant,
- Les VénusJe revenais du Louvre hier.
- Les voiciSon heureux fiancé l’attend, moi je me cache.
- Les VoluptésI
- Les YeuxBleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
- L’AbîmeL’heure où tu possèdes le mieux
- L’AmbitionTu ne traîneras plus, rêveur mélancolique,
- L’ÂmeJ’ai dans mon cœur, j’ai sous mon front
- L’AmériqueQuand l’arche s’arrêta, du linceul gris des ondes
- L’ArtPROLOGUE
- L’HabitudeL’habitude est une étrangère
- L’IdéalLa lune est grande, le ciel clair
- L’ImaginationJ’imagine ! Ainsi je puis faire
- L’OcéanL’Océan blesse la pensée :
- L’OmbreNotre forme au soleil nous suit, marche, s’arrête,
- Ma FiancéeL’épouse, la compagne à mon cœur destinée,
- Mal ensevelieQuand votre bien-aimée est morte,
- Mon CielJ’aime d’un ciel de mai la fraîcheur et la grâce ;
- Naissance de VénusQuand la mer eut donné ses perles à ma bouche,
- PanJe vais m’asseoir, l’été, devant les plaines vertes,
- PaysanQue voit-on dans ce champ de pierres ?
- Pensée perdueElle est si douce la pensée
- PluieIl pleut. J’entends le bruit égal des eaux ;
- Plus tardDepuis que la beauté, laissant tomber ses charmes,
- Printemps oubliéCe beau printemps qui vient de naître,
- « Qui peut dire »Qui peut dire : Mes yeux ont oublié l’aurore ?
- RenaissanceJe voudrais, les prunelles closes,
- RencontreJe ne te raille point, jeune prostituée !
- RessemblanceVous désirez savoir de moi
- RoséesJe rêve, et la pâle rosée
- SéparationJe ne devais pas vous le dire ;
- SésameQuand chaque nuit d’ardente veille
- SeulLe bonheur suit sa pente et rit
- « Si je pouvais »Si je pouvais aller lui dire :
- « Si j’étais Dieu »Si j’étais Dieu, la mort serait sans proie,
- SilèneSilène boit. Sa tête est molle sur son cou ;
- SoleilToute haleine s’évanouit,
- Sur un vieux TableauC’est, à peu près, Montmartre, en été, les dimanches
- SursumOn dit qu’importuné dans la paix de sa glace
- ToujoursTu seras éternellement,
- Un SérailJ’ai mon sérail comme un prince d’Asie,
- Un SongeJ’étais mort, j’entrais au tombeau
- Une AuroreLe phare sent mourir ses lueurs argentées,
1870s 253
- À Auguste BrachetAmi, la passion du Verbe et de ses lois
- À RonsardÔ maître des charmeurs de l’oreille, ô Ronsard,
- À Théophile GautierMaître, qui du grand art levant le pur flambeau,
- « À vingt ans on a l’œil difficile et très-fier »On ne regarde pas la première venue,
- AbdicationJe voudrais être, sur la terre,
- Au bord de l’eauS’asseoir tous deux au bord d’un flot qui passe,
- Au désirNe meurs pas encore, ô divin Désir,
- Au jour le jourQuand d’une perte irréparable
- Au prodigueLe cœur n’est pas fragile, il est fait d’or solide :
- Aux amis inconnusCes vers, je les dédie aux amis inconnus,
- Aux conscritsTant que vous marcherez sous le soleil des plaines,
- Aux Poètes futursPoètes à venir, qui saurez tant de choses,
- Aux TuileriesTu les feras pleurer, enfant belle et chérie,
- Bonne mortLe Phédon jette en l’âme un céleste reflet,
- Ce qui dureLe présent se fait vide et triste,
- Chagrin d’automneLes lignes du labour dans les champs en automne
- Chez l’antiquaireEntre mille débris au hasard amassés,
- Combats intimesSeras-tu de l’amour l’éternelle pâture ?
- ConseilJeune fille, crois-moi, s’il en est temps encore,
- ConseilPour vous, enfants, le monde est une nouveauté ;
- Corps et ÂmesHeureuses les lèvres de chair !
