• C’est à coups de canon qu’on rend le peuple heureux.
    Nous sommes revenus de tous ces grands mots creux :
    — Progrès, fraternité, mission de la France,
    Droits de l’homme, raison, liberté, tolérance. ―
    Socrate est fou ; lisez Lélut qui le confond ;
    Christ, fort socialiste et démagogue au fond,
    Est une renommée en somme très surfaite.
    Terre ! L’obus est...

  •  
    Heureux l’homme qui voue en sa pensée austère
    Un temple intérieur à l’éternel mystère
    Et grave comme un prêtre, humble comme un enfant,
    Ignore, cherche, espère, et médite, et défend
    La porte de son âme aux amours illusoires !
    Heureux qui se réveille et sort des cités noires
    Comme un soldat des camps, comme un marin des...

  • Nymphe qui jamais ne sommeilles
    Et dont les messages divers
    En un moment sont aux oreilles
    Des peuples de tout l’univers,
    Vole vite ; et de la contrée
    Par où le jour fait son entrée,
    Jusqu’au rivage de Calis,
    Conte sur la terre et sur l’onde
    Que l’honneur unique du monde,
    C’est la reine des fleurs de lis.

    Quand son Henri, de qui la...

  • Enfin, après les tempêtes,
    Nous voici rendus au port ;
    Enfin nous voyons nos têtes
    Hors de l’injure du sort :
    Nous n’avons rien qui menace
    De troubler notre bonace ;
    Et ces matières de pleurs,
    Massacres, feux et rapines,
    De leurs funestes épines
    Ne gâteront plus nos fleurs.

    Nos prières sont ouïes,
    Tout est réconcilié ;
    ...

  • " Je vous abhorre, ô dieux ! Hélas ! Si jeune encore,
    Je puis déjà ce que je veux !
    Accablé de vos dons, ô dieux, je vous abhorre.
    Que vous ai-je donc fait pour combler tous mes voeux ?

    " Du détroit de Léandre aux colonnes d'Alcide,
    Mes vaisseaux parcourent les mers ;
    Mon palais engloutit, ainsi qu'un gouffre avide,
    Les trésors des cités et les...

  • Mieux vaut la liesse,
    Amour et simplesse
    De bergers pasteurs,
    Qu’avoir à largesse
    Or, argent, richesse,
    Ni la gentillesse
    De ces grands seigneurs.
    Martial de Paris. —

    Une douce et fidèle amie,

    Heureuse ainsi que moi dans un tout petit coin.

    —...

  • Merci à toi, à toi merci.
    TÉRÉSA.

    Avant cet heureux jour, j’étais sombre et farouche,
    Mon sourcil se tordait sur mon front soucieux,
    Ainsi qu’une vipère en fureur, et mes yeux
    Dardaient entre mes cils un regard fauve et louche.

    Un sourire infernal crispait ma pâle bouche.
    À cet âge candide où tout est pour le mieux,...

  • Ode

    Perside, je me sens heureux
    De ma nouvelle servitude,
    Vous n'avez point d'ingratitude
    Qui rebute un coeur amoureux.
    Il est bien vrai que je me fâche
    Du fard où votre teint se cache.
    Nature a mis tout son crédit
    À vous faire entièrement belle,
    L'art qui pense mieux faire qu'elle
    Me déplait et vous enlaidit.

    L'éclat...

  • A Marcel Arland

    Que m'importe de vivre heureux, silencieux,
    Un nuage doré pour maison, pour patrie.
    Je caresse au hasard le corps de mon amie,
    Aussi lointaine, hélas ! et fausse qu'elle veut.

    Qui êtes-vous enfin ? qui parle ? - et qui m'écoute ? -
    Un homme vraiment seul entend battre son coeur.
    Je cherche parmi vous les signes du bonheur :...

  • Ô jour heureux, heure, temps, et moment,
    Auquel ma dame a d'une foi jurée
    Promis secours à mon âme enferrée
    Dans la prison de l'amoureux tourment !

    Moi trop heureux, et trop heureux amant
    D'avoir enfin ma liesse assurée
    Par celle-là qui naguère acérée
    Me meurtrissait si misérablement.

    Mais, ah ! hélas ! je bâtis sur du sable,
    Je m...