Sonnet à Ninon

by Chapelle (1626–1686) French

Ninon, ma compagne très chère,
Pourroit vaincre le plus brutal,
Et je veux être mis en bière
Si le mal qu’elle fait n’est mal.

Je suis pourtant fort en arrière,
Et tiens cela fort inégal,
Car j’enrage et me désespère
De me voir seul et sans rival.

Je sais bien qu’elle est fort poupine,
Mais c’est trop peu pour la cuisine ;
Et puis, pour un homme indigent,

Ninon, vous me contez fleurette :
Si vous me comptiez de l’argent,
Je tiendrois votre affaire faite.

Source: Wikisource

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