- Couples mauditsLes criminels parfois ne sont pas les méchants,
- Cri perduQuelqu’un m’est apparu très loin dans le passé :
- DamnationLe dimanche, au salon, pêle-mêle se rue
- Dans l’abîmeLe fond de l’océan ravit l’œil des sondeurs :
- De loinDu bonheur qu’ils rêvaient toujours pur et nouveau
- DéceptionUne eau croupie est un miroir
- Déclin d’amourDans le mortel soupir de l’automne, qui frôle
- Défaillance et ScrupuleI
- Dernière SolitudeDans cette mascarade immense des vivants
- Dernières VacancesHeureux l’enfant qui meurt dans sa septième année
- Devant un groupe antiqueBienheureuse la destinée
- DistractionÀ mon insu, j’ai dit : « Ma chère »
- Douceur d’avrilJ’ai peur d’avril, peur de l’émoi
- ÉclaircieQuand on est sous l’enchantement
- Effet de nuitVoyager seul est triste, et j’ai passé la nuit
- En voyageJe partais pour un long voyage.
- EnfantillageMadame, vous étiez petite,
- EnvoiFaites-vous de ces vers un intime entretien,
- ÉtherQuand on est sur la terre étendu sans bouger,
- ÉvolutionQuand je me hasarde à descendre
- FatalitéQue n’ai-je appris l’amour sous un regard moins beau !
- Fin du rêveLe rêve, serpent traître éclos dans le duvet,
- Fleurs de sangPendant que nous faisions la guerre,
- Fort en thèmeVous aviez l’âge où flotte encore
- Fra Beato AngelicoAvant le lever du soleil,
- Homo sumDurant que je vivais, ainsi qu’en plein désert,
- Hora primaJ’ai salué le jour dès avant mon réveil ;
- InquiétudePour elle désormais je veux être si bon,
- Invitation à la valseC’était une amitié simple et pourtant secrète :
- Jaloux du printempsDes saisons la plus désirée
- Joies sans causesOn connaît toujours trop les causes de sa peine,
- JuinPendant avril et mai, qui sont les plus doux mois,
- La BeautéSplendeur excessive, implacable,
- La BoutureAu temps où les plaines sont vertes,
- La Chanson des métiersCeux qui tiennent le soc, la truelle ou la lime,
- La Colombe et le LisFemme, cette colombe au col rose et mouvant,
- La ConfessionUn de mes grands péchés me suivait pas à pas,
- La CoupeDans les verres épais du cabaret brutal,
- La FolleErrante, elle demande aux enfants d’alentour
- La FranceQu’est-ce que la patrie ? Est-ce un refuge heureux ?
- La Grande AlléeC’est une grande allée à deux rangs de tilleuls.
- La Grande ChartreuseJ’ai vu, tels que des morts réveillés par le glas,
- La Grande OurseLa Grande Ourse, archipel de l’océan sans bords,
- La JoiePour une heure de joie unique et sans retour,
- La LaideFemmes, vous blasphémez l’amour, quand d’aventure
- La LutteChaque nuit, tourmenté par un doute nouveau,
- La Lyre et les DoigtsUne muse, immobile et la tête penchée,
- La Mare d’AuteuilJeunes et vieux, ô vous, vengeurs de toutes sortes,
- La MerLa mer pousse une vaste plainte,
- La NoteQue n’ai-je un peu de voix ! J’ai le cruel ennui
- La PatrieViens, ne marche pas seul dans un jaloux sentier,
- La PenséeUn soir, vaincu par le labeur
- La PescheriaA Rome, le mardi, se rendent au marché,
- La Place NavoneNous aimons à rôder sur la place Navone.
- La Place Saint-Jean-de-LatranAu mois de novembre, à midi,
- La PrièreJe voudrais bien prier, je suis plein de soupirs !
- La Reine du balOui, je sais qu’elle est la plus belle,
- La Révolte des fleursI
- La RoueInventeur de la roue, inconnu demi-dieu,
- La Terre et l’EnfantEnfant sur la terre on se traîne,
- La ValseDans un flot de gaze et de soie,
- La VertuJ’honore en secret la duègne
- La Vie de loinCeux qui ne sont pas nés, les peuples de demain,
- La VieillesseViennent les ans ! J’aspire à cet âge sauveur
- La Voie AppienneAu temps rude et stoïque où l’on savait mourir
- La Voie lactéeAux étoiles j’ai dit un soir :
- La VoluptéDeux êtres asservis par le désir vainqueur
- Le ColiséeLa lune, merveilleuse et claire, grandissait,
- Le ConscritÀ la barrière de l’étoile,
- Le CygneSans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
- Le Dernier AdieuQuand l’être cher vient d’expirer,
- Le DouteLa blanche Vérité dort au fond d’un grand puits.
