Maurice Rollinat
1846–1903
Maurice Rollinat (1846–1903) was a French poet and musician from Châteauroux. A protégé of George Sand, a friend of his family, he became famous in the Paris cabarets of the 1880s, especially the Chat Noir, where he sang his poems at the piano.
His collection Les Névroses (1883), full of morbid and macabre imagery in the spirit of Baudelaire and Poe, caused a sensation. He later withdrew to the countryside of the Creuse valley, where nature became his main subject in books such as L’Abîme and Paysages et paysans.
Best-known poems
-
Le Liseron
Le liseron est un calice
Qui se balance à fleur de sol.
L’éphémère y suspend son vol … -
Les Deux Loups
Bruns et maigres comme des clous,
Ils m’ont surpris dans la clairière,
Et jusqu’au bord d’une carrière … -
La Bibliothèque
Elle faisait songer aux très vieilles forêts.
Treize lampes de fer, oblongues et spectrales,
Y versaient jour et nuit leurs clartés sépulcrales … -
Le Goût des larmes
L’Énigme désormais n’a plus rien à me taire,
J’étreins le vent qui passe et le reflet qui fuit,
Et j’entends chuchoter aux lèvres de la Nuit … -
L’Ange pâle
À la longue, je suis devenu bien morose :
Mon rêve s’est éteint, mon rire s’est usé.
Amour et Gloire ont fui comme un parfum de rose ; … -
Le Chien enragé
Le chien noir me poursuit dans l’orage
À travers de hideux pays plats,
Et tous deux, tristes comme des glas, …
All poems (466)
A 14
- A l'assembléeParmi châtaigniers et genêts
- A l'aubeBrûlé par l'énorme lumière
- A l'inaccessibleArgile toujours vierge, inburinable airain,
- À la Circé modernePuisqu’un irrésistible appeau
- À la jeune pintadeJe te mets en capilotade
- À l’assembléeParmi châtaigniers et genêts
- À l’InaccessibleArgile toujours vierge, inburinable airain,
- À l’InsensibleEs-tu femme ou statue ? Hélas ! j’ai beau m’user
- À quoi pense la nuit ?À quoi pense la Nuit, quand l’âme des marais
- À travers champsHors de Paris, mon cœur s’élance,
- À une MystérieuseJ’aime tes longs cheveux et tes pâles menottes,
- Après la messeOn venait de sortir de l’église ; ici, là,
- AquarelleAdorablement naturiste,
- AscensionÀ mesure que l’on s’élève
B 11
- Ballade de la petite rose et du petit bluetNomade confident des herbes et des plantes,
- Ballade de la reine des Fourmis et du roi des CigalesDeux insectes de race avaient le même trou :
- Ballade de l’arc-en-cielLa végétation, les marais et le sol
- Ballade des barques peintesElles meurent de spleen, à l’ombre des maisons,
- Ballade des lézards vertsQuand le soleil dessèche et mord le paysage,
- Ballade des nuagesTantôt plats et stagnants comme des étangs morts,
- Ballade du cadavreDès qu’au clocher voisin l’âme a volé tout droit
- Ballade du châtaignier rondLe râle de genêts croassait dans les prés
- Ballade du vieux baudetEn automne, à cette heure où le soir triomphant
- BalzacBalzac est parmi nous le grand poète en prose,
- Bon frère et bon filsLe notaire dit : « Jean ! il s’agit d’un partage.
C 3
D 6
- Dans l’étableQuelle paix ont les araignées
- De la même à la mêmeLe souvenir d’un rêve à chaque instant m’arrive
- De ProfundisMon Dieu ! dans ses rages infimes,
- Deux bons vieux coqsLe cabaret qui n’est pas neuf
- Domestique de peintre« Ah ! monsieur ! mon métier d’domestique a changé,
- Douleur muettePas de larmes extérieures !
E 6
- Économie de pauvre« Ça vous surprend que j’fume, et que j’prise, et que j’chique ?
- Edgar PoeEdgar Poe fut démon, ne voulant pas être Ange.
