Isaac Habert
1560–1615
Poems (22)
- A l'ombre des myrtes vertsSur un lit fait de fleurettes,
- A la merci des vents, des flots, et de l'orageJe vogue sur la mer de peine et de douleur,
- Ah ! ne me baisez plus, ah ! mon coeur, je me meursDoucement je languis, doucement je me pâme,
- Ah ! que je suis fâché ! maudit soit le réveilQui me prive du bien dont j'avais jouissance
- Amour m'a découvert une beauté si belleQue je brûle et englace et en me consumant
- Celui ne suis-je point, divine chasseresseQui veneur effronté t'aperçut dedans l'eau,
- Cheveux crêpes et longs où mon coeur se désireAise d'être enlacé d'un ferme enlacement,
- Dieu ! que je suis heureux quand je baise à loisirLe pourpre soupirant de tes lèvres mollettes,
- J'ai cette nuit goûté les plus douces douceursDu breuvage des dieux, de la manne prisée,
- J'avais longtemps erré par les sombres désertsTriste, morne et pensif, privé de la lumière,
- Je suis si transporté d'aise et d'étonnementQuand j'entre dans ces bois, les loges éternelles
- Je te dois bien aimer, ô déesse InconstanceCar tu m'as déchargé du faix de mes douleurs,
- L'on ne voit rien que feux, l'air est tout enflamméSur les feux de la Saint-Jean
- Le pourtraictPeintre, avant que d'oser pourtraire
- Mon dieu ! que de plaisir il y a de songer !J'ai songé cette nuit, ô ma chère maîtresse,
- Nuit fille de la terre, amène tes flambeauxEt ton silence coi, et des hauts monts descendre
- Quand le clair Apollon tire son char des eauxÀ sa Dame
- Que des sombres Enfers les tremblantes horreursViennent m'environner, les cavernes affreuses,
- Quelle horreur, quel effroi, quel brouillard, quelle nuitS'amasse sur ce lieu privé de la lumière !
- Sisyphe malheureux, Ixion et TantalePour leurs fraudes, larcins, et leurs iniquités,
- Sur la sombre minuit qu'une liqueur mielléeAvait sillé mes yeux d'un paresseux sommeil,
- Viens, ma belle Florelle, où l'ombre noir trembloteSur les bords mousselus des antres ténébreux.