I

Dans les villes de nord et de mysticité
Il y a des jets d’eau doucement invisibles
Au bruit calme, de temps en temps ressuscité,
Et frais comme le nom des ruisseaux dans la Bible.

Vieilles villes qui sont un moment rafraîchies
Par ces colonnes de...

 
À Madame X.

À vous dont les cheveux de neige et de clarté
Encadrent doucement la figure indulgente,
— Ainsi dans les grands bois un vieux chêne s’argente
Des fils blancs de la Vierge à la fin de l’été,

À vous l’ancienne, à vous la bonne...

 

Ne nous accusez pas de deuils imaginaires,
Et de vous attendrir par des pleurs simulés,
Et d’aller parmi vous comme des poitrinaires
Cherchant des rêves fous qui se sont envolés.

Car nous ne pleurons pas sur nous, mais sur vous autres,
Sur les méchants,...

 
I

La lampe enfin est allumée
Sous l’abat-jour de tulle ;
C’est une renoncule
Qui est née ;
C’est quelque étrange fleur
Aux changeantes couleurs
Dans la chambre qui en est tout enluminée.

Ô ce sourire de lumière,
Ce mystère du feu,...

 
Un Saint béni de Dieu, dans sa calme cellule,
S’occupait à tresser des brins de paille d’or ;
Il travaillait, fervent, comme une lampe brûle,
Inattentif aux bruits vagues du corridor.
Mais même la blancheur fait ombre ; sa tunique,
Quoique blanche, tachait d...

 
I

La main s’enorgueillit de sa nudité calme
Et d’être rose et lisse, et de jouer dans l’air
Comme un oiseau narguant l’écume de la mer,
Et de frémir avec des souplesses de palme.

La main exulte ; elle est fière comme une rose
— Sans songer que l’...

 
À Albert Delpit.

Les vieux lions sont là, dans leur cage de fer,
Rois vaincus, méditant leurs sombres infortunes,
Au milieu d’un jardin morne et vide, où l’hiver
Fait neiger sur le sol les feuilles déjà brunes.

Ils ont l’abattement qu...

 
J’entends toujours les grands Sanctus de ma jeunesse
Qu’à Pâques ou Noël on chantait à la messe.

Je les entends en moi, comme des voix d’absents,
Et mon âme se meurt du regret de l’encens.

Mon souvenir repeint les anciennes verrières
Et cherche à renouer l...

 
Je lui disais souvent : vous êtes ma Madone
Et mon âme est un lis d’argent que je vous donne.

J’ai pleuré mes péchés comme font les pécheurs
Et je suis maintenant digne de vos blancheurs.

J’ai le ferme propos, le propos salutaire
De ne plus retomber en...

 
Déchirant l’ombre, et brusque, elle est là : c’est l’aurore !
D’un mauve de prélude enflé jusqu’au lilas,
S’étant taillé des nuages en falbalas,
Elle se décolore, elle se recolore.
Alors c’est le miracle opéré comme un jeu :
Sa robe tout à coup est un pays...