Siegfried

by Éphraïm Mikhaël


Clamant victoire en la liesse de l’été,
Le héros puéril, fier de son jeune glaive,
Foule dans les gazons le dragon mort et lève
Vers les arbres amis son bras ensanglanté.

Et voici qu’il comprend le grand appel jeté
Par les oiseaux dans les halliers ivres de sève.
Leur chant rhythme pour lui des paroles de rêve,
Une voix d’avenir surgit dans la clarté.


La mauvaise rumeur des prochaines années
Passe dans les frissons heureux de la forêt,
Dans chaque bruit résonne un bruit de destinées

Et, là-bas, le jardin des baisers apparaît.
Et le héros, vaincu par le futur, se livre
À l’ineffable mal d’être grand et de vivre.


Janvier 1887.

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