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    Ô maître des charmeurs de l’oreille, ô Ronsard,
    J’admire tes vieux vers, et comment ton génie
    Aux lois d’un juste sens et d’une ample harmonie
    Sait dans le jeu des mots asservir le hasard.

    Mais, plus que ton beau verbe et plus que ton grand art,
    J’aime ta passion d’antique poésie
    Et cette téméraire et sainte fantaisie
    D’être un nouvel Orphée...

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    « Je veux lire en trois jours l’Iliade d’Homère,
    « Et pour ce, Corydon, ferme bien l’huis sur moy »…
    (Ronsard)

    CE soir, je lis des vers : je n’y suis pour personne.
    J’ouvre mon vieux Ronsard dont le vers hautain sonne
    Plus que tous les clochers aux riches carillons,
    Que les flûtes d’argent et que les violons !
    Les beaux sonnets...

  • Ô maître des charmeurs de l'oreille, ô Ronsard,
    J'admire tes vieux vers, et comment ton génie
    Aux lois d'un juste sens et d'une ample harmonie
    Sait dans le jeu des mots asservir le hasard.

    Mais, plus que ton beau verbe et plus que ton grand art,
    J'aime ta passion d'antique poésie
    Et cette téméraire et sainte fantaisie
    D'être un nouvel Orphée aux hommes...

  • pour un ami qui publiait une édition de ce poète

    A toi, Ronsard, à toi, qu'un sort injurieux
    Depuis deux siècles livre aux mépris de l'histoire,
    J'élève de mes mains l'autel expiatoire
    Qui te purifiera d'un arrêt odieux.

    Non que j'espère encore, au trône radieux
    D'où jadis tu régnais, replacer ta mémoire ;
    Tu ne peux de si bas remonter à la...

  • Jadis plus d'un amant, aux jardins de Bourgueil,
    A gravé plus d'un nom dans l'écorce qu'il ouvre,
    Et plus d'un coeur, sous l'or des hauts plafonds du Louvre,
    A l'éclair d'un sourire a tressailli d'orgueil.

    Qu'importe ? Rien n'a dit leur ivresse ou leur deuil.
    Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre
    Et nul n'a disputé, sous l'herbe qui les couvre,...