• XXIII

    À quoi je songe ? — Hélas ! loin du toit où vous êtes,
    Enfants, je songe à vous ! à vous, mes jeunes têtes,
    Espoir de mon été déjà penchant et mûr,
    Rameaux dont, tous les ans, l’ombre croît sur mon mur,
    Douces âmes à peine au...

  • Est-il rien de plus vain qu’un songe mensonger,
    Un songe passager vagabond et muable ?
    La vie est toutefois au songe comparable
    Au songe vagabond muable et passager :
     
    Est-il rien de plus vain que l’ombrage leger,
    L’ombrage remuant, inconstant, et peu stable ?
    La vie est toutefois à l’ombrage semblable
    À l’ombrage tremblant sous l’arbre d’un...

  • Est-il rien de plus vain qu’un songe mensonger
    Un songe passager, vagabond et muable ?
    La vie est toutefois au songe comparable,
    Ausonge vagabond, muable et passager ;

    Est-il rien de plus vain que l’ombrage léger,
    L’ombrage remuant, inconstant et peu stable ?
    La vie est toutefois à l’ombrage semblable,
    À l’ombrage tremblant sous l’arbre d’un verger...

  • Je songe à ce jour-là où vous me confierez
    votre pudeur pareille au muguet-des-forêts.

  • Emporté ce matin par un dernier sommeil,
    Je guidais, dans mon rêve, un quadrige en ivoire ;
    Ce char resplendissant trouble encore ma mémoire,
    Avec ses chevaux blonds, tels que ceux du soleil.

    Au Dieu qui fait le jour je me trouvais pareil :
    Tous les crins rayonnaient pour m’aider à le croire,
    Et, voltigeant vers moi, m’entouraient d’une gloire ;
    Mais...

  • Je suis étendu dans la boue,
    Incapable de faire un pas ;
    Il viendrait la plus lourde roue
    Que je ne me bougerais pas.

    Contre un poteau mon front s’appuie ;
    En haut un homme est empalé.
    Mordant mes haillons, une truie
    Pousse un grognement désolé.

    De l’eau tombe, froide et gluante,
    D’un ciel noir comme le remords ;
    Une vermine...

  •  
    A sad tale’s best for winter ;
    I have one of spirits and goblins.
    Shakspere, Winter’s tale. Act.II, scène I.

    I

    Dans nos longs soirs d’hiver, où, chez le bon Armand,
    Dans notre farniente adorable et charmant
             On oubliait le monde aride,
    Vous demandiez pourquoi sur mon front fatigué,
    Au milieu des éclats du...

  • Le palais de l’empereur. — Au fond, un jardin derrière une colonnade.

    SCÈNE PREMIÈRE ― CHŒUR DE GUERRIERS, CHŒUR DE JEUNES FILLES.

    CHŒUR DES JEUNES FILLES.

    Guerriers, d’où venez-vous ? Pendant ces jours de fête,
    Quel heureux sort vous ramène en ces lieux ?
    Quelle main triomphante a sur vos nobles têtes
    Posé ces lauriers...

  •  
    ENDYMION.

    Dans la mer d’Hespérie aux vagues empourprées
    Hélios éteint ses flammes sacrées.
    Pan, le divin pasteur, de sa flûte aux sept voix
    Apaise lentement l’harmonieuse plainte,

    Et, sous les dômes verts des antres d’Aracinthe,
    S’endorment on paix les grands cerfs des bois.

    Nul n’ira plus troubler leur paisible retraite ;
    La Dryade,...

  •  

    À d’autres les ciels bleus ou les ciels tourmentés,
    La neige des hivers, le parfum des étés,
    Les monts où vous grimpez, fiertés aventurières
    Des Anglaises. Mes yeux aiment mieux les clairières
    Où la charcuterie a laissé ses papiers,
    Les sentiers où l’on sent encor l’odeur des pieds
    Des soldats avec leurs payses, la presqu’île
    De Gennevilliers...