Épître 80

by Voltaire - François-Marie Arouet

Vos jeunes mains cueillent des fleurs dont je n’ai plus que les épines ; vous dormez dessous les courtines et des grâces et des neuf soeurs : je leur fais encor quelques mines, mais vous possédez leurs faveurs. Tout s’éteint, tout s’use, tout passe : je m’affaiblis, et vous croissez ; mais je descendrai du Parnasse content, si vous m’y remplacez. Je jouis peu, mais j’aime encore ; je verrai du moins vos amours : le crépuscule de mes jours s’embellira de votre aurore. Je dirai : je fus comme vous ; c’est beaucoup me vanter peut-être ; mais je ne serai point jaloux : le plaisir permet-il de l’être ?

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