De l'amoureux ardant
Au feu, qui mon coeur a choisi,
Jetez-y, ma seule Déesse,
De l'eau de grâce et de liesse,
Car il est consommé quasi.
Amour l'a de si près saisi
Que force est qu'il crie sans cesse
Au feu.
Si par vous en est dessaisi,
Amour lui doint plus grand détresse,
Si jamais sert autre maîtresse :
Doncques, ma dame, courez-y
Au feu.
Jetez-y, ma seule Déesse,
De l'eau de grâce et de liesse,
Car il est consommé quasi.
Amour l'a de si près saisi
Que force est qu'il crie sans cesse
Au feu.
Si par vous en est dessaisi,
Amour lui doint plus grand détresse,
Si jamais sert autre maîtresse :
Doncques, ma dame, courez-y
Au feu.
À propos de ce poème
Clément Marot (1496–1544) fut le grand poète de la cour de François Ier. « De l’amoureux ardant » est un rondeau, une forme courte qui reprend comme refrain les premiers mots du poème.
Ici le refrain est un cri : « Au feu ! » Le cœur de l’amoureux brûle, et il demande à sa dame d’y jeter « de l’eau de grâce et de liesse ». Marot joue sur le double sens de l’appel au secours et de la flamme amoureuse, avec la légèreté et l’esprit qui font son charme.