- En battant le beurreDans sa grande jatte de grès,
- En justice de paixLe vieux, contre la fenêtre,
- ÉvocationsJe vis un gros corbeau, déployant son orgueil,
- Extase du soirDroits et longs, par les prés, de beaux fils de la Vierge
F 5
G 1
J 2
L 371
- L'église abandonnéeAu soleil bas, l'église a saigné derechef ;
- L'étang du mauvais pasFuis l'étang du mauvais pas,
- L'île verteDes ruisseaux un déluge a fait de lourds torrents
- L'interprèteL'inclinaison de ce vieux saule
- L'ormeauD'un branchu semblant un grand fagot qui s'évase,
- La baigneuseLe temps chauffe, ardent, radieux ;
- La Belle DameDans le chaland moussu, la petiote ignorant
- La Belle FromagèrePar la rue enfiévrante où mes pas inquiets
- La Belle PorchèreLa porchère va remplir l’auge
- La BêteEn amour, l’homme est la souris
- La BibliothèqueElle faisait songer aux très vieilles forêts.
- La bicheLa biche brame au clair de lune
- La BièreLe menuisier entra, son mètre dans la main,
- La Blanchisseuse du ParadisAu son de musiques étranges
- La bonne chienneLes deux petits jouaient au fond du grand pacage ;
- La BouchèreLa vache lentement chemine
- La BourriqueLa bourrique luisante et forte
- La Buveuse d’absintheElle était toujours enceinte,
- La CendreDe la sorte — parlant par la voix du Curé —
- La CéphalalgieCelui qui garde dans la foule
- La ChairLa chair de femme sèche ou grasse
- La ChambreMa chambre est pareille à mon âme,
- La Chanson de la perdrix griseOu la complainte des grillons,
- La Chanson de l’amantJe t’ensevelis pour jamais,
- La Chanson des amoureusesNos soupirs s’en vont dans la tombe
- La Chanson des yeuxJ’aime tes yeux d’azur qui, tout pailletés d’or,
- La Charrette à bœufsCes rout’ à tas d’cailloux où des beaux ch’vaux d’calèches
- La ChâtaigneraieGloire à cette rencontre, en ces fonds de la Marche,
- La ChèvreMa bonne chèvre limousine,
- La ChimèreIl avait l’air hagard quand il entra chez moi,
- La ClairièreL’Engoulevent rôdait avec la souris chauve,
- La ConfidenceTu me disais hier avec un doux sourire :
- La ConscienceLa Conscience voit dans nous
- La CorneLa nuit est noire opaque. Au bas d’une âpre côte
- La CornemuseSa cornemuse dans les bois
- La CréoleVoici l’heure décolorée :
- La CuisinièreAu bruit sempiternel du canon de sureau
- La Dame en cireJe regardais tourner le mannequin,
- La DébâcleL’orfraie a rendu son oracle.
- La DélivrancePlus d’obsessions vipérines !
- La Dernière NuitOr, ce fut par un soir plein d’un funèbre charme,
- La DéveineJe m’habille ahuri, subissant à plein corps
- La Femme stérileSes jupons troussés court comme sa devantière,
- La Fille amoureuseLa belle fille blanche et rousse,
- La Fille aux pieds nusDans le champ planté de colzas,
- La FolieLa tarentule du chaos
- La FontaineLa fontaine du val profond
- La Forêt magiqueLa forêt songe, bleue et pâle,
- La Forme noireC’est le grand silence des nuits
- La Grande CascadeÀ cette heure, elle n’est sensible,
- La GueuleÔ fatale rencontre ! au fond d’un chemin creux
- La JarretièreCette vipère de buisson
- La JocondeLe mystère infini de la beauté mauvaise
- La Jument ZiziSur place, à la montée, à la descente aussi,
- La LanterneEntre la ronce et la caverne
- La LaveuseVoici l’heure où les ménagères
- La LocomotiveDans la vespérale torpeur,
- La LoutreBâillez donc à fleur d’eau, vieilles carpes d’étang,
- La LuneLa lune a de lointains regards
- La MaladieLa maladie est une femme
- La Marchande d’écrevissesAux portes des cafés où s’attablent les vices,
- La Mare aux grenouillesCette mare, l’hiver, devient inquiétante,
- La MariéeLa mariée est toute pâle,
- La Mauvaise RencontreIl fait un de ces temps où la sueur vous trempe,
- La MendianteBissac vide, et pas un petit sou dans les poches,
