Le Liseron
Le liseron est un calice
Qui se balance à fleur de sol.
L’éphémère y suspend son vol
Et la coccinelle s’y glisse.
Le champignon rugueux et lisse
Parfois lui sert de parasol ;
Le liseron est un calice
Qui se balance à fleur de sol.
Or, quand les champs sont au supplice,
Brûlés par un ciel espagnol,
Il tend toujours son petit bol
Afin que l’averse l’emplisse :
Le liseron est un calice.
À propos de ce poème
« Le Liseron » est de Maurice Rollinat (1846–1903), poète berrichon et ami de George Sand, connu pour ses poèmes de la nature et son recueil Les Névroses.
Le poème est un rondel : le premier vers, « Le liseron est un calice », revient au milieu et à la fin, comme un refrain. Rollinat regarde la petite fleur de près — l’éphémère qui s’y pose, la coccinelle qui s’y glisse, le champignon qui lui sert de parasol. Pendant la sécheresse, elle tend « son petit bol » vers la pluie. L’image du calice donne à cette fleur humble quelque chose de sacré.