Épître 82

by Voltaire - François-Marie Arouet

Dans ce jour du saint vendredi, jour où l’on veut nous faire accroire qu’un dieu pour le monde a pâti, j’ose adresser ma voix à mon vrai roi de gloire. De mon salut vrai créateur, de D’argens et de moi l’unique rédempteur, du salut éternel je ne suis pas en peine ; mais de ce vrai salut qu’on nomme la santé, mon esprit est inquiété. Pardonnez, cher sauveur, à mon audace vaine. ô vous qui faites des heureux, l’êtes-vous ? Souffrez-vous ? êtes-vous à la gêne ? Et les points de côté, la colique inhumaine, troubleraient-ils encor des jours si précieux ? ô philosophe roi, grand homme, heureux génie vous dont le charmant entretien, l’indulgente raison, l’aimable poésie, étonnent mon âme ravie, puissiez-vous goûter tout le bien que vous versez sur notre vie !

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