Études et préludes (1909)/« De ta robe à longs plis flottants »

by Renée Vivien

 
        De ta robe à longs plis flottants
        Ruissellent toutes les chimères,
        Et tu m’apportes le printemps
        Dans tes mains blondes et légères.

        J’ai peur de ce frisson nacré
        De tes frêles seins, je ne touche
        Qu’en tremblant à ton corps sacré,
        J’ai peur du charme de ta bouche.

        Je me sens grandir jusqu’aux Dieux
        Quand, sous mon orgueilleuse étreinte,
        Le doux bleu meurtri de tes yeux
        S’évanouit, fraîcheur éteinte.

        Mais quand, si blanche entre mes bras,
        A mon cri d’amour qui se pâme
        Tu souris et ne réponds pas,
        Tes yeux fermés me glacent l’âme…

        J’ai peur, ― c’est le remords spectral
        Que l’extase ne saurait taire, ―
        De t’avoir peut-être fait mal
        D’une caresse involontaire.

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