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    I

    Sous le regard de Dieu, ce témoin taciturne,
    Dix ans — déjà dix ans ! — ont renversé leur urne
    Dans ce tonneau sans fond qu’on nomme Éternité,
    Depuis que, délaissés dans leur tombe anonyme,
    A tous les carrefours, sous le pavé sublime,
    Gisent les saints martyrs morts pour la Liberté I

    Une terre jetée à la hâte les couvre.
    Ceux-ci,...

  • III

                   

    Par votre ange envolée ainsi qu’une colombe !
    Par ce royal enfant, doux et frêle roseau !
    Grâce encore une fois ! grâce au nom de la tombe !
    Grâce au nom du berceau !

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    Le soleil brûle au fond de l’immense ciel bleu.
    Pas un lambeau de vent ne traîne sur les ondes.
    La canicule étreint dans un cercle de feu
    Jusqu’aux sapins touffus des savanes profondes.

    Les ruisseaux ont cessé leurs chants dans les vallons ;
    Les coteaux sont jaunis, les sources desséchées ;
    Le grillon, accablé, se tait sur les sillons ;
    Le...

  •  
    Le ciel flambe et la terre fume,
    La caille frémit dans le blé ;
    Et, par un spleen lourd accablé,
    Je dévore mon amertume.

    Sous l’implacable Thermidor
    Souffre la nature immobile ;
    Et dans le regret et la bile
    Mon chagrin s’aigrit plus encor.

    Crève donc, cœur trop gonflé, crève,
    Cœur sans courage et sans raison,
    Qui ne peux...

  • Le soleil de juillet flétrit la marguerite
    Et pèse lourdement au front du bouton d’or.
    La brise au plus profond des bois muets s’abrite :
    Le soleil luit toujours, le soleil luit encor !

    Dans les prés à demi desséchés, rien ne bouge ;
    Pas un bruit n’interrompt le sommeil des échos.
    Les faucheurs sont couchés au bord du sainfoin rouge,
    Marqué de traits...

  • Les pâles amoureux cherchent les frais avrils,
    Le lent vieillard s’attarde aux douceurs de l’automne ;
    Juillet, lourd aux faucheurs, mois grave où le ciel tonne,
    Mois des blés d’or, c’est toi qu’aiment les cœurs virils !

    Car la terre, oubliant les rêves puérils
    De sa virginité qu’un bruit de source étonne,
    Ne connaît pas encor ce sanglot monotone
    Que...

  •  
    Soir de juillet torride et sec.
    Serrant le bois sonore au creux de son épaule,
    ...

  •  
    L’univers existoit : mais l’univers encore
    Ne voyoit point regner l’ordre qui le décore.
    Enfin à ce grand-tout un dieu donna des loix,
    Et destinant chaque être à d’éternels emplois,
    Lui marqua son séjour, son rang et sa durée.
    Il déploya des cieux la tenture azurée,
    Du soleil sur son trône en fit le pavillon,
    Voulut qu’il y regnât, et qu’à son...

  • Fier et joyeux comme un dimanche,
    Voyez, à l'appel des tambours,
    Ce Paris, humaine avalanche,
    Rouler du haut de ses faubourgs.
    Il veut rétablir l'équilibre
    Entre la force et la raison ;
    Il veut vivre, il veut mourir libre ;
    Il veut détruire une prison.

    Refrain

    Salut au réveil de la France !
    Las, enfin, des tourments soufferts,...

  • LES voici revenus, les jours que vous aimez,
    Les longs jours bleus et clairs sous des cieux sans nuage.
    La vallée est en fleur, et les bois embaumés
    Ouvrent sur les gazons leur balsamique ombrage.
    Tandis que le soleil, roi du splendide été.
    Verse tranquillement sa puissante clarté....