- La MèreEn tricotant sous le feuillage
- La MeunièreLa meunière, une forte et rougeaude jeunesse,
- La MorgueCeux que l’œil du public outrage,
- La Mort au printempsLa nature, au printemps, semble par sa féerie
- La Mort des fougèresL’âme des fougères s’envole :
- La Mort du cochonMoi, qui l’avais vu si petit,
- La MorteMiné de chagrin, l’homme croule
- La Morte embauméePour arracher la morte aussi belle qu’un ange
- La MousseLa mousse aime le caillou dur,
- La MusiqueÀ l’heure où l’ombre noire
- La NeigeAvec ma brune, dont l’amour
- La Nuit de novembreIl faisait aussi clair qu’à trois heures du soir,
- La ParoleAvec le masque du mensonge
- La PenséeC’est l’ennemi sournois, mais sûr,
- La Petite CouturièreElle s’en vient à travers champs,
- La Petite Gardeuse d’oiesMa petite gardeuse d’oies,
- La Petite SourisLa petite souris blanchette
- La Petite SœurEn gardant ses douze cochons
- La PeurAussitôt que le ciel se voile
- La PipeQuand l’uniformité m’écœure,
- La plaineCette plaine sans un chemin
- La pluieLorsque la pluie, ainsi qu'un immense écheveau
- La Prière du silenceIci jonc, coudrier, viorne,
- La Promenade champêtreMai, le plus amoureux des mois,
- La PutréfactionAu fond de cette fosse moite
- La RainetteMa bonne petite rainette,
- La ReliqueAvant son mariage, – ô souffrance mortelle ! –
- La RemariéeLe corps prostitué de la veuve infidèle
- La RéprouvéeQuelle était donc, ainsi, tout de noir recouverte,
- La RessusciteuseJe dis à la bergère : « Où donc est ta bessonne !
- La RieuseSes rires grands ouverts qui si crânement mordent
- La Rivière dormanteAu plus creux du ravin où l’ombre et le soleil
- La Ronce et le SerpentFoisonnantes, couvant des venins séculaires
- La Roue de moulinLes nuages traînant leurs blocs
- La RuineC’était vers le déclin d’un jour de canicule,
- La Ruine mauditeDe tous côtés, la ronce, effroyable broussaille,
- La SauterelleSa tête a l’air d’être en bois peint,
- La SiesteEn regardant sauter les geais
- La Tache blancheDure au mordant soleil, longtemps épanouie
- La Toiture en ardoisesLa vieille toiture en ardoises
- La TonnelleÀ l’heure où le grillon racle sa ritournelle,
- La TortureMon crâne est un fourneau d’où la flamme déborde :
- La TricoteuseTu tricotais ton bas de laine,
- La Vache au taureauÀ l’aube, à l’heure exquise où l’âme du sureau
- La VentouseLa Ventouse bâille et sourit,
- La VeuveHélas oui ! longtemps, son malheur
- La Vieille CroixAu bas de la route inclinée,
- La Vieille ÉchelleGisant à plat dans la pierraille,
- La VipèrePauvre serpent, montre ta tête
- La VoixVoix de surnaturelle amante ventriloque
- La Voix du ventLes nuits d’hiver quand le vent pleure,
- La Vraie JoieAu printemps ramenant sa joie,
- Le BabyFrais comme l’herbe qui pousse,
- Le Bon CuréLe fossoyeur me dit : « Cert’ ! je n’suis pas dévot.
- Le bon fouIl n'a que sa chemise écrue et sa culotte
- Le Boucher« Tiens ? t’es donc plus boucher ? dit la vieille au gros homme
- Le BoudoirLa dame aux cheveux longs et couleur de topaze
- Le Bourreau monomane— « Oh ! les saisons, été, printemps, hiver, automne,
- Le BraconnierContre sa jambe, à plat, collant sa canardière,
- Le Bruit de l’eauChanson neuve et toujours la même
- Le BœufL’œil injecté de sang, le mufle dans l’eau sale,
- Le CabrioletDans mon petit cabriolet
- Le Cauchemar d’un ascèteLa vipère se tint debout sur ma savate,
- Le CentenairePrès du laboureur poitrinaire,
- Le Champ de chardonsLe champ fourmille de chardons :
- Le Champ du diable— Le merle fuit, plein de paniques,
- Le Chant du coqUn lugubre coquerico
- Le Chasseur en soutaneIl tire aussi bien qu’il pérore,
- Le ChatJe comprends que le chat ait frappé Baudelaire
- Le Chat-huant« Est-il sur un arbre où dans un creux de roche ?
