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Parmi châtaigniers et genêts / Où s'émouchaient, sans pouvoir paître, …
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Brûlé par l'énorme lumière / Irradiant du ciel caillé, …
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Argile toujours vierge, inburinable airain, / Magicien masqué plus tyran que la femme, …
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On venait de sortir de l’église ; ici, là, / Les hommes se groupaient, lents, les mains dans les poches ; …
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Adorablement naturiste, / Ma mignonne peint dans les bois, …
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À mesure que l’on s’élève / Au-dessus des mornes terrains, …
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Ne sortant pas de faire jeûne, / Une fois, le père Lucas, …
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Quelle paix ont les araignées / Aux solives comme aux carreaux ! …
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Le souvenir d’un rêve à chaque instant m’arrive / Comme un remords subtil à la fois âcre et cher, …
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Le cabaret qui n’est pas neuf / Est bondé des plus vieux ivrognes …
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« Ah ! monsieur ! mon métier d’domestique a changé, / Me dit le grand Charly, son béret sur l’oreille : …
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Pas de larmes extérieures ! / Sois le martyr mystérieux ; …
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Edgar Poe fut démon, ne voulant pas être Ange. / Au lieu du Rossignol, il chanta le Corbeau ; …
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Dans sa grande jatte de grès, / L’Angélique, la belle veuve, …
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Le vieux, contre la fenêtre, / Fauve, en train de ruminer, …
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Droits et longs, par les prés, de beaux fils de la Vierge / Horizontalement tremblent aux arbrisseaux. …
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Par ce temps si bénin, après tant de froidure, / Dans les grands terrains gris, sur les coteaux chenus, …
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On voit ce grand fond de vallée / Fuligineux sous les cieux ronds : …
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Frère et sœur, les petiots, se tenant par la main, / Vont au rythme pressé de leurs bras qu’ils balancent ; …
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Ô ma si fragile compagne, / Puisque nous souffrons à Paris, …
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I / Jean était un franc débonnaire, …
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Cependant que juché sur l’un des hauts divans / Le chat jaune poussait de ronronnantes plaintes, …
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Ici, le rocher, l’arbre et l’eau / Font pour mon œil ce qu’il convoite. …
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Le temps chauffe, ardent, radieux ; / Le sol brûle comme une tôle …
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La biche brame au clair de lune / Et pleure à se fondre les yeux : …
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Les deux petits jouaient au fond du grand pacage ; / La nuit les a surpris, une nuit d'un tel noir …
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De la sorte — parlant par la voix du Curé — / La cendre de l’âtre interpelle …
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La chair de femme sèche ou grasse / Est le fruit de la volupté …
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Ma chambre est pareille à mon âme, / Comme la mort l’est au sommeil : …
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La chanson de la perdrix grise / Ou la complainte des grillons, …
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Je t’ensevelis pour jamais, / Idole si mièvre et si fausse : …
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Nos soupirs s’en vont dans la tombe / Comme des souffles dans la nuit, …
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J’aime tes yeux d’azur qui, tout pailletés d’or, / Ont une lueur bleue et blonde, …
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Ces rout’ à tas d’cailloux où des beaux ch’vaux d’calèches / S’rencontr’ avec des ân’, des perch’rons, des mulets, …
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Gloire à cette rencontre, en ces fonds de la Marche, / Surgissant, après tant de tours et contremarches, …
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Ma bonne chèvre limousine, / Gentille bête à l’œil humain, …
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L’Engoulevent rôdait avec la souris chauve, / Lorsque sur la clairière au tapis verdoyant …
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Tu me disais hier avec un doux sourire : / « Oh ! oui ! puisqu’il est vrai que mon amour t’inspire, …
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La nuit est noire opaque. Au bas d’une âpre côte / Paissent bœufs et taureaux, masses lentes, qui vont …
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Sa cornemuse dans les bois / Geignait comme le vent qui brame …
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Voici l’heure décolorée : / La créole a quitté l’ombrelle …
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Au bruit sempiternel du canon de sureau / Qu’un petit garçon bourre et rebourre sans trêve, …
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Celui qui garde dans la foule / Un éternel isolement …
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Je regardais tourner le mannequin, / Et j’admirais sa taille, sa poitrine, …
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Or, ce fut par un soir plein d’un funèbre charme, / Qu’après avoir suivi des chemins hasardeux …
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L’orfraie a rendu son oracle. / Venu vite, le soir se bâcle ; …
