Épître 49

by Voltaire - François-Marie Arouet

Mon esprit avec embarras poursuit des vérités arides ; j’ai quitté les brillants appas des muses, mes dieux et mes guides, pour l’astrolabe et le compas des Maupertuis et des Euclides. Du vrai le pénible fatras détend les cordes de ma lyre ; Vénus ne veut plus me sourire, les grâces détournent leurs pas. Ma muse, les yeux pleins de larmes, Saint-Lambert, vole auprès de vous ; elle vous prodigue ses charmes : je lis vos vers, j’en suis jaloux. Je voudrais en vain vous répondre ; son refus vient de me confondre : vous avez fixé ses amours, et vous les fixerez toujours. Pour former un lien durable vous avez sans doute un secret ; je l’envisage avec regret, et ce secret, c’est d’être aimable.

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