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    I

    Allons, chauffeur, allons, du charbon, de la houille,
            Du fer, du cuivre et de l’étain ;
    Allons, à large pelle, à grand bras plonge et fouille,
            Nourris le brasier, vieux Vulcain ;
    Donne force pâture à ta grande fournaise,
            Car, pour mettre ses dents en jeu,
    Pour tordre...

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    Il est triste de voir partout l’œuvre du mal,
    D’entonner ses chansons sur un rhythme infernal.
    Au ciel le plus vermeil de trouver un nuage,
    Une ride chagrine au plus riant visage.
    Heureux à qui le ciel a fait la bonne part !
    Bien heureux qui n’a vu qu’un beau côté de l’art !
    Hélas ! Mon cœur le sent, si j’avais eu pour muse
    Une enfant de seize...

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    Quand la France, épuisée aux luttes de la guerre
    Et cherchant dans la paix un repos salutaire,
    Essuya son épée et la mit au fourreau,
    Muses et liberté, magnifique troupeau,
    Parurent à ses yeux, et leur splendeur divine
    D’une nouvelle ardeur fit battre sa poitrine.

    Alors si Lamartine, essayant son essor,
    Montait à l’horizon, bel astre aux...

  • Dans les bois ténébreux de l’infernal empire
    Cœnis traîne à pas lents le poids de ses douleurs ;
    Elle passe, revient, & jamais un sourire
    De son front abattu n’anime les pâleurs.

    Vivante, elle eut l’amour du roi des eaux marines,
    Puis trahie, elle obtint de son divin amant
    La faveur d’échanger ses grâces féminines
    Contre un sexe moins doux &...

  • Descendu de ce monde aux pays ténébreux,
    Dante vit de l’Enfer les royaumes rebelles,
    Puis, au séjour céleste élevé sur les ailes
    De l’âme, il nous en fit le récit merveilleux.

    Astre aux puissants rayons, il découvrit aux yeux
    Des aveugles humains les choses éternelles,
    Et reçut pour le don de ces lumières belles
    Le prix que trop souvent l’on paye aux...

  • Un matin, le long d’une bruyère
    A l’éclat tout vermeil,
    J’aperçus une noire vipère
    Qui dormait au soleil.
    L’animal, entendant mon approche,
    ...

  • Sakhar, fils de Sharîd, homme plein de vaillance,
    Dans un combat reçut au flanc un coup de lance ;
    La blessure n’était point bonne, &, dans son lit,
    Depuis un an bientôt tristement il languit.

    Sa femme, qui le soigne & qui le quitte à peine,
    Y trouve tant d’ennuis qu’elle l’a pris en haine.
    Il l’entend une fois, dans ses noires humeurs,
    ...

  • Un beau soir, par une lunette
    Je contemplais les vastes cieux
    Et voyais là chaque planète
    Suivre son cours mystérieux,
    La plus distante de la terre,
    Saturne à l’imposante sphère,
    Captivait surtout mes pensers,
    Et sur sa rondeur lumineuse,
    D’une façon presque fiévreuse,
    Je tenais mes regards fixés.

    Comme un roi dans les plaines brunes...

  • Point de repos pour l’âme humaine
    Sur ce monceau de terre où nous sommes jetés :
    Les chagrins & les maux d’une incessante haleine
    Y soufflent leur vapeur malsaine,
    ...

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    Salut, grand florentin adoré du Lombard,
    Au front majestueux, à la barbe luisante !
    Devant toi je m’incline, ô noble Léonard,
    Plus que devant un prince à l’armure éclatante !

    Ah ! Que sont les grandeurs que la victoire enfante
    À côté des trésors de ton âme, ô vieillard !
    Que sont les vains lauriers de la guerre sanglante
    Près des fleurons...