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Plus d’obsessions vipérines ! / Plus de chuchotements pervers ! …
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Je m’habille ahuri, subissant à plein corps / L’atroce ubiquité d’une introuvable puce ; …
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Ses jupons troussés court comme sa devantière, / Sous ses gros bas bleus bien tirés …
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La belle fille blanche et rousse, / De la sorte, au long du buisson, …
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Dans le champ planté de colzas, / De luzerne et de betteraves, …
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La tarentule du chaos / Guette la raison qu’elle amorce. …
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La fontaine du val profond / Luit au bas des vieilles tourelles …
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C’est le grand silence des nuits / Auquel, seul, le vent s’amalgame. …
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La forêt songe, bleue et pâle, / Dans un féerique demi-jour. …
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À cette heure, elle n’est sensible, / La grande cascade du roc, …
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Ô fatale rencontre ! au fond d’un chemin creux / Se chauffait au soleil, sur le talus ocreux, …
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Cette vipère de buisson / D’une grosseur surnaturelle …
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Le mystère infini de la beauté mauvaise / S’exhale en tapinois de ce portrait sorcier …
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Sur place, à la montée, à la descente aussi, / La jument dansotait son trot, n’y voyant goutte. …
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Entre la ronce et la caverne / Un curé va pieusement ; …
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Voici l’heure où les ménagères / Guettent le retour des bergères. …
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Dans la vespérale torpeur, / Je fouette ma jument rétive …
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Bâillez donc à fleur d’eau, vieilles carpes d’étang, / Puisque j’ai résolu d’exterminer la loutre. …
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La maladie est une femme / Invisible comme un remord …
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Aux portes des cafés où s’attablent les vices, / Elle va tous les soirs offrant des écrevisses …
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Cette mare, l’hiver, devient inquiétante, / Elle s’étale au loin sous le ciel bas et gris, …
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La mariée est toute pâle, / Aussi pâle que son bouquet, …
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Il fait un de ces temps où la sueur vous trempe, / Où l’on est de plomb pour marcher, …
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La meunière, une forte et rougeaude jeunesse, / Chantait dans sa charrette en piquant son bardeau ; …
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Ceux que l’œil du public outrage, / — Noyés, pendus, assassinés, — …
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La nature, au printemps, semble par sa féerie / Glorifier tous les trépas qu’elle a conçus. …
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L’âme des fougères s’envole : / Plus de lézards entre les buis ! …
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Moi, qui l’avais vu si petit, / Je fus tout chagrin de sa perte, …
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Pour arracher la morte aussi belle qu’un ange / Aux atroces baisers du ver, …
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La mousse aime le caillou dur, / La tour que la foudre électrise, …
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Il faisait aussi clair qu’à trois heures du soir, / Lorsque, las de fumer, de lire et de m’asseoir, …
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Avec le masque du mensonge / La parole suit son chemin, …
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Elle s’en vient à travers champs, / Le long des buissons qui renaissent …
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Ma petite gardeuse d’oies, / Par les prés et les chemins creux, …
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La petite souris blanchette / Glisse d’un pas bref et menu …
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En gardant ses douze cochons / Ainsi que leur mère qui grogne, …
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Aussitôt que le ciel se voile / Et que le soir, brun tisserand, …
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Ici jonc, coudrier, viorne, / Enfants du roc et du marais, …
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Mai, le plus amoureux des mois, / Fleurit et parfume les haies. …
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Au fond de cette fosse moite / D’un perpétuel suintement, …
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Ma bonne petite rainette, / À toi ce rondel amical. …
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Avant son mariage, – ô souffrance mortelle ! – / Elle me la donna sa chemise en dentelle, …
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Le corps prostitué de la veuve infidèle / Est maudit chaque nuit par un spectre blafard …
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Je dis à la bergère : « Où donc est ta bessonne ! / Oh ! mais, comme tu lui ressembles ! » …
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Ses rires grands ouverts qui si crânement mordent / Sur le fond taciturne et murmurant des prés, …
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Au plus creux du ravin où l’ombre et le soleil / Alternent leurs baisers sur la roche et sur l’arbre, …
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Foisonnantes, couvant des venins séculaires / Dans ce marécageux semis d’herbe et de rocs, …
