Vous le dites m'amour ? Soyez religieuse

Vous le dites m'amour ? Soyez religieuse,
Portant le voile noir, franche d'ambitions,
Que jeûner soit vos jeux, vos ris confessions,
Et vos plus beaux habits une haire envieuse !

Ô la belle nonnain ! hé ! qu'elle est curieuse
De savoir si au cloître on vit sans passions,
Et s'il peut être atteint de ces affections
Qui ne glissent jamais dans son âme pieuse.

Ces pasteurs qui jadis jetèrent de leur main
Les larges fondements de l'Empire romain
Sont témoins de l'humeur d'une fille Vestale,

Mais Sextile et Minutte et mille autres encor
Te pourront assurer que l'archer au trait d'or
N'est si vif parmi nous qu'au sein du Castabale.

Collection: 
1600

More from Poet

  • Je voudrais bien sous la voûte infernale
    Être un Ixie en tes bras étendu,
    Presser ton corps heureusement rendu
    En cet état que mon coeur se l'étale.

    S'il m'advenait, nulle peine fatale
    Ne m'aigrirait ce bien trop attendu,
    Je semblerais un Adonis pendu
    ...

  • C'est une folie extrême
    D'être fidèle en amour.
    Il faut aimer qui nous aime,
    Et changer de jour en jour.
    Qui un seul but se propose
    Ne fait jamais grande chose.

    Les dames aiment le change,
    Et n'ont jamais de dessein
    Qui n'ait toujours du mélange,...

  • Ô Songe doux, ô fantôme croyable
    Qui m'entretiens en l'amoureux plaisir !
    Entre mes bras, Hélène, mon désir,
    Je te tenais cette nuit favorable,

    Je suçotais ta bouche désirable
    Des dieux du ciel, je touchais à loisir
    Ton blanc tétin, et savais bien choisir...

  • Déjà Phoebus delà l'Espagne noire
    Avait plongé son char cloué de feux,
    Lorsque Morphée épandit sur mes yeux
    Ces jus sacrés qui ôtent la mémoire.

    Un grand tombeau tout de marbre et d'ivoire
    M'apparaissait, sur lequel en tous lieux
    Était écrit : " Hélène aux...

  • Pourquoi faut-il que ta face divine
    Soit en tous temps sous ce triste velous,
    Et que tes yeux de mon plaisir jaloux
    Soient découverts pour blesser ma poitrine ?

    Dix mille fois, ma Nymphe, ma poupine,
    J'ai convoité d'imprimer par dessous
    Ton masque faux mille...