José-Maria de Heredia
1842–1905
José-Maria de Heredia (1842–1905) was a French poet born in Cuba, one of the masters of the Parnassian movement. He moved to France as a young man, studied at the École des chartes and became a close disciple of Leconte de Lisle.
His single collection, Les Trophées (1893), is made up mainly of 118 sonnets that evoke history from ancient Greece and Rome to the conquistadors (“Les Conquérants”). Their perfect form made him famous, and he was elected to the Académie française in 1894.
Best-known poems
-
Les Conquérants
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines … -
Le Tepidarium
La myrrhe a parfumé leurs membres assouplis ;
Elles rêvent, goûtant la tiédeur de décembre,
Et le brasier de bronze illuminant la chambre … -
Le Coureur
Tel que Delphes l’a vu quand, Thymos le suivant,
Il volait par le stade aux clameurs de la foule,
Tel Ladas court encor sur le socle qu’il foule … -
Pégase
Voici le Monstre ailé, mon fils, lui dit la Muse.
Sous son poil rose court le beau sang de Méduse ;
Son œil réfléchit tout l’azur du ciel natal, … -
Plus Ultra
L’homme a conquis la terre ardente des lions
Et celle des venins et celle des reptiles,
Et troublé l’Océan où cinglent les nautiles … -
La Sieste
Pas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil …
All poems (191)
A 25
- A Claudius PopelinDans le cadre de plomb des fragiles verrières,
- À Claudius PopelinDans le cadre de plomb des fragiles verrières,
- A Hermès CriophorePour que le compagnon des Naïades se plaise
- A SextiusLe ciel est clair. La barque a glissé sur les sables.
- À SextiusLe ciel est clair. La barque a glissé sur les sables.
- A un fondateur de villeLas de poursuivre en vain l'Ophir insaisissable,
- À un Fondateur de villeLas de poursuivre en vain l’Ophir insaisissable,
- À un fondateur de villeLas de poursuivre en vain l’Ophir insaisissable,
- À un PoèteTu vivras toujours jeune, et grâce aux Piéride
- A un triomphateurFais sculpter sur ton arc, Imperator illustre,
- À un TriomphateurFais sculpter sur ton arc, Imperator illustre,
- A une ville morteCartagena de Indias.
- À une Ville morteMorne Ville, jadis reine des Océans
- Andromède au MonstreLa Vierge Céphéenne, hélas ! encor vivante,
- Antoine et CléopâtreTous deux ils regardaient, de la haute terrasse,
- Après CannesUn des consuls tué, l’autre fuit vers Linterne
- Ar-MorPour me conduire au Raz, j’avais pris à Kerhor
- ArianeAu choc clair et vibrant des cymbales d’airain,
- ArianeAu choc clair et vibrant des cymbales d’airain,
- ArmorPour me conduire au Raz, j’avais pris à Trogor
- ArtémisL’âcre senteur des bois montant de toutes parts,
- ArtémisL’âcre senteur des bois montant de toutes parts,
- Au même (A un fondateur de ville)Qu'ils aient vaincu l'Inca, l'Aztèque, les Hiaquis,
- Au tragédien E. Rossiaprès une récitation de Dante
- Aux montagnes divinesGlaciers bleus, pics de marbre et d'ardoise, granits,
B 6
- BacchanaleUne clameur immense épouvante le Gange.
- BacchanaleUne brusque clameur épouvante le Gange.
- Blason célesteJ’ai vu parfois, ayant le ciel bleu pour émail,
- Blason célesteJ'ai vu parfois, ayant tout l'azur pour émail,
- BretagnePour que le sang joyeux dompte l'esprit morose,
- Brise marineL'hiver a défleuri la lande et le courtil.
C 3
E 10
- ÉmailLe four rougit ; la plaque est prête. Prends ta lampe.
- Entre donc. Mes piliers…Entre donc. Mes piliers sont fraîchement crépis,
- Epigramme funéraireIci gît, Étranger, la verte sauterelle
- Épigramme funéraireIci gît, Étranger, la verte sauterelle
- Epigramme votiveAu rude Arès ! A la belliqueuse Discorde !
- Épigramme votiveAu rude Arès ! À la belliqueuse Discorde !
- ÉpiphanieDonc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages,
- ÉpiphanieDonc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages,
- ÉpitapheSuivant les vers de Henry III.
- Et la foule grandit…Et la foule grandit plus innombrable encor.
F 6
- Fleur séculaireSur le roc calciné de la dernière rampe
- Fleur séculaireDans le roc calciné, sur la dernière rampe
- Fleurs de feuBien des siècles depuis les siècles du Chaos,
- Fleurs de feuBien des siècles depuis les siècles du Chaos,
- Floridum MareLa moisson débordant le plateau diapré
- Fuite de CentauresIls fuient, ivres de meurtre et de rébellion,
H 7
- Hercule et AntéeTrois fois il a tendu sa jambe horrible et torse,
- Hortorum DeusInterque cunctos ultimum Deos omen.