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Les nuages traînant leurs blocs / Autour du soleil qui les troue, …
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De tous côtés, la ronce, effroyable broussaille, / Grimpe férocement au long de la muraille. …
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Quelle était donc, ainsi, tout de noir recouverte, / Cette femme, là-bas, d’un si lugubre effet, …
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Dure au mordant soleil, longtemps épanouie / Aux grands effluves lourds et tièdes du vent plat, …
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La vieille toiture en ardoises / Étincelle dès le matin …
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À l’heure où le grillon racle sa ritournelle, / Lorsque le jour s’en va du monde curieux, …
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Mon crâne est un fourneau d’où la flamme déborde : / Martyre opiniâtre et lent comme un remords ! …
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Tu tricotais ton bas de laine, / Toute rose et toute mignarde, …
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À l’aube, à l’heure exquise où l’âme du sureau / Baise au bord des marais la tristesse du saule, …
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La Ventouse bâille et sourit, / Toujours neuve et toujours masquée …
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Au bas de la route inclinée, / Où se croisent quatre chemins, …
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Gisant à plat dans la pierraille, / Veuve à jamais du pied humain, …
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Les nuits d’hiver quand le vent pleure, / Se plaint, hurle, siffle et vagit, …
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Au printemps ramenant sa joie, / Le Juste au cœur tendre et meurtri …
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Il n'a que sa chemise écrue et sa culotte / Pour tout costume. Il porte un bonnet de coton. …
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La vipère se tint debout sur ma savate, / Me fascina, fondit sur moi du premier coup, …
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Près du laboureur poitrinaire, / Devant sa porte, au jour tombant, …
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Le champ fourmille de chardons : / Quel paradis pour le vieil âne ! …
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— Le merle fuit, plein de paniques, / Les buissons recroquevillés : …
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Un lugubre coquerico / Retentit soudain sur le chaume. …
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Il tire aussi bien qu’il pérore, / Le grand curé sec et rustaud. …
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« Est-il sur un arbre où dans un creux de roche ? / « C’est drôle, ce cri qui part on ne sait d’où ! …
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Voici que la rosée éparpille ses perles / Qui tremblent sous la brise aux feuilles des buissons. …
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Sa toux qui retentit comme une plainte humaine / Secoue obstinément son grand corps accablé ; …
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Le chien noir me poursuit dans l’orage / À travers de hideux pays plats, …
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Le cimetière aux violettes / Embaume tous les alentours. …
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Le mort s’en va dans le brouillard / Avec sa limousine en planches. …
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Rondement, Mathurin / Mène dans sa carriole …
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Rondement, Mathurin / Mène dans sa carriole …
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Celle que j’aime est une enchanteresse / Au front pudique, aux longs cheveux châtains ; …
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Je rêvais que mon cœur flottait dans le château / Au-dessus d’une coupe étrange et poussiéreuse : …
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Ruminant au logis tout un passé funèbre / Où des ferments aigris de haine et de remord …
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Le bon père Sylvain, ayant bu sa chopine, / Des bras et du bonnet opine …
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I / Contre l’écroulement sa ruine se cabre. …
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Notre âme, ce cloaque ignoré de la sonde, / Transparaît louchement dans le visage humain ; …
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Par la traverse et par la route, / Il abat kilomètre et lieue ; …
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La mauvaise pensée arrive dans mon âme / En tous lieux, à toute heure, au fort de mes travaux, …
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Une nuit, — vous allez bien sûr être incrédule, — / J’étais au coin du feu, lorsqu’en me retournant, …
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Le petit feu follet qui danse devant moi, / A l’air trop gracieux pour être un mauvais guide. …
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Dans sa forge aux murs bas d’où le jour va s’enfuir, / Haut, roide, et sec du cou, des jambes et du buste, …
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Le fossoyeur-bedeau / Se fait toujours attendre… …
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Je rêve un pays rouge et suant le carnage, / Hérissé d’arbres verts en forme d’éteignoir, …
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L’Énigme désormais n’a plus rien à me taire, / J’étreins le vent qui passe et le reflet qui fuit, …
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Il pleuvasse avec du tonnerre… / Il est déjà tard… quand on voit …
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La fille au père Pierre, avec ses airs de sainte, / A si bien surveillé son corps fallacieux …