- Le FerNous avons oublié combien la terre est dure :
- Le Jour et la NuitAu-dessus du tombeau trône un guerrier nu-tête
- Le Lit de ProcusteQuand, pourpre de plaisir, Mars en tes bras faiblit,
- Le MisselDans un missel datant du roi François premier,
- Le Monde à nuEntouré de flacons, d’étranges serpentins,
- Le NomChacun donne à celle qu’il aime
- Le Peuple s’amuseLe poète naïf, qui pense avant d’écrire,
- Le Premier deuilEn ce temps-là, je me rappelle
- Le Rendez-vousIl est tard ; l’astronome aux veilles obstinées,
- Le RenouveauL’air soupire encor, tout sonore
- Le RéveilSi tu m’appartenais (faisons ce rêve étrange !),
- Le RireLes bêtes, qui n’ont point de sublimes soucis,
- Le SigneOn dit que les désirs des mères
- Le Temps perduSi peu d’œuvres pour tant de fatigue et d’ennui !
- Le Vase et l’OiseauTout seul au plus profond d’un bois,
- Le VentIl fait grand vent, le ciel roule de grosses voix,
- Le VolubilisToi qui m’entends sans peur te parler de la mort,
- Les AilesGrand ciel, tu m’es témoin que j’étais tout enfant
- Les Amours terrestresNos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.
- Les BlessuresLe soldat frappé tombe en poussant de grands cris ;
- Les CaressesLes caresses ne sont que d’inquiets transports,
- Les DanaïdesToutes, portant l’amphore, une main sur la hanche,
- Les DestinsI
- Les Deux ChutesD’un seul mot, pénétrant comme un acier pointu,
- Les Deux vertigesLe voyageur, debout sur la plus haute cime,
- Les DieuxLe dieu du laboureur est comme un très vieux roi
- Les Écuries d’AugiasAugias, roi d’Élis, avait trois mille bœufs.
- Les FilsToi que tes grands aïeux, du fond de leur sommeil,
- Les InfidèlesJe t’aime, en attendant mon éternelle épouse,
- Les MarbresCe qui rend les villas charmantes,
- Les Serres et les BoisDans les serres silencieuses
- Les StalactitesJ’aime les grottes où la torche
- Les TémérairesDu pôle il va tenter les merveilleux hivers ;
- Les TranstévérinesLe dimanche, au Borgo, les femmes et les filles,
- Les Vieilles MaisonsJe n’aime pas les maisons neuves :
- L’AgonieVous qui m’aiderez dans mon agonie,
- L’AlphabetIl gît au fond de quelque armoire,
- L’Amour maternelFait d’héroïsme et de clémence,
- L’Art et l’AmourLe vent d’orage, allant où quelque dieu l’envoie,
- L’Art sauveurS’il n’était rien de bleu que le ciel et la mer,
- L’Art trahiFors l’amour, tout dans l’art semble à la femme vain :
- L’AutomneL’azur n’est plus égal comme un rideau sans pli.
- L’Axe du mondeAtlas porte le monde, et, les poings sur les reins,
- L’ÉpéeQu’est-ce tranchant de fer souple, affilé, pointu ?
- L’ÉpouséeElle est fragile à caresser,
- L’Escalier de l’Ara CœliOn a bâti là, plus réel
- L’Étoile au cœurPar les nuits sublimes d’été,
- L’ÉtrangerJe me dis bien souvent : de quelle race es-tu ?
- L’IndifférenceQue n'ai-je à te soumettre ou bien à t'obéir ?
- L’InspirationUn oiseau solitaire aux bizarres couleurs
- L’ObstacleLes lèvres qui veulent s’unir,
- L’Une d’ellesLes grands appartements qu’elle habite l’hiver
- MarsEn mars, quand s’achève l’hiver,
- Midi au villageNul troupeau n’erre ni ne broute ;
- Ne nous plaignons pasVa, ne nous plaignons pas de nos heures d’angoisse.
- Où vont-ils ?Ceux qui sont morts d’amour ne montent pas au ciel :
- PanneauDès l’aube, au vallon de Tempe,
- Parfums anciensÔ senteur suave et modeste
- ParmeL’air doux n’est troublé d’aucun bruit,
- Passion malheureuseJ’ai mal placé mon cœur, j’aime l’enfant d’un autre ;
- PèlerinagesEn souvenir je m’aventure
- Peur d’avareSoudain je t’ai si fort pressée
- Piété hardieVrai Dieu, si quelque part dans un monde écarté
- Ponte SistoIl est au bord du Tibre un chaos de bâtisses
- Première SolitudeOn voit dans les sombres écoles
- PrièreAh ! Si vous saviez comme on pleure
- Prière au printempsToi qui fleuris ce que tu touches,
- ProfanationBeauté qui rends pareils à des temples les corps,
- RéalismeElle part, mais je veux, à mon amour fidèle,
- RepentirJ’aimais froidement ma patrie,
- ReposNi l’amour ni les dieux ! Ce double mal nous tue.
