• O que j’ayme la solitude !
    Que ces lieux sacrez à la nuit,
    Esloignez du monde et du bruit,
    Plaisent à mon inquietude !
    Mon Dieu ! que mes...

  • Il faut finir mes jours en l’amour d’Uranie !
    L’absence ni le temps ne m’en sauraient guérir,
    Et je ne vois plus rien qui me pût secourir,
    Ni qui sût rappeler ma liberté bannie.

    Dès longtemps je connais sa rigueur infinie !
    Mais, pensant aux beautés pour qui je dois périr,
    Je bénis mon martyre et, content de mourir,
    Je n’ose murmurer contre sa...

  • Seve qui peins l’objet dont mon cœur suit la loy,
    Son pouvoir sans ton art assez loin peut s’estendre ;

    Laisse en paix l’Univers, ne luy va point apprendre
    Ce qu’il faut ignorer si l’on vent estre à soy.

    Aussi bien manque-t-il icy ie ne sçais quoy
    Que tu ne peus tracer, ny moy te faire entendre ;
    J’en conserve les traits qui n’ont rien que de tendre ;...

  •  
     
    C’est toi qui me rends à moi-même ;
    Tu calmes mon cœur agité ;
    Et de ma seule oisiveté
    Tu me fais un bonheur extrême.
     
    Parmi ces bois et ces hameaux
    C’est là que je commence à vivre ;
    Et j’empêcherai de m’y suivre
    Le souvenir de tous mes maux.
     
    Emplois, grandeurs tant désirées,
    J’ai connu vos illusions ;
    ...

  • Le destructeur impitoyable
    Des marbres et de l’airain,
    Le Temps, ce tyran souverain
    De la chose la plus durable,
    Sappe sans bruit le fondement
    De notre fragile machine ;
    Et je ne vis plus un moment
    Sans sentir quelque changement
    Qui m’avertit de sa ruine.

          Je touche aux derniers momens
          De mes plus belles années ;...

  • Miroir, peintre et portrait qui donnes, qui reçois,
    Qui portes en tous lieux avec toi mon image,
    Qui peux tout exprimer, excepté le langage,
    Et pour être animé n’as besoin que de voix,

    Tu peux seul me montrer, quand chez toi je me vois,
    Toutes mes passions peintes sur mon visage ;
    Tu suis d’un pas égal mon humeur et mon âge,
    Et dans leurs changements...

  • Près de l’humide empire où Vénus prit naissance,
    Dans un bois consacré par le malheur d’Atys,
    Le Sommeil et l’Amour, tous deux d’intelligence,
    A l’amoureux Pélée avaient livré Thétis.
    Qu’eut fait Minerve même, en cet état réduite ?
    Mais, dans l’art de Protée en sa jeunesse instruite,
          Elle sut éluder un amant furieux :
    D’une ardente lionne elle...

  •       Filles du Dieu de l’univers,
    Muses, que je me plais dans vos douces retraites !
    Que ces rivages frais, que ces bois toujours verts
    Sont propres à charmer les âmes inquiètes !
          Quel cœur n’oublîrait ses tourments
    Au murmure flatteur de cette onde tranquille ?
    Qui pourrait résister aux doux ravissements
          Qu’excite votre voix fertile ?...

  •  
    Pierre qui, durant sa jeunesse,
    Fut un renommé savetier,
    Est superbe de sa richesse
    Et honteux de son vieux métier.

    Ce fortuné marchand de bottes
    Possède un parc, près de chez moi,
    Dont les fontaines et les grottes
    Sont dignes des maisons du roi.

    Je suis confus lorsque je pense
    Qu’il y fait creuser un canal
    Dont la...

  • Gentil-homme de maison noble,
    Qu’en noble ville de Grenoble
    Je vis, item et que j’ouïs
    Chanter devant le Roy Louïs,
    Qui vous trouva chanson chantée
    Digne d’estre son Timotée :
    Car fors cil qui tant fredonna,
    Que sa femme on luy redonna,
    Aucun dans ce bas territoire,
    Encor n’a merité la gloire...