• Holde Königin der Geigen,
    der die Liebe Namen lieh,
    Liebe spielt dich zart und eigen,
    lockt und löst aus Traum und Schweigen
    süße Melodie.

    Liebesgeige, alles schönen,
    alles tiefsten Zaubers reich,
    Schmerz und Schmerzen zu versöhnen,
    stimmst du mit den Silbertönen
    Herz...

  • L’aurore a la pâleur verdâtre d’une morte,
    Elle semble une frêle et tremblante Alkestis
    Qui, les pas vacillants, vient frapper à la porte
    Où l’amour l’accueillait en souriant, jadis.

    Elle a quitté les flots qui roulent des étoiles,
    Les...

  • Les choses de l’amour ont de profonds secrets.
    L’instinct primordial de l’antique Nature
    Qui mêlait les flancs nus dans le fond des forêts
    Trouble l’épouse encor sous sa riche ceinture ;
    Et, savante en pudeur, attentive à nos lois,
    Elle garde le sang de l’Ève des grands bois.

  • J’aime tes belles mains longues & paresseuses,
    Qui, pareilles au lis, n’ont jamais travaillé,
    Mais savent le secret des musiques berceuses
    Qui parlent à voix lente au cœur émerveillé. —
    J’aime tes belles mains longues & paresseuses.

    J’aime tes petits pieds vifs & spirituels,
    Petits pieds éloquents de la cheville aux pointes,
    Que les saints...

  • O belle, dont le corps semble un vivant poëme,
    Pourquoi m’ouvrir les bras, sans me dire : Je t’aime ?
    Même à l’heure d’amour, contre ton sein pâmé
    Tu ne me presses pas ainsi qu’un bien-aimé ;
    Tu ne dis pas le mot envié des dieux même ;
    Tu soupires : je meurs ; tu ne dis pas : Je t’aime !
    Et pourtant ton œil darde un feu délicieux.
    Tel un ange tombé qu’...

  • Comme nous revenions du Bois, un soir de mai,
    Un de ces tièdes soirs où notre âme amollie
    Se laisse aller au fil de la mélancolie,
    Pour s’être trop mirée aux yeux de l’être aimé,

    Elle s’assit, très-triste, au fond d’une causeuse ;
    Et sur le velours sombre et vert, son front pâli
    Ressortit lumineux dans un jour affaibli,
    Le jour mystérieux et doux d’...

  • Deux êtres s’aimaient d’un amour
    Pur et sans alliage,
    Comptant bien en finir, un jour,
    Par un bon mariage.

    Les parents de nos amoureux
    ...

  • Et puis l’Ennui nous vint qui fana sous ses doigts
    Notre Amour, cette fleur absurde et printanière
    Éclose souviens-toi, boulevard Poissonnière,
    Quand les nids commençaient à chanter sous les toits.

    On s’est bien aimé deux — à n’en plus finir — mois.
    Moi d’après ma façon, toi selon ta manière.
    Deux mois !...

  •  
    Je veux que l’Amour entre comme un ami dans notre maison,
    Disais-tu, bien-aimée, ce soir rouge d’automne
    Où dans leur cage d’osier les tourterelles monotones
    Râlaient, palpitant en soudaine pâmoison.

    L’Amour entrera toujours comme un ami dans notre maison,
    T’ai-je répondu, écoutant le bruit des feuilles qui tombent,
    Par-delà le jardin des...

  • Le gazon soleilleux est plein
    De campanules violettes,
    Le jour las et brûlé halette
    Et pend aux ailes des moulins.

    La nature, comme une abeille,
    Est lourde de miel et d'odeur,
    Le vent se berce dans les fleurs
    Et tout l'été luisant sommeille.

    - Ô gaieté claire du matin
    Où l'âme, simple dans sa course,
    Est dansante comme une...