- Le Chemin aux merlesVoici que la rosée éparpille ses perles
- Le Cheval poitrinaireSa toux qui retentit comme une plainte humaine
- Le Chien enragéLe chien noir me poursuit dans l’orage
- Le CielLe Ciel est le palais des Âmes
- Le CimetièreLe cimetière aux violettes
- Le Convoi funèbreLe mort s’en va dans le brouillard
- Le CorbeauVers le sombre minuit, tandis que fatigué
- Le CrapaudÔ vivante et visqueuse extase
- Le Cri du cœurRondement, Mathurin
- Le Cœur guériCelle que j’aime est une enchanteresse
- Le Cœur mortJe rêvais que mon cœur flottait dans le château
- Le DictameRuminant au logis tout un passé funèbre
- Le DistraitLe bon père Sylvain, ayant bu sa chopine,
- Le DonjonI
- Le Faciès humainNotre âme, ce cloaque ignoré de la sonde,
- Le Facteur ruralPar la traverse et par la route,
- Le Fantôme du crimeLa mauvaise pensée arrive dans mon âme
- Le Fantôme d’UrsuleUne nuit, — vous allez bien sûr être incrédule, —
- Le Feu folletLe petit feu follet qui danse devant moi,
- Le ForgeronDans sa forge aux murs bas d’où le jour va s’enfuir,
- Le FossoyeurLe fossoyeur-bedeau
- Le FouJe rêve un pays rouge et suant le carnage,
- Le GouffreL’homme est un farfadet qui tombe dans la mort,
- Le Goût des larmesL’Énigme désormais n’a plus rien à me taire,
- Le Grand CercueilIl pleuvasse avec du tonnerre…
- Le Grand-PèreLa fille au père Pierre, avec ses airs de sainte,
- Le JambonJe le vois toujours, ce jambon,
- Le Jeteur d’épervierDe loin, j’apercevais comme une forme humaine,
- Le Lac et le sauleLa solitude est bien l’hôtesse
- Le Lait de serpentLe serpent est si vieux, si voisin de la mort,
- Le Lamento des tourterellesPar les ombres du crépuscule
- Le LézardSur le vieux mur qui se lézarde,
- Le LièvreLe lièvre, le long du fossé,
- Le LiseronLe liseron est un calice
- Le LutinPar un soir d’hiver triste et bien de circonstance,
- Le Magasin de suicides— « Nous avons l’arme à feu, le rasoir très coupant,
- Le ManiaqueJe frissonne toujours à l’aspect singulier
- Le MaquignonBallonné de partout, englouti par la graisse
- Le Marchand d’habitsMarchand d’habits ! Ta voix de cuivre et de rogomme
- Le Martin-pêcheurLe miroitement des eaux vives
- Le Mauvais MortViande, sourcils, cheveux, ma bière et mon linceul,
- Le Mauvais ŒilLe mauvais œil me persécute :
- Le Meneur de loupsJe venais de franchir la barrière isolée,
- Le MensongeCroyant que je l’aimais avec idolâtrie,
- Le MimePar quelle fantaisie insolite et malsaine
- Le MinetIl tète avec avidité
- Le MiracleSous la pluvieuse lumière,
- Le MirageLe ciel ayant figé ses grands nuages roses,
- Le MonstreEn face d’un miroir est une femme étrange
- Le Mot de l’énigmeLongtemps cette figure obséda mes regards,
- Le MoulinTic tac, tic tac ! Le moulin sonne,
- Le Mutilé« Tiens ? il vous manque un doigt, dis-je au vieux menuisier,
- Le PacageCouleuvre gigantesque il s’allonge et se tord,
- Le PâtreQue ce pâtre à jambe de bois
- Le Pêcheur à la ligneMon liège fait plus d’un plongeon
- Le Pêcheur d’écrevissesNez plat, grosse bouche en fer d’âne,
- Le Père ÉloiUne nuit, dans un vieux cimetière pas riche,
- Le Père PierreFantastiques d’aspect sous leur noire capote,
- Le Petit ChaletQu’elle aime ce petit chalet
- Le Petit ChienCaniche étrange, beau Marquis,
- Le Petit CoqMon âme veuve les jalouse
- Le Petit FantômeJ’habite l’Océan,
- Le Petit LièvreBrusque, avec un frisson
- Le Petit PierrotEntre les fils du télégraphe
- Le Petit RenardeauAu bord de l’étang, le petit renardeau
- Le PhilosopheC’était un vieux penseur madré,
- Le PianoPuis-je te célébrer autant que je le dois,
- Le PivertDans la grande chênaie, à l’ombre du coteau,
- Le PortraitElle téta la vie au sein d’une pauvresse.
