À Charles Baudelaire

by Théodore de Banville (1823–1891) French

 
O poëte, il le faut, honorons la Matière ;
Mais ne l'honorons point d'une amitié grossière,
Et gardons d'offenser, pour des plaisirs trop courts,
L'Amour, qui se souvient, et se venge toujours.
Notre âme est trop souvent comme cette Bacchante
Que, dans une attitude aimable et provocante,
Le Satyre caresse et retient dans ses bras,
Rouge de ses désirs et de son embarras,
La tête renversée et les lèvres mi-closes, -
Et que l'enfant Amour châtie avec des roses.

More poems by Théodore de Banville

All poems by Théodore de Banville →