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Je le vois toujours, ce jambon, / Avec un appétit nouveau. …
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De loin, j’apercevais comme une forme humaine, / Noire et gesticulant d’une étrange façon, …
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La solitude est bien l’hôtesse / Qui convient à ce lac profond : …
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Le serpent est si vieux, si voisin de la mort, / Qu’il ne sort presque plus de son triste repaire, …
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Par les ombres du crépuscule / Et sous la lune de minuit, …
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Le lièvre, le long du fossé, / S’en revenait d’un pied qui boite, …
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Par un soir d’hiver triste et bien de circonstance, / Un homme encor tout jeune et tout blanc de cheveux, …
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— « Nous avons l’arme à feu, le rasoir très coupant, / La foudre à bon marché, l’asphyxiant chimique …
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Je frissonne toujours à l’aspect singulier / De certaine bottine ou de certain soulier. …
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Ballonné de partout, englouti par la graisse / Se façonnant en plis, fanons et bourrelets, …
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Marchand d’habits ! Ta voix de cuivre et de rogomme / Me surprend tout à coup, me hèle en tapinois ; …
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Le miroitement des eaux vives / Attire le Martin-Pêcheur …
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Viande, sourcils, cheveux, ma bière et mon linceul, / La tombe a tout mangé : sa besogne est finie ; …
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Le mauvais œil me persécute : / Un œil où le blâme reluit, …
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Je venais de franchir la barrière isolée, / Et la stupeur nocturne allait toujours croissant …
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Par quelle fantaisie insolite et malsaine / En vins-je à grimacer devant ma glace, un soir, …
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Il tète avec avidité / Et se cogne au sein qu’il enlace ; …
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Sous la pluvieuse lumière, / Dans l’air si glacé, la chaumière, …
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Le ciel ayant figé ses grands nuages roses, / Émeraudés, lilas, cuivreux et violets, …
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Longtemps cette figure obséda mes regards, / Et l’éternel supplice auquel Dieu me condamne, …
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Tic tac, tic tac ! Le moulin sonne, / Enfariné par tous les bouts, …
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« Tiens ? il vous manque un doigt, dis-je au vieux menuisier, / Et par quel accident ? — Ah ! ça c’est un mystère …
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Couleuvre gigantesque il s’allonge et se tord, / Tatoué de marais, hérissé de viornes, …
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J’aimais ses cheveux noirs comme des fils de jais / Et toujours parfumés d’une exquise pommade, …
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Qu’elle aime ce petit chalet / D’une si plaisante carcasse ! …
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Mon âme veuve les jalouse / La poulette et le petit coq. …
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J’habite l’Océan, / Les joncs des marécages, …
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Brusque, avec un frisson / De frayeur et de fièvre, …
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Entre les fils du télégraphe / Un pierrot siffle son refrain. …
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Au bord de l’étang, le petit renardeau / Suit à pas de loup sa mère la renarde, …
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C’était un vieux penseur madré, / Un voyant quelque peu lettré, …
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Puis-je te célébrer autant que je le dois, / Cher interlocuteur au langage mystique ? …
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Dans la grande chênaie, à l’ombre du coteau, / Je m’en vais en fumant, seul, à pas de tortue, …
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Que ce pâtre à jambe de bois / Est donc vieux malgré son jeune âge ! …
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Fantastiques d’aspect sous leur noire capote, / Mais, très humaines par leurs caquets superflus, …
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Une nuit, dans un vieux cimetière pas riche, / Ivre, le père Éloi, sacristain-fossoyeur, …
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Nez plat, grosse bouche en fer d’âne, / Et, sous les pommettes deux creux …
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Mon liège fait plus d’un plongeon / Dans l’onde au lit de sable fin. …
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Ce rasoir où la rouille a laissé son vestige / Par le seul souvenir arrive à me troubler, …
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Ma chatte avait peur de cet énorme rat / Qui toutes les nuits dévalisait l’armoire, …
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Dans un creux sauvage et muet / Qui n’est pas connu du bluet …
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Fixe, de la queue à la tête, / La truie est là sur les cailloux. …
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Plus de brise folle / Sur les talus : …
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Tenez ! fit le soulard à bonnet de coton, / Allumant ses yeux ronds dans sa figure en poire, …
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Flac ! le rasoir au dos de plomb / Vient de crouler comme une masse ! …