- Hortorum Deus (I)Olim truncus eram ficulnus.
- Hortorum Deus (II)Hujus nam domini colunt me Deumque salutant.
- Hortorum Deus (III)Ecce villicus Venit...
- Hortorum Deus (IV)Mihi corolla picta vere ponitur.
- Hortorum Deus (V)Rigetque dura barba juncta crystallo.
J 4
L 85
- L'ancêtreA Claudius Popelin.
- L'épéeCrois-moi, pieux enfant, suis l'antique chemin.
- L'esclaveTel, nu, sordide, affreux, nourri des plus vils mets,
- L'estocAu pommeau de l'épée on lit : Calixte Pape.
- L'exiléeDans ce vallon sauvage où César t'exila,
- L'oubliLe temple est en ruine au haut du promontoire.
- La belle violeA vous trouppe légère
- La CentauresseJadis, à travers bois, rocs, torrents et vallons
- La ChasseLe quadrige divin, en de hardis élans,
- La ChasseLe quadrige, au galop de ses étalons blancs,
- La ConqueOh ! qui dira jamais, conque fine et nacrée,
- La ConquePar quels froids Océans, depuis combien d’hivers,
- La Détresse d’AtahuallpaAprès que Balboa, menant son bon cheval
- La DogaresseLe palais est de marbre où, le long des portiques,
- La DogaresseLe palais est de marbre, où sous de hauts portiques
- La FileuseElle est morte Platthis, morte la bonne vieille
- La FlûteVoici le soir. Au ciel passe un vol de pigeons.
- La Jeune MorteQui que tu sois, Vivant, passe vite parmi
- La lune sur le Nil…La lune sur le Nil, splendide et ronde, luit.
- La MagicienneEn tout lieu, même au pied des autels que j’embrasse,
- La MagicienneEn tous lieux, même au pied des autels que j’embrasse,
- La Messe noireÀ Félicien Rops.
- La mort de l'aigleQuand l'aigle a dépassé les neiges éternelles,
- La Mort de L’AigleQuand l’aigle a dépassé les neiges éternelles,
- La Mort d’AgamemnonDans le fond du palais, sur sa couche d’airain,
- La naissance d'AphroditéAvant tout, le Chaos enveloppait les mondes
- La Naissance d’AphroditéAvant tout, le Chaos enveloppait les mondes
- La Prière du MortArrête ! Écoute-moi, voyageur. Si tes pas
- La Revanche de Diego LaynezCe soir, seul au haut bout, car il n’a pas d’égaux,
- La SiestePas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude.
- La SiestePas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude,
- La sourceL'autel gît sous la ronce et l'herbe enseveli ;
- La TrebbiaL’aube d’un jour sinistre a blanchi les hauteurs.
- La Vie des mortsLorsque la sombre croix sur nous sera plantée,
- La Vie des MortsLorsque la sombre croix sur nous sera plantée,
- La Vision de KhèmI
- La Vision d’AjaxC’est Elle ! Je la vois, dans la nuit étoilée,
- Le bainL'homme et la bête, tels que le beau monstre antique,
- Le bain des nymphesC'est un vallon sauvage abrité de l'Euxin ;
- Le ChevrierO berger, ne suis pas dans cet âpre ravin
- Le CocherÉtranger, celui qui, debout au timon d’or,
- Le CoureurTel que Delphes l’a vu quand, Thymos le suivant,
- Le CydnusSous l’azur triomphal, au soleil qui flamboie,
- Le DaïmioSous le noir fouet de guerre à quadruple pompon,
- Le Dieu HêtreLe Garumne a bâti sa rustique maison
- Le Huchier de NazarethLe bon maître huchier, pour finir un dressoir,
- Le KratèrCe sont des vases peints, Étranger curieux,
- Le laboureurLe semoir, la charrue, un joug, des socs luisants,
- Le LitQu’il soit encourtiné de brocart ou de serge,
- Le naufragéAvec la brise en poupe et par un ciel serein,
- Le PrisonnierLà-bas, les muezzins ont cessé leurs clameurs,
- Le PrisonnierLà-bas, les muezzins ont cessé leurs clameurs.
