Épître 23

by Voltaire - François-Marie Arouet

Conservez précieusement l’imagination fleurie et la bonne plaisanterie dont vous possédez l’agrément, au défaut du tempérament dont vous vous vantez hardiment, et que tout le monde vous nie. La dame qui depuis longtemps connaît à fond votre personne a dit : « hélas ! Je lui pardonne d’en vouloir imposer aux gens ; son esprit est dans son printemps, mais son corps est dans son automne. » adieu, monsieur le gouverneur, non plus de province frontière, mais d’une beauté singulière qui, par son esprit, par son coeur, et par son humeur libertine, de jour en jour fait grand honneur au gouverneur qui l’endoctrine. Priez le seigneur seulement qu’il empêche que Cythérée ne substitue incessamment quelque jeune et frais lieutenant, qui ferait sans vous son entrée dans un si beau gouvernement.

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