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Tout à l’heure, sous les éclats / Et les souffles de la tempête, …
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Voûté haut sur la grande chèvre / Enchaînant un frêne équarri, …
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Le silence est l’âme des choses / Qui veulent garder leur secret. …
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On scrute leur portrait, espérant qu’il en sorte / Un cri qui puisse enfin nous servir de flambeau. …
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De grêles horizons noyés d’un brouillard bleu / Et plaquant tout autour leur bordure inégale …
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Sur les rocs, comme au ciel, le monarque du feu / Se donne, ici, libre carrière. …
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Enfin débarrassé du père / Et du grand fils, — vœux triomphants ! — …
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« Encore un clou ! plus qu’un, et ma besogne est faite. / « Je m’en doutais ; c’est drôle et, sans être prophète, …
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« C’est la solitude infinie / Ici chez vous, père Grelet ! …
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Le braconnier ayant lu sur sa vieille ardoise / Que je lui demandais son histoire, sourit, …
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Toute nue, onduleuse et le torse vibrant, / La fleur des lupanars, des tripots et des bouges …
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Le plein midi darde ses flèches / Dans l’air chaud comme une fournaise. …
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Au milieu d’un tunnel profond comme le vide, / Où l’horreur et la nuit pendent leurs attirails, …
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Tombé, le vagabond qui rampe avec effort, / S’arrête et gît, agonisant …
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C’est au fond d’un ravin fantastique et superbe / Où maint rocher lépreux penche et dresse le front : …
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Quand on arrive au Val des Ronces / On l’inspecte, le cœur serré, …
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Le vent d’été baise et caresse / La nature tout doucement : …
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Le petit ver luisant dans l’herbe / S’allume cette fois encor …
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« C’que c’est ! j’me s’rais pas cru r’mariable… / Et v’là que j’trouve un aut’ parti ! …
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Un jour que je pêchais dans sa rivière fraîche, / Assis contre un bouleau qui brandillait au vent, …
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— « Alors, vous avez confiance / Dans les effets du tabac ? — Oui ! » …
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Ce mort qui vient là-bas fut un propriétaire / Qui lui fit dans sa vie autant de mal qu’il put. …
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Trop âgé pour avoir pu suivre le troupeau, / Il était resté là, perdu comme une épave : …
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Ce bon vieux pont, sous ses trois arches, / En a déjà bien vu de l’eau …
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Le plus grand priseur de la terre / Était bien le père Chapu, …
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« C’est par mon métier, dit le vieux pâtre aux traits rudes, / Qu’à forc’ de vous cercler les oreill’ et les yeux, …
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Au fil de l’eau coulant sans bruit, / Triste et beau comme un vieux monarque, …
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L’aveugle, un vrai Goya retouché par la Morgue, / À genoux dans le froid coupant comme une faux, …
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On voit sortir, l'été, par les superbes temps, / Les poitrinaires longs, fluets et tremblotants ; …
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La femme ? une enfant presque, et le mari ? plus vieux. / Mais, tous deux, courts, et roux de chevelures, d’yeux, …
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Le silence et la solitude, / Les ténèbres et le secret …
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Soigné par un malin, le vieux ayant pour tic / De balayer son nez du revers de sa manche …
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« Mais pourquoi voler avec tant de mystère / « Et si longuement dans ces grands corridors ? …
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J’aimais ses cheveux noirs comme des fils de jais / Et toujours parfumés d’une exquise pommade, …
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En plein air, sans une épingle, / Ils aiment à paresser, …
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Non ! Ce n’est pas toujours le vent / Qui fait bouger l’herbe ou la feuille, …
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— « Oh ! chère mignonne, tu saignes ! » / Et je suçai son joli doigt, …
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« On est pourtant ben faits tous les uns comm’ les autres, / Mais, les bourgeois s’ croient pas d’ la mêm’ rac’ que la nôtre ! …
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Maintenant, je suis malheureux / De rencontrer ces fleurs clochettes …
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Au bas d’un vieux mur qui s’écroule, / Par delà fermes et guérets, …
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Les conseillers municipaux / Sont tous attablés à l’auberge. …
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Rasant la mare de leurs ailes / Que le soleil rend irisées, …
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Je les revois à des époques reculées / Ces merveilleuses dents, froides, immaculées, …
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L’été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis, / Avec ce délicat et mystique feuillage …
