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    À vingt ans on a l’œil difficile et très fier :
    On ne regarde pas la première venue,
    Mais la plus belle ! Et, plein d’une extase ingénue,
    On prend pour de l’amour le désir né d’hier.

    Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,
    Le prestige insolent des grands yeux diminue,
    Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,
    Révèlent un trésor...

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    J’aurai vingt ans demain ! Faut-il pleurer ou rire ?
    Saluer l’avenir, regretter le passé,
    Et tourner le feuillet du livre qu’il faut lire,
    Qu’il intéresse ou non, qu’on aime ou soit lassé ?

    Vingt ans, ce sont les fleurs toutes fraîches écloses,
    Les lilas parfumés dans les feuillages verts,
    Les marguerites d’or et les boutons de roses
    Que le...

  • POUR L'ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE DE LA PRINCESSE M…

    Paris brûle, la flamme à l’horizon s’élève ;
    Cependant Mai revient, Mai rose et parfumé,
    Ramenant avec lui l’anniversaire aimé,
    Date chère où revit incessamment mon rêve.

    Le sang coule !… aux bourgeons monte la jeune sève,
    Et l’azur luit au ciel par la poudre enfumé ;
    Les oiseaux...

  • À vingt ans on a l'oeil difficile et très fier :
    On ne regarde pas la première venue,
    Mais la plus belle ! Et, plein d'une extase ingénue,
    On prend pour de l'amour le désir né d'hier.

    Plus tard, quand on a fait l'apprentissage amer,
    Le prestige insolent des grands yeux diminue,
    Et d'autres, d'une grâce autrefois méconnue,
    Révèlent un trésor plus intime...

  • Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize,
    Qui, pâles du baiser fort de la liberté,
    Calmes, sous vos sabots, brisiez le joug qui pèse
    Sur l'âme et sur le front de toute humanité ;

    Hommes extasiés et grands dans la tourmente,
    Vous dont les coeurs sautaient d'amour sous les haillons,
    Ô Soldats que la Mort a semés, noble Amante,
    Pour les...

  • Je la revois, après vingt ans, l'île où Décembre
    Me jeta, pâle naufragé.
    La voilà ! c'est bien elle. Elle est comme une chambre
    Où rien encor n'est dérangé.

    Oui, c'était bien ainsi qu'elle était ; il me semble
    Qu'elle rit, et que j'aperçois
    Le même oiseau qui fuit, la même fleur qui tremble,
    La même aurore dans les bois ;

    Il me semble...

  • Nous étions seuls dans l'ombre et l'extase suprême.
    Elle disait : je t'aime ! et je disais : je t'aime !
    Elle disait : toujours ! et je disais : toujours !
    Elle ajoutait : nos coeurs sont époux, nos amours
    Vaincront la destinée, et rien ne me tourmente,
    Étant, toi le plus fort, et moi, la plus aimante.
    Et moi, je reprenais : la ville est sombre, vois.
    ...