Épître 62

by Voltaire - François-Marie Arouet

Vous flattez trop ma vanité : cet art si séduisant vous était inutile ; l’art des vers suffisait ; et votre aimable style m’a lui seul assez enchanté. Votre âge quelquefois hasarde ses prémices. En esprit, ainsi qu’en amour, le temps ouvre les yeux, et l’on condamne un jour de ses goûts passagers les premiers sacrifices. à la moins aimable beauté, dans son besoin d’aimer on prodigue son âme, on prête des appas à l’objet de sa flamme ; et c’est ainsi que vous m’avez traité. Ah ! Ne me quittez point, séducteur que vous êtes ! Ma muse a reçu vos serments... je sens qu’elle est au rang de ces vieilles coquettes qui pensent fixer leurs amants.

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