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Épître 109 Voltaire - François-Marie Arouet 1771 French

Monarque vertueux, quoique né despotique,
crois-tu régner sur moi de ton golfe Baltique ?
Suis-je un de tes sujets pour me traiter comme eux,
pour consoler ma vie, et pour me rendre heureux ?
Peu de rois, comme toi, transgressent les limites
qu’à leur pouvoir sacré...

Épître 11 Voltaire - François-Marie Arouet 1714 French

C’est mercredi que je soupai chez vous,
et que, sortant des plaisirs de la table,
bientôt couchée, un sommeil prompt et doux
me fit présent d’un songe délectable.
Je rêvai donc qu’au manoir ténébreux
j’étais tombée, et que Pluton lui-même
me menait voir les...

Épître 110 Voltaire - François-Marie Arouet 1771 French

Esprit juste et profond, parfait ami, vrai sage,
D’Alembert, que dis-tu de mon dernier ouvrage ?
Le roi danois et toi, mes juges souverains,
vous donnez carte blanche à tous les écrivains.
Le privilége est beau ; mais que faut-il écrire ?
Me permettriez-vous...

Épître 111 Voltaire - François-Marie Arouet 1771 French

élève d’Apollon, de Thémis, et de Mars,
qui sur ton trône auguste as placé les beaux-arts,
qui penses en grand homme, et qui permets qu’on pense ;
toi qu’on voit triompher du tyran de Byzance,
et des sots préjugés, tyrans plus odieux,
prête à ma faible voix des sons...

Épître 112 Voltaire - François-Marie Arouet 1771 French

Gustave, jeune roi, digne de ton grand nom,
je n’ai donc pu goûter le plaisir et la gloire
de voir dans mes déserts, en mon humble maison,
le fils de ce héros que célébra l’histoire !
J’aurais cru ressembler à ce vieux Philémon,
qui recevait les dieux dans son...

Épître 113 Voltaire - François-Marie Arouet 1771 French

De Barmécide épouse généreuse,
toujours aimable, et toujours vertueuse,
quand vous sortez des rêves de Bagdat,
quand vous quittez leur faux et triste éclat,
et que, tranquille aux champs de la Syrie,
vous retrouvez votre belle patrie ;
quand tous les coeurs en...

Épître 114 Voltaire - François-Marie Arouet 1772 French

Toujours ami des vers, et du diable poussé,
au rigoureux Boileau j’écrivis l’an passé.
Je ne sais si ma lettre aurait pu lui déplaire ;
mais il me répondit par un plat secrétaire,
dont l’écrit froid et long, déjà mis en oubli,
ne fut jamais connu que de l’abbé Mably...

Épître 115 Voltaire - François-Marie Arouet 1772 French

Jeune et digne héritier du grand nom de Gustave,
sauveur d’un peuple libre, et roi d’un peuple brave,
tu viens d’exécuter tout ce qu’on a prévu :
Gustave a triomphé sitôt qu’il a paru.
On t’admire aujourd’hui, cher prince, autant qu’on t’aime.
Tu viens de ressaisir...

Épître 116 Voltaire - François-Marie Arouet 1773 French

Mon très-aimable successeur,
de la France historiographe,
votre indigne prédécesseur
attend de vous son épitaphe.
Au bout de quatre-vingts hivers,
dans mon obscurité profonde,
enseveli dans mes déserts,
je me tiens déjà mort au monde.
Mais sur le...

Épître 117 Voltaire - François-Marie Arouet 1776 French

Le bon vieillard très-inutile
que vous nommez Anacréon,
mais qui n’eut jamais de bathyle,
et qui ne fit point de chanson,
loin de Marseille et d’Hélicon
achève sa pénible vie
auprès d’un poêle et d’un glaçon,
sur les montagnes d’Helvétie.
Il ne...

Épître 118 Voltaire - François-Marie Arouet 1776 French

Philosophe indulgent, ministre citoyen,
qui ne cherchas le vrai que pour faire le bien ;
qui d’un peuple léger, et trop ingrat peut-être,
préparais le bonheur et celui de son maître,
ce qu’on nomme disgrâce a payé tes bienfaits.
Le vrai prix du travail n’est que de...

Épître 119 Voltaire - François-Marie Arouet 1776 French

J’étais nonchalamment tapi
dans le creux de cette statue
contre laquelle a tant glapi
des méchants l’énorme cohue ;
je voulais d’un écrit galant
cajoler la belle héroïne
qui me fit un si beau présent
du haut de la double colline.
Mais on m’apprend...

Épître 12 Voltaire - François-Marie Arouet 1716 French

Quel triomphe accablant, quelle indigne victoire
cherchez-vous tristement à remporter sur vous ?
Votre esprit éclairé pourra-t-il jamais croire
d’un double testament la chimérique histoire,
et les songes sacrés de ces mystiques fous,
qui, dévots fainéants et pieux...

Épître 120 Voltaire - François-Marie Arouet 1777 French

Mon dieu ! Que vos rimes en ine
m’ont fait passer de doux moments !
Je reconnais les agréments
et la légèreté badine
de tous ces contes amusants
qui faisaient les doux passe-temps
de ma nièce et de ma voisine.
Je suis sorcier, car je devine
ce que...

Épître 121 Voltaire - François-Marie Arouet 1777 French

Fleuve heureux du Léthé, j’allais passer ton onde,
dont j’ai vu si souvent les bords :
lassé de ma souffrance, et du jour, et du monde,
je descendais en paix dans l’empire des morts,
lorsque Tibulle et Délie
avec l’hymen et l’amour
ont embelli mon séjour,...

Épître 122 Voltaire - François-Marie Arouet 1778 French

Prince, dont le charmant esprit
avec tant de grâce m’attire,
si j’étais mort, comme on l’a dit,
n’auriez-vous pas eu le crédit
de m’arracher du sombre empire ?
Car je sais très-bien qu’il suffit
de quelques sons de votre lyre.
C’est ainsi qu’Orphée en...

Épître 123 Voltaire - François-Marie Arouet 1778 French

Adieu, mon cher Tibulle, autrefois si volage,
mais toujours chéri d’Apollon,
au parnasse fêté comme aux bords du Lignon,
et dont l’amour a fait un sage.
Des champs élysiens, adieu, pompeux rivage,
de palais, de jardins, de prodiges bordé,
qu’ont encore embelli...

Épître 13 Voltaire - François-Marie Arouet 1716 French

Prince chéri des dieux, toi qui sers aujourd’hui
de père à ton monarque, à son peuple d’appui ;
toi qui, de tout l’état portant le poids immense,
immoles ton repos à celui de la France ;
Philippe, ne crois point, dans ces jours ténébreux,
plaire à tous les français...

Épître 14 Voltaire - François-Marie Arouet 1716 French

Ornement de la bergerie
et de l’église, et de l’amour,
aussitôt que Flore à son tour
peindra la campagne fleurie,
revoyez la ville chérie
où Vénus a fixé sa cour.
Est-il pour vous d’autre patrie ?
Et serait-il dans l’autre vie
un plus beau ciel, un...

Épître 15 Voltaire - François-Marie Arouet 1717 French

Je voulais par quelque huitain,
sonnet, ou lettre familière,
réveiller l’enjouement badin
de votre altesse chansonnière ;
mais ce n’est pas petite affaire
à qui n’a plus l’abbé Courtin
pour directeur et pour confrère.
Tout simplement donc je vous dis...