Marc de Papillon de Lasphrise
1555–1599
Poems (27)
- Afin qu'amour-oiseau ne soit plus si volageJe veux qu'il ait la forme ores d'un Papillon,
- Avant que d'adorer le ciel de vos beautésD'un clin d'oeil triplement j'aperçus d'aventure
- Comme un corps féminin que la mère NatureN'a point favorisé de présent gracieux
- Cousinons la cousine, elle est cointe et jolieElle aime à cousiner, et ne refuse rien
- Ha Dieu ! que j'ai de bien alors que je baisotteMa jeune folion dedans un riche lit
- J'aime bien le savoir, bien que je n'aime à lireJ'aime beaucoup la guerre et la douce santé,
- J'aime tant ce parler bégayement mignardQui sent encor le lait d'une voix enfantine,
- Je l'oeilladais mi-nue, écheveléePar un pertuis dérobé finement,
- Je penserai plutôt la mer non variableLe beau printemps sans fleurs, le mois d'août sans moissons,
- Je voudrais bien, pour m'ôter de misèreBaiser ton oeil - bel Astre flamboyant.
- La honte à l'oeil baissé ne me fera point taireJe ne craindrai l'orgueil du causeur affeté,
- M'amour, tu as trahi ma jeunesse peu cauteJe brûle t'oeilladant, certes je n'en puis plus !
- Mais quelle aveugle loi tellement te maîtriseDe prendre un voile noir, égarant tes beaux yeux
- N'oser aimer celui, doué de bonne grâceQui est à ses amis sans artifice aucun,
- Pourquoi négliges-tu l'extrême affectionDont je te veux servir, ma gente Théophile ?
- Qu'en dites-vous, mon Coeur ? Je vous prie de le direQuoi ? vous rêvez, ce semble, ô quelle étrange humeur !
- Quand viendra l'heureux temps que je sacrifiréMon corps sur votre autel que saint Désir dédie,
- Que ne suis-je échangé en précieuse pluieJ'assoupirai Éole en sa prison soufflant !
- Quoi ! qu'est-ce que ceci ? ma mignonne, es-tu folle ?Ne te moques-tu point ? penses-tu apaiser
- Si l'amour ne paraît à mes désirs constantIl n'en faut s'étonner. Le monde est variable,
- Si les pleurs douloureux, si les tristes complaintesSi les mortels sanglots, si les regrets cuisants,
- Sonnet des gestes des DamesS'habiller bravement, s'ombrer de fards menteurs,
- Sur ses ailes, Amour, d'un vol plein de vitesseSans donner à mon âme un moment de repos,
- Ton poil, ton oeil, ta main, crêpé, astré, polieSi blond, si bluettant, si blanche, alme beauté,
- Ton voile noir te fait approuver feinteIl te déguise en cachant tes beaux yeux,
- Un jour le Ciel était superbement émuQuand l'odorante Flore étale sa richesse :
- Ô belle Noémie, approche, embrasse-moiEt ne m'allègue plus ma sainte ardeur éprise,