- Rouge ou NoirePascal ! pour mon salut à quel dieu dois-je croire ?
- ScrupuleJe veux lui dire quelque chose,
- SépultureIls m’ont dit : « Le secret est la marque des forts :
- SiesteJe passerai l’été dans l’herbe, sur le dos,
- SilenceLa pudeur n’a pas de clémence,
- Silence et Nuit des boisIl est plus d’un silence, il est plus d’une nuit,
- SonnetEn ces temps où le corps éclôt pour s’avilir,
- SouhaitPar moments je souhaite une esclave au beau corps,
- SoupirNe jamais la voir ni l’entendre,
- Sur la MortI
- Sur l’eauJe n’entends que le bruit de la rive et de l’eau,
- Sursum cordaSi tous les astres, ô nature,
- TombeauL’homme qu’on a cru mort, de son sommeil profond
- Torses antiquesLe long des corridors aux murailles de pierre,
- Tout ou RienJ’ai deux tentations, fortes également,
- TrahisonQuand on a tant aimé, c’est un rude réveil !
- Trop tardNature, accomplis-tu tes œuvres au hasard,
- Un BonhommeC’était un homme doux, de chétive santé,
- Un exilJe plains les exilés qui laissent derrière eux
- Un Rendez-vousDans ce nid furtif où nous sommes,
- Un songeLe laboureur m’a dit en songe : « Fais ton pain,
- Une damnéeLa forge fait son bruit, pleine de spectres noirs.
- Une larmeEn tes yeux nage une factice opale,
- VœuQuand je vois des vivants la multitude croître
- Ah ! le cours de mes ans...Ah ! le cours de mes ans ne peut que faire envie :
- Ce qui dureLe présent se fait vide et triste,
- Combats intimesSeras-tu de l'amour l'éternelle pâture ?
- Corps et âmesHeureuses les lèvres de chair !
- DéceptionUne eau croupie est un miroir
- Dernière solitudeDans cette mascarade immense des vivants
- Douceur d'avrilà Albert Mérat
- EnfantillageMadame, vous étiez petite,
- Hora primaJ'ai salué le jour dès avant mon réveil ;
- Invitation à la valseC'était une amitié simple et pourtant secrète :
- Joies sans causesOn connaît toujours trop les causes de sa peine,
- JuinPendant avril et mai, qui sont les plus doux mois,
- L'agonieVous qui m'aiderez dans mon agonie,
- L'âmeJ'ai dans mon coeur, j'ai sous mon front
- L'amour maternelà Maurice Chevrier
- L'automneL'azur n'est plus égal comme un rideau sans pli.
- L'étrangerJe me dis bien souvent : de quelle race es-tu ?
- L'habitudeL'habitude est une étrangère
- L'idéalLa lune est grande, le ciel clair
- L'indifférenceQue n'ai-je à te soumettre ou bien à t'obéir ?
- L'indulgenceL'Indulgence est tendre, elle est femme.
- L'inspirationUn oiseau solitaire aux bizarres couleurs
- L'une d'ellesLes grands appartements qu'elle habite l'hiver
- La beautéSplendeur excessive, implacable,
- La colombe et le lisFemme, cette colombe au col rose et mouvant,
- La coupeDans les verres épais du cabaret brutal,
- La grande alléeC'est une grande allée à deux rangs de tilleuls.
- La Grande ChartreuseJ'ai vu, tels que des morts réveillés par le glas,
- La jacintheDans un antique vase en Grèce découvert,
- La laideFemmes, vous blasphémez l'amour, quand d'aventure
- La merLa mer pousse une vaste plainte,
- La musiqueAh ! chante encore, chante, chante !
- La penséeUn soir, vaincu par le labeur
- La reine du balOui, je sais qu'elle est la plus belle,
- La terre et l'enfantEnfant sur la terre on se traîne,
- La valseDans un flot de gaze et de soie,
- La vieillesseViennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
- Le coucher du soleilSi j'ose comparer le déclin de ma vie
- Le cygneSans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
- Le dernier adieuQuand l'être cher vient d'expirer,
- Le pardonPour peu que votre image en mon âme renaisse,
- Le premier amourComme un verre intact, avant l'heure
- Le réveilSi tu m'appartenais (faisons ce rêve étrange ! ),
- Le temps perduSi peu d'oeuvres pour tant de fatigue et d'ennui !
