Le Charme de la voix

by Théodore de Banville

 Quand s'élancent leurs strophes d'or,
 Il faut aux Odes qu'on admire,
 Pour leur faire prendre l'essor,
 Les instruments et leur délire.
 Mais toi, mais toi, tu peux les lire !
 Car la Muse t'aime, et tu vois
 Qu'elle n'a plus besoin de lyre
 Avec les chansons de ta voix.

 Ta grave, ta charmante voix,
 Pure comme un cristal féerique,
 Est parfois si douce ! et parfois
 Brûlante comme un vent d'Afrique.
 Telle, à son rhythme symétrique
 Prêtant les colères des Dieux,
 Sappho, la déesse lyrique,
 Parlait aux flots mélodieux.