- Le RasoirCe rasoir où la rouille a laissé son vestige
- Le RatMa chatte avait peur de cet énorme rat
- Le Ravin des coquelicotsDans un creux sauvage et muet
- Le RebouteuxFixe, de la queue à la tête,
- Le RemordsPlus de brise folle
- Le RireRire nerveux et sardonique
- Le Roi des buveursTenez ! fit le soulard à bonnet de coton,
- Le Rondeau du guillotinéFlac ! le rasoir au dos de plomb
- Le RossignolQuand le soleil rit dans les coins,
- Le SauleTout à l’heure, sous les éclats
- Le Scieur de longVoûté haut sur la grande chèvre
- Le SilenceLe silence est l’âme des choses
- Le Silence des mortsOn scrute leur portrait, espérant qu’il en sorte
- Le Site glacéDe grêles horizons noyés d’un brouillard bleu
- Le SoleilLe Soleil, ami du serpent
- Le SoleilLe Soleil est le tout-puissant
- Le Soleil sur les pierresSur les rocs, comme au ciel, le monarque du feu
- Le Soliloque de TroppmanEnfin débarrassé du père
- Le Soliloque d’un menuisier« Encore un clou ! plus qu’un, et ma besogne est faite.
- Le SolitaireLe vieux qui, vert encore, approchait des cent ans,
- Le SomnambuleLe chapeau sur la tête et la canne à la main,
- Le Soufflet« C’est la solitude infinie
- Le SourdLe braconnier ayant lu sur sa vieille ardoise
- Le SuccubeToute nue, onduleuse et le torse vibrant,
- Le TouristeLe plein midi darde ses flèches
- Le TunnelAu milieu d’un tunnel profond comme le vide,
- Le VagabondTombé, le vagabond qui rampe avec effort,
- Le Val des margueritesC’est au fond d’un ravin fantastique et superbe
- Le Val des roncesQuand on arrive au Val des Ronces
- Le vent d'étéÀ Léon Tillot.
- Le Vent d’étéLe vent d’été baise et caresse
- Le Ver luisantLe petit ver luisant dans l’herbe
- Le Veuf« C’que c’est ! j’me s’rais pas cru r’mariable…
- Le Vieux ChalandUn jour que je pêchais dans sa rivière fraîche,
- Le Vieux Fumeur— « Alors, vous avez confiance
- Le Vieux HaineuxCe mort qui vient là-bas fut un propriétaire
- Le Vieux MoutonTrop âgé pour avoir pu suivre le troupeau,
- Le Vieux Pâtre« C’est par mon métier, dit le vieux pâtre aux traits rudes,
- Le Vieux PêcheurAu fil de l’eau coulant sans bruit,
- Le Vieux PontCe bon vieux pont, sous ses trois arches,
- Le Vieux PriseurLe plus grand priseur de la terre
- Le VoleurL’aveugle, un vrai Goya retouché par la Morgue,
- Les Agonies lentesOn voit sortir, l'été, par les superbes temps,
- Les Amants charbonniersLa femme ? une enfant presque, et le mari ? plus vieux.
- Les ApaiseursLe silence et la solitude,
- Les ArbresArbres, grands végétaux, martyrs des saisons fauves.
- Les AspergesSoigné par un malin, le vieux ayant pour tic
- Les BabillardesBavardes comme des perruches,
- Les Becs de gazLes becs de gaz des mauvais coins
- Les Bienfaits de la nuitQuand le chagrin, perfide et lâche remorqueur,
- Les Bottines d’étoffeDans un bourg de province appelé Saint-Christophe,
- Les Châtaignes— « Oh ! chère mignonne, tu saignes ! »
- Les Chauves-souris« Mais pourquoi voler avec tant de mystère
- Les CheveuxJ’aimais ses cheveux noirs comme des fils de jais
- Les CheveuxJ’aimais ses cheveux noirs comme des fils de jais
- Les Cheveux champêtresEn plein air, sans une épingle,
- Les ChosesNon ! Ce n’est pas toujours le vent
- Les Clairvoyants« On est pourtant ben faits tous les uns comm’ les autres,
- Les ClochesLes cloches de nos basiliques
- Les ClochettesMaintenant, je suis malheureux
- Les CloportesAu bas d’un vieux mur qui s’écroule,
- Les Conseillers municipauxSont tous attablés à l’auberge.
