Épître 39

by Voltaire - François-Marie Arouet

Ainsi donc cent beautés nouvelles vont fixer vos bouillants esprits ; vous renoncez aux étincelles, aux feux follets de mes écrits, pour des lumières immortelles ; et le sublime Maupertuis vient éclipser mes bagatelles. Je n’en suis fâché, ni surpris ; un esprit vrai doit être épris pour des vérités éternelles. Mais ces vérités, que sont-elles ? Quel est leur usage et leur prix ? Du vrai savant que je chéris la raison ferme et lumineuse vous montrera les cieux décrits, et d’une main audacieuse vous dévoilera les replis de la nature ténébreuse : mais, sans le secret d’être heureuse, que vous aura-t-il donc appris ?

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