Épître 90
votre amusement lyrique
m’a paru du meilleur ton.
Si Linus fit la musique,
les vers sont d’Anacréon.
L’Anacréon de la Grèce
vaut-il celui de Paris ?
Il chanta la double ivresse
de Silène et de Cypris ;
mais fit-il avec sagesse
l’histoire de son pays ?
Après des travaux austères,
dans vos doux délassements
vous célébrez les chimères.
Elles sont de tous les temps ;
elles nous sont nécessaires.
Nous sommes de vieux enfants ;
nos erreurs sont nos lisières,
et les vanités légères
nous bercent en cheveux blancs.