- Les CorbeauxLes corbeaux volent en croassant
- Les DemoisellesRasant la mare de leurs ailes
- Les DentsJe les revois à des époques reculées
- Les Deux BouleauxL’été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,
- Les Deux LoupsBruns et maigres comme des clous,
- Les Deux Petits FrèresIls s’en reviennent de l’école,
- Les Deux PoitrinairesLa brise en soupirant caresse l’herbe haute.
- Les Deux SerpentsFuis la femme, crains la vipère,
- Les DindonsIls vont la queue en éventail,
- Les DrapeauxLes chevelures des amantes
- Les Étoiles bleuesAu creux de mon abîme où se perd toute sonde,
- Les Fils de la ViergeBons petits cheveux si légers,
- Les FrissonsDe la tourterelle au crapaud,
- Les Gardeuses de boucsPrès d’un champ de folles avoines
- Les genêtsCe frais matin tout à fait sobre
- Les GlasChaque jour dans la basilique
- Les GlissoiresIl fait un froid noir et tout gèle :
- Les Grands LingesLe magique soleil sur les hauteurs pensives
- Les GrivesDans la vigne escarpée où maint pommier sauvage
- Les InfinisVertigineux géant du désert qu’il écrase,
- Les LarmesLe crâne des souffrants vulgaires
- Les Larmes du mondeDans les yeux de l’Humanité
- Les LèvresDepuis que tu m’as quitté,
- Les MargotsLes corneilles et les margots
- Les MarnièresLes marnières mornes et creuses
- Les MartyrsL’Horreur et le Dégoût lui bavaient leur poison
- Les Mauvais ChampignonsLes empoisonneurs et les empoisonneuses
- Les MétéoresHugo ! monde farouche ! Etna de poésie !
- Les Meules de foinTout le sol tondu ras des solitudes plates
- Les Morts-vivantsHeureux qui vit sans se connaître
- Les MouettesEn tas, poussant de longs cris aboyeurs
- Les PapillonsIls sortent radieux et doux
- Les PâquerettesLes pâquerettes sont en deuil
- Les ParfumsUn parfum chante en moi comme un air obsédant :
- Les Petits CaillouxI
- Les Petits FauteuilsAssis le long du mur dans leurs petits fauteuils,
- Les Petits MaraudeursFaisant sonner leur gaieté franche
- Les Petits SouliersTes petits souliers noirs grillés comme une cage
- Les Petits TaureauxIls ont pour promenoir
- Les PierresPar monts, par vaux, près des rivières,
- Les PlaintesVenus des quatre coins de l’horizon farouche,
- Les PoulichesFrissonnantes, ridant leur peau gris-pommelé
- Les PrunellesCes prunelles bleu violet,
- Les RefletsMon œil halluciné conserve en sa mémoire
- Les RobesÔ ma pauvre sagesse, en vain tu te dérobes
- Les RocsPar delà les blés noirs, les froments et les seigles,
- Les RosesDans l'air comme embrasé par une chaleur d’âtre
- Les SeinsJ’ai fait ces vers subtils, polis comme des bagues,
- Les SerpentsAuprès d’une rivière où des broussailles trempent,
- Les Tourtes« Maint’nant, dans les auberg’, i’ n’veul’ plus q’du pain d’riches,
- Les Treize RêvesL’un des treize viveurs que la tristesse ronge
- Les Trois BèguesIci Pierre, François et le facteur Roland,
- Les Trois NoyersQui les planta là, dans ces flaques,
- Les Trois Toc TocToc toc ! — L’homme prêtant l’oreille,
- Les Vieilles HaiesFauves, couvrant l’horreur, le mystère et l’ennui,
- Les ViergesLe cœur des vierges de vingt ans
- Les Visions rosesCorolles et boutons de roses,
- Les YeuxPartout je les évoque et partout je les vois,
- Les Yeux bleusTes yeux bleus comme deux bluets
- Les Yeux des viergesCe qui luit dans les yeux des vierges
- Les Yeux mortsDe ses grands yeux chastes et fous
- Lèvres pâméesLes lèvres des femmes pâmées
- L’AbandonnéeLa belle en larmes
- L’Allée de peupliersC’était l’heure du rêve et de l’effacement :
- L’Amante macabreElle était toute nue assise au clavecin ;
- L’AmazoneSur les grandes bouses de vache
- L’AmiIl était brun, très pâle, et toujours en grand deuil ;
- L’AmourL’Amour est un ange malsain
- L’Ancien SoldatIndépendant d’instinct, d’esprit, d’âme et de fibre
- L’Ange gardienArchange féminin dont le bel œil, sans trêve,
- L’Ange pâleÀ la longue, je suis devenu bien morose :
- L’AngoisseDepuis que l’Horreur me fascine,
- L’AveugleL’humble vieille qui se désole
- L’ÉcrevisseElle voyage à sa façon
- L’ÉcureuilLe petit écureuil fait de la gymnastique
- L’Église abandonnéeAu soleil bas, l’église a saigné derechef ;
- L’Enfant embourbéIl marche. — Le soir vient sournois
- L’EnferDans l'enfer, Satan fait étendre
- L’EnjôleurLoin des oreilles importunes,
- L’EnragéeJe vais mordre ! Allez-vous-en tous !
