• III

    Par une sérénade on fête ma clémence.
    A mort ! est le refrain de la douce romance.
    Les journaux prêtres font un vacarme effrayant.
    - Cet homme ose défendre un ennemi fuyant !
    Quelle audace ! il nous croit honnêtes ! il nous brave ! -
    Les maîtres ont la rage et les valets la bave.
    Meute de sacristains, meute de...

  •  
    S’il vous fallait un cœur, mignonne,
    Un cœur pour vous aimer beaucoup,
    Le mien n’appartient à personne,
    Il vous aime par dessus tout.

    S’il vous fallait un cœur, mignonne,
    Un cœur à vous, tout entier
    Le mien n’appartient à personne
    Un mot de vous peut le lier.

    S’il vous fallait un cœur, mignonne,
    Un cœur pour vous en amuser
    ...

  • Les musiciens.

    Le soir a tendu ses voiles.
    Éveillons, à petit bruit,
    La plus blanche des étoiles
    Qui manque au front de la nuit.

    Un chanteur.

    J’ai dans mon cœur une belle
    Que j’adore nuit et jour ;

    Une lampe est devant elle,
    La lampe de mon amour !

    Dans cette chapelle austère
    Que desservent mes douleurs,...

  • Sur le balcon où tu te penches
    Je veux monter… efforts perdus !
    Il est trop haut, et tes mains blanches
    N’atteignent pas mes bras tendus.

    Pour déjouer ta duègne avare,
    Jette un collier, un ruban d’or ;
    Ou des cordes de ta guitare
    Tresse une échelle, ou bien encor…

    Ôte tes fleurs, défais ton peigne,
    Penche sur moi tes cheveux longs,...

  •  
    — Oh ! quel doux chant m’éveille ?
    — Près de ton lit je veille,
    Ma fille ! et n’entends rien...
    Rendors-toi, c’est chimère !
    — J’entends dehors, ma mère,
    Un chœur aérien !...

    — Ta fièvre va renaître.
    — Ces chants de la fenêtre
    Semblent s’être approchés.
    — Dors, pauvre enfant malade,
    Qui rêves sérénade...
    Les galants...

  • Comme la voix d’un mort qui chanterait
    Du fond de sa fosse,
    Maîtresse, entends monter vers ton retrait
    Ma voix aigre et fausse.

    Ouvre ton âme et ton oreille au son
    ...

  •  

    QUE s’éteignent les gaîtés,
    Que cesse le rire !
    ― C’est la musique. Écoutez !
    Comme dit Shakespeare.

    Sous le ciel nocturne, allons,
    Pour la mieux entendre.
    Pianissimo, violons !
    Jouez un air tendre.

    Un voyage au pays bleu,
    Je vous en supplie !
    Un peu de mystère ! Un peu
    De mélancolie !

    Au bras de...

  • Hier comme aujourd'hui, ce soir comme demain,
    Je t'adore !
    Quand je vois ton regard, quand je frôle ta main,
    C'est l'aurore !
    Qui donc nous avait dit que le monde est méchant,
    Que l'on souffre,
    Que la vie est un pont qui tremble, se penchant
    Sur un gouffre ?
    Où donc sont les ennuis, les erreurs, les dangers,
    Les désastres ?
    Avril gazouille et...

  • Sur le balcon où tu te penches
    Je veux monter... efforts perdus !
    Il est trop haut, et tes mains blanches
    N'atteignent pas mes bras tendus.

    Pour déjouer ta duègne avare,
    Jette un collier, un ruban d'or ;
    Ou des cordes de ta guitare
    Tresse une échelle, ou bien encor...

    Ôte tes fleurs, défais ton peigne,
    Penche sur moi tes cheveux...

  • Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent,
    Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.

    Vous tombez au jardin de rêve où je m'en vais,
    Où je vais, les cheveux au vent des jours mauvais.

    Vous tombez de l'intime arbre blanc, abattues
    Çà et là, n'importe où, dans l'allée aux statues.

    Couleur des jours anciens, de mes robes d'enfant...