Épître 44

by Voltaire - François-Marie Arouet

Hélas ! Que je me sens confondre par tes vers et par tes talents ! Pourrais-je encore à quarante ans les mériter, et leur répondre ? Le temps, la triste adversité détend les cordes de ma lyre. Les jeux, les amours, m’ont quitté ; c’est à toi qu’ils viennent sourire, c’est toi qu’ils veulent inspirer, toi qui sais, dans ta double ivresse, chanter, adorer ta maîtresse, en jouir, et la célébrer. Adieu ; quand mon bonheur s’envole, quand je n’ai plus que des désirs, ta félicité me console de la perte de mes plaisirs.

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