- L’Ensevelissement― On sonna fort. J’allai bien vite ouvrir la porte,
- L’Enterré vif— « Homme ! imagine-toi qu’après un soir d’orgie
- L’Enterrement d’une fourmiLes Fourmis sont en grand émoi :
- L’EnviePaix à ces malheureux Esprits
- L’ÉpitapheQuand on aura fermé ma bière
- L’EspéranceL’Espérance est un merle blanc
- L’ÉtangPlein de très vieux poissons frappés de cécité,
- L’Étang du mauvais pasFuis l’étang du mauvais pas,
- L’ÉternitéOn guette dans la multitude
- L’Étoile d’un fouÀ force de songer, je suis au bout du songe ;
- L’HabitudeLa goutte d’eau de l’Habitude
- L’Heure bienfaisanteLa Tristesse enfin devient bonne
- L’HorlogeÀ son tic tac mélancolique,
- L’HoroscopePar un soleil mourant dans d’horribles syncopes,
- L’Hôte suspectNous sommes bien seuls au bas de cette côte !
- L’HypocondriaqueEnténébrant l’azur, le soleil et les roses,
- L’IdiotL’idiot vagabond qui charme les vipères
- L’Île verteDes ruisseaux un déluge a fait de lourds torrents
- L’Impuissance de DieuDieu voudrait sauver Lucifer
- L’IndignéSur la place, entouré des gros bonnets du bourg,
- L’InstinctHeureux l’homme qui se guérit
- L’InterprèteL’inclinaison de ce vieux saule
- L’IntrouvableTon amour est-il pur comme les forêts vierges,
- L’OfficiantOr donc, c’était pendant la messe de minuit :
- L’OrmeauD’un branchu semblant un grand fagot qui s’évase,
M 9
- Ma Vieille CanneMa vieille canne au bout ferré,
- Ma vieille pipeQuand j’ai ma pipe en merisier,
- Mademoiselle SqueletteJe la surnommais ainsi :
- Magie de la natureBéant, je regardais du seuil d’une chaumière
- Marches funèbresToi, dont les longs doigts blancs de statue amoureuse,
- Memento quia pulvis esCrachant au monde qu’il effleure
- Mes girouettesElles grincent, mes girouettes,
- Mes pipesLe jour comme à minuit
- MystèrePourquoi donc rougit la pucelle
N 5
O 2
P 5
R 5
S 5
T 4
U 5
- Un bohèmeToujours la longue faim me suit comme un recors ;
- Un déjeuner champêtreLa Justice tardant à faire la levée
- Un jour d'hiverArqué haut sur les monts et d'un bleu sans nuages
- Un jour d’hiverArqué haut sur les monts et d’un bleu sans nuages
- Une résurrectionAutrefois, un pauvre arbre, au coin d’une prairie,
V 7
- Vapeurs de maresLe soir, la solitude et la neige s’entendent
- Vers l’encavementLe cadavre du grand cheval
- Vierge damnéeIl m’a déshabillée avec ses chauds regards,
- Villanelle du DiableL’Enfer brûle, brûle, brûle.
- Villanelle du soirDans les herbes onduleuses
- Villanelle du ver de terreLe malheureux ver de terre
- VioletteDe violette et de cinname,