• De tes lectures assidues,
    Ami, crois-moi, pour quelques jours
    Tâche d’interrompre le cours ;
    Car, pour peu que tu continues,
    Je crains, à te parler sans fard,
    Que la mort sévère et chagrine,
    Jugeant peut-être à tout hasard
    De ton âge par ta doctrine,
    Ne te prenne pour un vieillard.

  • Ô Catinat ! quelle voix enrhumée
    De te chanter ose usurper l’emploi !
    Mieux te vaudrait perdre ta renommée,
    Que los cueillir de si chétif aloi.
    Honni seras, ainsi que je prévoi,
    Par cet écrit. Et n’y sais, à vrai dire,
    Remède aucun, sinon que contre toi
    Le même auteur écrive une satire.

     
    Je conviens, Catinat, qu’en louant ta...

  • De haut savoir Phébus ne m’a doté,
    Mais des neuf Sœurs je sais toucher la lyre ;
    Grosse chevance oncques ne m’a tenté,
    Mais peu de biens ont de quoi me suffire.
    Amour me tint longtemps sous son empire :
    J’ai retrouvé repos et liberté ;
    Mais ce bien là, certes, je le puis dire,
    Si c’en est un, je l’ai bien acheté !

  •       Vous dont le pinceau téméraire
    Représente l’hiver sous l’image vulgaire
          D’un vieillard faible et languissant,
    Peintres injurieux, redoutez la colère
          De ce dieu terrible et puissant :
          Sa vengeance est inexorable,
    Son pouvoir jusqu’aux cieux sait porter la terreur ;
    Les efforts des Titans n’ont rien de comparable
          Au...

  • Près de l’humide empire où Vénus prit naissance,
    Dans un bois consacré par le malheur d’Atys,
    Le Sommeil et l’Amour, tous deux d’intelligence,
    A l’amoureux Pélée avaient livré Thétis.
    Qu’eut fait Minerve même, en cet état réduite ?
    Mais, dans l’art de Protée en sa jeunesse instruite,
          Elle sut éluder un amant furieux :
    D’une ardente lionne elle...

  •       Filles du Dieu de l’univers,
    Muses, que je me plais dans vos douces retraites !
    Que ces rivages frais, que ces bois toujours verts
    Sont propres à charmer les âmes inquiètes !
          Quel cœur n’oublîrait ses tourments
    Au murmure flatteur de cette onde tranquille ?
    Qui pourrait résister aux doux ravissements
          Qu’excite votre voix fertile ?...

  • J'ai vu mes tristes journées
    Décliner vers leur penchant ;
    Au midi de mes années
    Je touchais à mon couchant :
    La Mort, déployant ses ailes,
    Couvrait d'ombres éternelles
    La clarté dont je jouis ;
    Et, dans cette nuit funeste,
    Je cherchais en vain le reste
    De mes jours évanouis.

    Grand Dieu, votre main réclame
    Les dons que j'en...

  • Que l'homme est bien, durant sa vie,
    Un parfait miroir de douleurs,
    Dès qu'il respire, il pleure, il crie
    Et semble prévoir ses malheurs.

    Dans l'enfance toujours des pleurs,
    Un pédant porteur de tristesse,
    Des livres de toutes couleurs,
    Des châtiments de toute espèce.

    L'ardente et fougueuse jeunesse
    Le met encore en pire état....

  • FAIBLESSE DES HOMMES,
    GRANDEUR DE DIEU

    Mon âme, louez le Seigneur ;
    Rendez un légitime honneur
    À l'objet éternel de vos justes louanges.
    Oui, mon Dieu, je veux désormais
    Partager la gloire des anges,
    Et consacrer ma vie à chanter vos bienfaits.

    Renonçons au stérile appui
    Des grands qu'on implore aujourd'hui ;
    Ne fondons point sur...