- Le ravissement d'AndromèdeD'un vol silencieux, le grand Cheval ailé
- Le Ravissement d’AndromèdeD’un vol silencieux, le grand Cheval ailé
- Le Récif de corailLe soleil sous la mer, mystérieuse aurore,
- Le réveil d'un dieuLa chevelure éparse et la gorge meurtrie,
- Le Réveil d’un DieuLa chevelure éparse et la gorge meurtrie,
- Le Réveil d’un DieuLa chevelure éparse et la gorge meurtrie,
- Le SamouraïD’un doigt distrait frôlant la sonore bîva,
- Le Serrement de mainsSongeant à sa maison, grande parmi les grandes,
- Le TepidariumLa myrrhe a parfumé leurs membres assouplis :
- Le TepidariumLa myrrhe a parfumé leurs membres assouplis ;
- Le ThermodonVers Thémiscyre en feu qui tout le jour trembla
- Le Tombeau du ConquérantÀ l’ombre de la voûte en fleur des catalpas
- Le Triomphe du CidLes portes du palais s’ouvrirent toutes grandes,
- Le VaseL’ivoire est ciselé d’une main fine et telle
- Le VaseL’ivoire est ciselé d’une main fine et telle
- Le vieil OrfèvreMieux qu’aucun maître inscrit au livre de maîtrise,
- Le voeuJadis l'Ibère noir et le Gall au poil fauve
- Les bergersViens. Le sentier s'enfonce aux gorges du Cyllène.
- Les ConquérantsComme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
- Les Conquérants de l’OrAprès que Balboa menant son bon cheval
- Les Fleuves d’ombre... Et quos fumantia torquens
- Les FunéraillesVers la Phocide illustre, aux temples que domine
- Les FunéraillesVers la Phocide illustre, aux temples que domine
- Les RostresFranchis l’arc triomphal qui croulera demain
- Les ScaligerDans Vérone, la belle et l’antique guerrière,
- LupercusLupercus, du plus loin qu’il me voit : — Cher poète,
- L’AncêtreLa gloire a sillonné de ses illustres rides
- L’AncêtreLa gloire a sillonné de ses illustres rides
- L’Enlèvement d’AntiopeTel qu’un aigle élancé du plus noir firmament,
- L’ÉpéeCrois-moi, pieux enfant, suis l’antique chemin.
- L’EstocAu pommeau de l’épée on lit : Calixte Pape.
- L’ExiléeDans ce vallon sauvage où César t’exila,
- L’OubliLe temple est en ruine au haut du promontoire.
M 7
- Maris StellaSous les coiffes de lin, toutes, croisant leurs bras
- MarsyasLes pins du bois natal que charmait ton haleine
- MédailleSeigneur de Rimini, Vicaire et Podestà,
- Médaille antiqueL’Etna mûrit toujours la pourpre et l’or du vin
- Mer montanteLe soleil semble un phare à feux fixes et blancs.
- Michel-AngeCerte, il était hanté d'un tragique tourment,
- Midi. L’air brûle…Midi. L’air brûle, et sous la terrible lumière
N 4
P 8
- PanA travers les halliers, par les chemins secrets
- PanA travers les halliers, par les chemins secrets
- PégaseVoici le Monstre ailé, mon fils, lui dit la Muse.
- Persée et AndromèdeAu milieu de l’écume arrêtant son essor,
- Plus ultraL’homme a conquis la terre ardente des lions
- Plus UltraL’homme a conquis la terre ardente des lions
- Pour le Vaisseau de VirgileQue vos astres plus clairs gardent mieux du danger,
- ProméthéeQuand le Titan roula des voûtes immortelles,
Q 1
R 3
S 14
- Salut à l’EmpereurPax et Robur.
- Soir de BatailleLe choc avait été très rude. Les tribuns
- Soleil couchantLes ajoncs éclatants, parure du granit,
- Soleil couchantLes ajoncs éclatants, parure du granit,
- SphinxAu flanc du Cithéron, sous la ronce enfoui,
- StymphaleEt partout devant lui, par milliers, les oiseaux,
- Suivant PétrarqueVous sortiez de l’église et, d’un geste pieux,
- Sur l'OthrysL'air fraichit. Le soleil plonge au ciel radieux.
- Sur le Livre des Amours de Pierre de RonsardJadis plus d’un amant, aux jardins de Bougueil,
- Sur le Pont-VieuxLe vaillant Maître Orfévre, à l’œuvre dès matines,
- Sur le Pont-VieuxLe vaillant Maître Orfèvre, à l’œuvre dès matines,
- Sur l’OthrysL’air fraîchit. Le soleil plonge au ciel radieux.
- Sur un buste de PsychéAu fond du parc désert d’un palais très lointain
- Sur un Marbre briséLa mousse fut pieuse en fermant ses yeux mornes ;
T 1
U 1
V 6
- Vélin doréVieux maître relieur, l’or que tu ciselas
- VendangeLes vendangeurs joyeux ayant rompu leurs lignes,
- VendangeLes vendangeurs lassés ayant rompu leurs lignes,
- VillulaOui, c’est au vieux Gallus qu’appartient l’héritage
- Villula (Gallus)Oui, c'est au vieux Gallus qu'appartient l'héritage
- VitrailCette verrière a vu dames et hauts barons