Joachim Bernier de La Brousse
1580–1623
Poems (15)
- Arbres feuillus, dont la verdeur premièreOmbrage l'huis du palais non pareil
- Arbres qui lamentez la cruelle infortuneDe ce pauvre garçon, qui trop audacieux,
- C'est une folie extrêmeD'être fidèle en amour.
- Déjà le ciel prenait sa cape noireLe blond Soleil sommeillait sous les eaux,
- Déjà Phoebus delà l'Espagne noireAvait plongé son char cloué de feux,
- Je voudrais bien sous la voûte infernaleÊtre un Ixie en tes bras étendu,
- L'oiseau miraculeux de l'heureuse ArabieQui vit sans parangon sous le manteau des cieux,
- Par l'effort du destin, ma gentille CyprineLanguissait l'autre jour dans son lit amoureux.
- Pauvre Ixion, pauvre amant misérableInfortuné, chétif, audacieux,
- Pourquoi de tes dédains sens-je la cruautéDis-moi, fière beauté ?
- Pourquoi faut-il que ta face divineSoit en tous temps sous ce triste velous,
- Qui me peut réjouir puisque tu gis maladeMon départ n'aurait pas engendré ta langueur ?
- Tout le long de la nuit et lorsqu'à notre jourSe découvrent les prés et les hautes montagnes,
- Vous le dites m'amour ? Soyez religieusePortant le voile noir, franche d'ambitions,
- Ô Songe doux, ô fantôme croyableQui m'entretiens en l'amoureux plaisir !