Le soleil se couchait et sur l’onde immobile
Laissait traîner au loin sa crinière de feu ;
Nul souffle n’agitait la mer vaste et tranquille ;
Le ciel était limpide, et sous le dôme bleu
L’Océan s’étendait calme et grand comme Dieu.
La nature écoutait ou priait en silence,
Et rien n’osait troubler sa muette oraison ;
Et la brume effaçait le jour et la distance ;
Et je crus voir, plongé dans ce spectacle immense,
La grande ombre de Dieu passer à l’horizon.
A ce cœur altéré d’amour et de lumière,
O Dieu ! pourquoi n’offrir qu’un pain trempé de fiel ?
Que ne l’as-tu fait naître en quelque humble chaumière …