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    Pourquoi venir, quand dans les Rues
    Novembre, au front de parchemin,
    Nous défend de bayer aux grues.
    Cigare aux lèvres, canne en main ?

    Quand de l’hiver dans le bocage
    On voit courir les noirs frissons,
    O maître, pourquoi de leur cage
    Laisser s’envoler tes chansons ?

    Quand l’hirondelle s’est enfuie,
    Quand le soleil d’un air...

  • Au Val-Bénit partez, fils de ma muse !
    A peine éclos, c'est là qu'il faut aller;
    Parlez sans moi , vous direz pour excuse .
    Il n'a pas, lui, d'ailes pour s'envoler. »

    Lisant Rousseau qu'aiment tous les poètes ,
    Là, j'ai coulé peu de jours bien remplis;
    Mais sans remords j'ai quitté mes Charmettes;
    L'air en est pur, ma pervenche est un lis.

    Oh...

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    Petite Christel, dirent les colombes,
    D’où vient ce matin le deuil où tu tombes,
    Quand l’été sourit à la plaine en fleur ?
    — Oui, l’été sourit et les fleurs sont belles ;
    Mais j’ai, tourterelles,
    L’hiver dans mon cœur.

    Petite Christel, dirent ses amies,
    Tes peines seraient bien vite endormies
    Avec des chansons : pourquoi soupirer ?...

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    Dansez, les petites filles,
    Toutes en rond.
    En vous voyant si gentilles,
    Les bois riront.

    Dansez, les petites reines,
    Toutes en rond.
    Les amoureux sous les frênes
    S'embrasseront.

    Dansez, les petites belles,
    Toutes en rond.
    Les bouquins dans les écoles
    Bougonneront.

    Dansez, les petites belles,
    Toutes en...

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    I

    Le printemps, couronné de folles marjolaines,
    Sur la pointe des monts a mis son pied léger ;
    Une flûte à la main, comme un jeune berger,
    Du pays de l’azur il descend vers les plaines.

    Quelque musique flotte à l’horizon lointain,
    Pareille à l’oiseau bleu qui jamais ne se pose,
    Et la colline d’or se perd dans le ciel...

  • I

    (le Savetier)

    Hors de la poix rien à faire,
    Le lys naît blanc, comme odeur
    Simplement je le préfère
    A ce bon raccommodeur.

    Il va de cuir à ma paire
    Adjoindre plus que je n'eus
    Jamais, cela désespère
    Un besoin de talons nus.

    Son marteau qui ne dévie
    Fixe de clous gouailleurs
    Sur la semelle l'envie
    ...

  • A M. Bertrand, pour le remercier de l'accueil tout...
    évangélique qu'il m'a fait dans ses bureaux du Patriote.

    Quand les nouveau-nés, en leurs langes
    Dorment sur les bras des marraines
    Tels, de doux et blonds petits anges
    Tombés des étoiles sereines
    Digue digue dig, digue digue don !
    Chante aux enfançons le grand carillon
    Digue digue dig, digue...

  • Entends la chanson de l'eau...
    Comme il pleut, comme il pleut vite !
    Il semble que des grelots
    Dans la gouttière s'agitent.

    A l'abri dans ton dodo
    Entends la chanson de l'eau !

    Entends la chanson du vent...
    Comme les branches s'agitent !
    Les nids d'oiseaux, bien souvent,
    Sont bercés, bercés trop vite.

    A l'abri des...

  • Ce fut en un soir où les chansons
    Des amants liés par leurs mains lasses
    Mouraient, ô Dame pâle qui passes,
    Au clair de la lune des moissons.

    Long penchée au bord des lourds calices
    Des lys, fleurs des reines et des rois,
    Tu faisais le signe de la croix
    Comme une qui renonce aux délices.

    Chevelure éparse au vent léger,
    Tu...