- Le volubilisToi qui m'entends sans peur te parler de la mort,
- Les amours terrestresNos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.
- Les caressesLes caresses ne sont que d'inquiets transports,
- Les oiseauxMontez, montez, oiseaux, à la fange rebelles,
- Les serres et les boisDans les serres silencieuses
- Les stalactitesJ'aime les grottes où la torche
- Les yeuxBleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
- MarsEn mars, quand s'achève l'hiver,
- Midi au villageNul troupeau n'erre ni ne broute ;
- Ne nous plaignons pasVa, ne nous plaignons pas de nos heures d'angoisse.
- PèlerinagesEn souvenir je m'aventure
- PluieIl pleut. J'entends le bruit égal des eaux ;
- Première solitudeOn voit dans les sombres écoles
- PrièreAh ! Si vous saviez comme on pleure
- Prière au printempsToi qui fleuris ce que tu touches,
- ScrupuleJe veux lui dire quelque chose,
- SilenceLa pudeur n'a pas de clémence,
- Silence et nuit des boisIl est plus d'un silence, il est plus d'une nuit,
- SoupirNe jamais la voir ni l'entendre,
- Trop tardNature, accomplis-tu tes oeuvres au hasard,
- Un rendez-vousDans ce nid furtif où nous sommes,
1880s 13
- La Justice – ÉpilogueJ’ai conquis l’horizon sur l’ombre et sur le doute,
- La Justice – PrologueLes étoiles au loin brillent silencieuses,
- Veille ILa vérité n’admet qu’un studieux amant :
- Veille IIÉtoiles, vos regards font plier les genoux !
- Veille IIIJustice, mes regards ne t’ont pu découvrir
- Veille IVIl fait nuit, c’est la fin des pas et des clameurs ;
- Veille IXDans la nuit constellée où je promène et plonge
- Veille VLes besoins sont, hélas ! Des douleurs agressives.
- Veille VICe soir, comme un enfant que sa sœur a boudé
- Veille VIILà-haut, ce clair de lune étrange me repose :
- Veille VIIISur les astres fermons, cette nuit, ma fenêtre :
- Veille XCourage ! l’autre nuit n’a pas été mauvaise.
- Veille XIJe respire ! Il est clos, le combat singulier,
Undated 34
- A RonsardÔ maître des charmeurs de l'oreille, ô Ronsard,
- A vingt ansÀ vingt ans on a l'oeil difficile et très fier :
- « Ah ! le cours de mes ans »Ah ! le cours de mes ans ne peut que faire envie :
- Au bord de l'eauS'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
- Au jour le jourà Emmanuel Des Essarts
- Aux amis inconnusCes vers, je les dédie aux amis inconnus,
- Aux poètes futursPoètes à venir, qui saurez tant de choses,
- EclaircieQuand on est sous l'enchantement
- En avantCe qui nous épuise et nous tue,
- Ici-basIci-bas tous les lilas meurent,
- L'escalier de l'ara coeliOn a bâti là, plus réel
- L'étoile au coeurPar les nuits sublimes d'été,
- La boutureAu temps où les plaines sont vertes,
- La chanson de l'airA l'Air, le dieu puissant qui soulève les ondes
- La Grande alléeC’est une grande allée à deux rangs de tilleuls.
- La JacintheDans un antique vase en Grèce découvert,
- La Place NavoneNous aimons à rôder sur la place Navone.
- Le Coucher du soleilSi j’ose comparer le déclin de ma vie
- Le DouteLa blanche Vérité dort au fond d’un grand puits.
- Le long du quaiLe long des quais les grands vaisseaux,
- Le MisselElle n’a pas perdu de son cœur un pistil,
- Le vase briséLe vase où meurt cette verveine
- Le VolubilisToi qui m’entends parler sans frayeur de la mort,
- Le ZénithSaturne, Jupiter, Vénus, n’ont plus de prêtres.
- Les DanaïdesToutes, portant l’amphore, une main sur la hanche,
- Les Écuries d’AugiasAugias, roi d’Élis, avait trois mille bœufs.
- Les TranstévérinesLe dimanche, au Borgo, les femmes & les filles,
- Les Vieilles MaisonsJe n’aime pas les maisons neuves,
- L’EscrimeL’art des vers se révèle à l’escrime pareil ;
- L’IndulgenceL’Indulgence est tendre, elle est femme.
- Pensée perdueElle est si douce, la pensée,
- Printemps oubliéCe beau printemps qui vient de naître
- RenaissanceJe voudrais, les prunelles closes,
- RoséesJe rêve, et la pâle rosée