Christofle de Beaujeu
1550–1600
Poems (20)
- Absence, Absence, Absence, ô cruelle divorcePitié des affligés, maison d'obscurité,
- Ganymède, Uranie, Io, Laède, LéandreEron, Mirre, Énée, Taonyce, Thétis,
- Ha ! coeur que j'aimais tant, et qui m'as tant aiméeTu mérites mon coeur, un si riche cercueil :
- Je meurs, ô doux baisers, et sens dedans mon âmeÉteindre mon amour, brandon après brandon,
- Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisanteD'un beau rang de sapins, tout seul se promenait,
- L'on a blâmé Ronsard d'avoir, vieil sacrilègeUn noir bouc immolé, l'ayant voulu aimer ;
- L'âme qui en secret voit enterrer son corpsFait tout ce qu'elle peut pour en montrer la place,
- Le corps pâle brûlé au bûcher domestiqueContent de l'Achéron en sa chère moitié,
- Le soir, au son bruyant des cloches étourdiesQui de leurs premiers cris font émouvoir les cieux,
- Misérable désert en glaces éternellesFigure des enfers et séjour des démons,
- Que n'ai-je comme BacchusCette puissance divine !
- Sache que Palinure enseigna son vestigeAu Prince, descendu sur les stygiens bords,
- Source de mes pleurs, arrêtezEn ce lieu votre vite course,
- Tu as beau me baiser, inconstante meurtrièreSi j'oublie les mots que j'endure pour toi,
- Une belle lingère, au son de mes soupirsCruelle, allait taillant de linoupe une fraise.
- Vous qui n'ensorcelez les troupes vagabondesMais toujours tourmentés, endurez tant de maux,
- Vous qui sans corps, Démons, errez en FranceLaissez ici reposer doucement
- Ô belle Nuit, tu es évanouieOù sont logés tes chevaux furieux
- Ô Nuit où je me perds, ténèbre affreux et sombrePourquoi durez-vous tant ? Faites place aux flambeaux
- Ô regards ensouffrés, yeux de lynx homicidesQui tirez vos amis, leur brûlant âme et coeurs,