Tu savais bien qu’un jour il faudrait choir enfin,
Mais tu n’imaginais ni Séjan, ni Rufin.
Tu te croyais de ceux que la haine publique
Frappe furtivement d’un coup de foudre oblique ;
Tu t’étais figuré qu’on te renverserait
Sans te faire de mal, doucement, en secret,
Avec précaution, sans bruit, à la nuit close,
Et priant un ami de te dire la chose,...
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Jeune homme au cœur léger., ne touche point la lyre,
Va demander ta joie aux rêves d’ici-bas.
La pensée est un glaive, et sa pointe déchire
La main de l’imprudent qui ne la connaît pas.Au temps que Jupiter, de la voûte éthérée
Descendait, à l’odeur de l’hécatombe en feu,
Quelqu’un vit, sur l’autel, dans la coupe dorée,
Un reste de nectar... -
En attendant qu’on m’enterre,
Aujourd’hui, j’veux êtr’ très gai.
Flon, flon flon, lariradondaire,
Gai, gai, gai, lariradondé.Je n’fais pas beaucoup d’affaires ;
L’verr’ cassé n’est pas d’mandé.
Flon, flon, etc.Ma pauvr’ femm’ non plus n’gagn’ guère ;
Lui faut trop d’litr’s dans l’gésier.
Flon, flon, etc... -
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Heureux l’homme qui voue en sa pensée austère
Un temple intérieur à l’éternel mystère
Et grave comme un prêtre, humble comme un enfant,
Ignore, cherche, espère, et médite, et défend
La porte de son âme aux amours illusoires !
Heureux qui se réveille et sort des cités noires
Comme un soldat des camps, comme un marin des...Toi, dont le monde encore ignore le vrai nom,
Esprit mystérieux, mortel, ange ou démon,
Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie,
J’aime de tes concerts la sauvage harmonie,
Comme j’aime le bruit de la foudre et des vents
Se mêlant dans l’orage à la voix des torrents !
La nuit est ton séjour, l’horreur est ton domaine :
L’aigle, loin des déserts,...Ô Maître centenaire assis sur ta terrasse !
Le Monde depuis tant de jours est sous ta loi
Qu’il a presque oublié quelle heure te fit Roi,
Et ton profond regard, où couve l’ombre, embrasse
Les horizons conquis par le glaive et la foi.Des plateaux de l’Iran jusqu’au Touran des steppes,
Liant, comme des bœufs, les peuples subjugués,
Tu marches sur le...
Jeté par le hasard sur un vieux globe infime,
A l’abandon, perdu comme en un océan,
Je surnage un moment et flotte à fleur d’abîme,
Épave du néant.Et pourtant, c’est à moi, quand sur des mers sans rive...
Eh bien ! reprends-le donc ce peu de fange obscure
Qui pour quelques instants s’anima sous ta main ;
Dans ton dédain superbe, implacable Nature,
Brise à jamais le moule humain.De ces tristes débris quand tu verrais...
Maître Christian Loftel n’a d’état que celui
De faire des cercueils pour les mortels ses frères,
Au fond d’une boutique aux placards funéraires
Où depuis quarante ans le jour à peine a lui.À cause de son air étrange, nul vers lui
Ne vient : il a le froid des urnes Cinéraires.
Parfois, quelque homme en deuil discute des parères
Et retourne,...