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Bruns et maigres comme des clous, / Ils m’ont surpris dans la clairière, …
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Ils s’en reviennent de l’école, / Un livre dans leur petit sac. …
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La brise en soupirant caresse l’herbe haute. / Tous les deux, bouche ouverte, ils marchent côte à côte, …
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Fuis la femme, crains la vipère, / En tous lieux, en toute saison, …
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Ils vont la queue en éventail, / À la file, par les sentiers, …
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Les chevelures des amantes / Sont de luxurieux drapeaux …
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Bons petits cheveux si légers, / Jolis petits fils de la Vierge, …
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De la tourterelle au crapaud, / De la chevelure au drapeau, …
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Près d’un champ de folles avoines / Où, plus rouges que des pivoines, …
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Chaque jour dans la basilique / Ils pleurent pour de nouveaux morts, …
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Il fait un froid noir et tout gèle : / Abreuvoir, écluse et ruisseau. …
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Le magique soleil sur les hauteurs pensives / Fait luire et triompher tous ces grands linges blancs …
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Dans la vigne escarpée où maint pommier sauvage / Crispe sur l’horizon ses bras tors et rugueux, …
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Vertigineux géant du désert qu’il écrase, / La tête dans l’azur et le pied dans la mer, …
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Le crâne des souffrants vulgaires / Est un ciel presque jamais noir, …
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Dans les yeux de l’Humanité / La Douleur va mirer ses charmes. …
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Depuis que tu m’as quitté, / Je suis hanté par tes lèvres, …
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Les corneilles et les margots / Adorent ce pacage herbeux. …
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Les marnières mornes et creuses / Sont les gouffres jaunes des champs. …
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Les empoisonneurs et les empoisonneuses / Tireraient parti de ces champignons verts, …
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Tout le sol tondu ras des solitudes plates / Dans un indéfini recul, toujours plus loin, …
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Heureux qui vit sans se connaître / Indéfiniment établi …
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Hugo ! monde farouche ! Etna de poésie ! / Pour l’éteindre, la mer n’aurait pas assez d’eau. …
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I / Roulés par d’antiques déluges …
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Assis le long du mur dans leurs petits fauteuils, / Les deux babys chaussés de bottinettes bleues, …
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Faisant sonner leur gaieté franche / Dans leur beau rire à plein gosier, …
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Tes petits souliers noirs grillés comme une cage / Emprisonnent tes pieds plus vifs que des oiseaux, …
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Ils ont pour promenoir / Des vallons verts et mornes. …
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Par monts, par vaux, près des rivières, / Les frimas font à volonté …
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Venus des quatre coins de l’horizon farouche, / De la cime des pics et du fond des remous, …
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Frissonnantes, ridant leur peau gris-pommelé / Au moindre frôlement des zéphyrs et des mouches, …
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Ces prunelles bleu violet, / Dans le buisson plein de murmures, …
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Les pâquerettes sont en deuil / Depuis que Marguerite est morte. …
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Mon œil halluciné conserve en sa mémoire / Les reflets de la lune et des robes de moire, …
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Ô ma pauvre sagesse, en vain tu te dérobes / Au fluide rôdeur, âcre et mystérieux …
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Par delà les blés noirs, les froments et les seigles, / Loin des terrains boisés, poudreux, herbus et mous, …
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J’ai fait ces vers subtils, polis comme des bagues, / Pour immortaliser la gloire de tes seins …
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Auprès d’une rivière où des broussailles trempent, / Dans des chemins perdus, monticuleux et roux, …
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« Maint’nant, dans les auberg’, i’ n’veul’ plus q’du pain d’riches, / En couronn’, comme en flût’, de tout’ manière… eh bien ! …
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L’un des treize viveurs que la tristesse ronge / Ayant dit : « Voyons donc, qui de nous, l’autre nuit, …
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Ici Pierre, François et le facteur Roland, / En bégaiement, pouvaient s’appeler co… collègues, …
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Qui les planta là, dans ces flaques, / Au cœur même de ces cloaques ? …
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Toc toc ! — L’homme prêtant l’oreille, / Hache en main, guettant scélérat, …
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Fauves, couvrant l’horreur, le mystère et l’ennui, / Tantôt pleines de jour, tantôt pleines de nuit, …
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Le cœur des vierges de vingt ans / Est inquiet comme la feuille, …
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Corolles et boutons de roses, / La fraise et la mousse des bois …
