Épître 63

by Voltaire - François-Marie Arouet

... Lorsque, pour tenir la balance, l’anglais vide son coffre-fort ; lorsque l’espagnol sans puissance croit partout être le plus fort ; quand le français vif et volage fait au plus vite un empereur ; quand Belle-Isle n’est pas sans peur pour l’ouvrier et pour l’ouvrage ; quand le batave un peu tardif, rempli d’égards et de scrupule, avance un pas et deux recule pour se joindre à l’anglais actif ; quand le bonhomme de saint-père du haut de sa sainte Sion donne sa bénédiction à plus d’une armée étrangère, que fait mon héros à Berlin ? Il réfléchit sur la folie des conducteurs du genre humain ; il donne des lois au destin, et carrière à son grand génie ; il fait des vers gais et plaisants ; il rit en donnant des batailles ; on commence à craindre à Versailles de le voir rire à nos dépens. ...

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