Épître 117

by Voltaire - François-Marie Arouet

Le bon vieillard très-inutile que vous nommez Anacréon, mais qui n’eut jamais de bathyle, et qui ne fit point de chanson, loin de Marseille et d’Hélicon achève sa pénible vie auprès d’un poêle et d’un glaçon, sur les montagnes d’Helvétie. Il ne connaissait que le nom de cette Grèce si polie. La bigote inquisition s’opposait à sa passion de faire un tour en Italie. Il disait aux treize-cantons : « hélas ! Il faut donc que je meure sans avoir connu la demeure des Virgiles et des Platons ! » enfin il se croit au rivage consacré par ces demi-dieux : il les reconnaît beaucoup mieux que s’il avait fait le voyage, car il les a vus par vos yeux.

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