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Partout je les évoque et partout je les vois, / Ces yeux ensorceleurs si mortellement tristes. …
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Tes yeux bleus comme deux bluets / Me suivaient dans l’herbe fanée …
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Ce qui luit dans les yeux des vierges / C’est un songe vague et tremblant, …
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De ses grands yeux chastes et fous / Il ne reste pas un vestige : …
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Au creux de mon abîme où se perd toute sonde, / Maintenant, jour et nuit, je vois luire deux yeux, …
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Les lèvres des femmes pâmées / Ont des sourires qui font peur …
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La belle en larmes / Pleure l’abandon de ses charmes …
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C’était l’heure du rêve et de l’effacement : / Tout, dans la nuit, allait se perdre et se dissoudre ; …
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Elle était toute nue assise au clavecin ; / Et tandis qu’au dehors hurlaient les vents farouches …
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Il était brun, très pâle, et toujours en grand deuil ; / Ses paroles claquaient avec un bruit de flammes, …
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Indépendant d’instinct, d’esprit, d’âme et de fibre / Et rendu toujours plus jugeur sain, penseur libre, …
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Archange féminin dont le bel œil, sans trêve, / Miroite en s’embrumant comme un soleil navré, …
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À la longue, je suis devenu bien morose : / Mon rêve s’est éteint, mon rire s’est usé. …
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Depuis que l’Horreur me fascine, / Je suis l’oiseau de ce serpent. …
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Il marche. — Le soir vient sournois / Dans la grande plaine de vase …
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Loin des oreilles importunes, / Le gars mangeant avec le vieux, …
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Je vais mordre ! Allez-vous-en tous ! / La nuit tombe sur ma mémoire. …
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― On sonna fort. J’allai bien vite ouvrir la porte, / Et je vis un grand coffre horriblement oblong …
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Les Fourmis sont en grand émoi : / L’âme du nid, la reine est morte ! …
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— « Homme ! imagine-toi qu’après un soir d’orgie / Tu rentres chez toi, très joyeux : …
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La Tristesse enfin devient bonne / Quand l’ombre efface le passant …
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Enténébrant l’azur, le soleil et les roses, / Tuant tout, poésie, arômes et couleurs, …
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Nous sommes bien seuls au bas de cette côte ! / Bien seuls ! Et minuit qui tinte au vieux coucou ! …
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L’idiot vagabond qui charme les vipères / Clopine tout le jour infatigablement, …
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Dieu voudrait sauver Lucifer / Qui brûle, depuis tant d’années, …
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Sur la place, entouré des gros bonnets du bourg, / Écoutant l’œil figé, bras pendants, bouche ouverte, …
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Heureux l’homme qui se guérit / De la vénéneuse lecture, …
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L’inclinaison de ce vieux saule / Sur le vieil étang soucieux …
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Ton amour est-il pur comme les forêts vierges, / Berceur comme la nuit, frais comme le Printemps ? …
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Or donc, c’était pendant la messe de minuit : / Tout flamboyait, l’autel, la nef et la tribune, …
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D’un branchu semblant un grand fagot qui s’évase, / Il végète sa mort — à jamais défeuillé ; …
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Elle voyage à sa façon / Autour d’un petit rocher maigre ; …
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Le petit écureuil fait de la gymnastique / Sur un vieux chêne morne où foisonnent les guis. …
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Au soleil bas, l’église a saigné derechef ; / Puis, sa clarté se perd, se rencogne, s’élague, …
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Quand on aura fermé ma bière / Comme ma bouche et ma paupière, …
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Plein de très vieux poissons frappés de cécité, / L'étang, sous un ciel bas roulant de sourds tonnerres, …
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Fuis l’étang du mauvais pas, / Crains l’ogre qu’on y soupçonne, …
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À force de songer, je suis au bout du songe ; / Mon pas n’avance plus pour le voyage humain, …
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Des ruisseaux un déluge a fait de lourds torrents / Qui roulent, pêle-mêle, écumeux, dévorant …
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Ma vieille canne au bout ferré, / Tu supportes ma lassitude ! …
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Quand j’ai ma pipe en merisier, / Toute mon âme se parfume ; …
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Mademoiselle Squelette ! / Je la surnommais ainsi : …
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Béant, je regardais du seuil d’une chaumière / De grands sites muets, mobiles et changeants, …
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Crachant au monde qu’il effleure / Sa bourdonnante vanité, …
