Épître 122

by Voltaire - François-Marie Arouet

Prince, dont le charmant esprit avec tant de grâce m’attire, si j’étais mort, comme on l’a dit, n’auriez-vous pas eu le crédit de m’arracher du sombre empire ? Car je sais très-bien qu’il suffit de quelques sons de votre lyre. C’est ainsi qu’Orphée en usait dans l’antiquité révérée ; et c’est une chose avérée que plus d’un mort ressuscitait. Croyez que dans votre gazette, lorsqu’on parlait de mon trépas, ce n’était pas chose indiscrète ; ces messieurs ne se trompaient pas. En effet, qu’est-ce que la vie ? C’est un jour : tel est son destin. Qu’importe qu’elle soit finie vers le soir ou vers le matin ?

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