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Elles grincent, mes girouettes, / Sur le pauvre toit en lambeaux. …
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Le jour comme à minuit / Je fume. …
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Quel poèle évoquera le rose des bruyères, / Le lézard des vieux murs, la mouche des étangs, …
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C’est l’éternelle Dame en blanc / Qui voit sans yeux et rit sans lèvres, …
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Tandis que dans l’air lourd les follets obliques / Vaguent perfidement au-dessus des trous, …
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Les taureaux, au parfum / De la mousse, …
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Ô mains d’ambre rosé, mains de plume et d’ouate / Où tremble autant d’esprit que sur la lèvre moite, …
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Sur les petits chênes trapus / Voici qu’enfin las et repus …
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Le torrent a franchi ses bords / Et gagné la pierraille ocreuse ; …
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Déjà cette prairie en commençant l’hiver / Étendait son tapis d’herbe courte et fripée, …
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Après une chaleur si dure / Tout se rafraîchit pour l’instant. …
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Portant sur lui de grosses sommes, / Tard, le maquignon s’en revient, …
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Les marguerites de la haie / Entourent, pleines de pitié, …
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C’est l’heure où la nuit fait avec l’aube son troc. / Dans un pays lugubre, en sa plus morne zone, …
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Dans le crépuscule d’automne / Ils reviennent, les petits veaux : …
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Des pêchers roses, tous en chœur / Embaument les vignes désertes ; …
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Un jour qu’avec sollicitude / Des habitants d’une cité …
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Sur l’eau d’un vitreux mat, vert bouteille foncé, / Des ronds, comme au compas, sont tracés par la pluie, …
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Mère des cauchemars amoureux et funèbres, / Madone des voleurs, complice des tripots, …
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Tandis qu’au soleil lourd la campagne d’automne / Filait inertement son rêve de stupeur, …
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Dans ce pays lugubre et si loin de la foule, / Un cimetière d’autrefois, …
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L’orage, après de longs repos, / Ce soir-là, par ses deux suppôts, …
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Mon sentiment s’écroule et tombe, / L’indifférence me remplit, …
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Voilà ce que me dit en reniflant sa prise / Le bon vieux laboureur, guêtré de toile grise, …
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Au cabaret, un jour de grand marché forain, / Un bel ivrogne, pâle, aux longs cheveux d’artiste, …
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Toujours la longue faim me suit comme un recors ; / La ruelle sinistre est mon seul habitacle ; …
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La Justice tardant à faire la levée / Du cadavre lardé de coups, …
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Arqué haut sur les monts et d’un bleu sans nuages / Qu’un triomphant soleil embrase éblouissant, …
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Autrefois, un pauvre arbre, au coin d’une prairie, / M’avait toujours frappé les yeux …
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Le soir, la solitude et la neige s’entendent / Pour faire un paysage affreux de cet endroit …
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Le cadavre du grand cheval / Traîné par deux bœufs, dans la nuit, …
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Il m’a déshabillée avec ses chauds regards, / Et j’ai senti crouler tout mon rempart de linge, …
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L’Enfer brûle, brûle, brûle. / Ricaneur au timbre clair, …
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Dans les herbes onduleuses / Le zéphyr plus fraîchement …
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Le malheureux ver de terre / Vit sans yeux, sans dents, tout nu, …
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De violette et de cinname, / De corail humide et rosé, …
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Puisqu’un irrésistible appeau / Attire à toi toute mon âme, …
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Je te mets en capilotade / Si je te prends à batailler : …
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Parmi châtaigniers et genêts / Où s’émouchaient, sans pouvoir paître, …
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Argile toujours vierge, inburinable airain, / Magicien masqué plus tyran que la femme, …
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Es-tu femme ou statue ? Hélas ! j’ai beau m’user / Par les raffinements inouïs que j’invente …
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À quoi pense la Nuit, quand l’âme des marais / Monte dans les airs blancs sur tant de voix étranges, …
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Hors de Paris, mon cœur s’élance, / Assez d’enfer et de démons : …
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J’aime tes longs cheveux et tes pâles menottes, / Tes petits pieds d’enfant, aux ongles retroussés, …
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« Ça vous surprend que j’fume, et que j’prise, et que j’chique ? / Vous vous dit’ que pour moi qu’a besoin d’épargner …
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Je vis un gros corbeau, déployant son orgueil, / Qui jouait de la griffe et claquetait des ailes …