Or ce vieillard était horrible : un de ses yeux,
Crevé, saignait, tandis que l’autre, chassieux,
Brutalement luisait sous son sourcil en brosse ;
Les cheveux se dressaient d’une façon féroce,
Blancs, et paraissaient moins des cheveux que des crins ;
Le vieux torse solide encore sur les reins,
Comme au ressouvenir des balles affrontées,
Cambré,...
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Soldat libre, au léger bagage,
J’ai mis ma pipe à mon chapeau,
Car la milice où je m’engage
N’a ni cocarde ni drapeau.La caserne ne me plaît guère,
Les uniformes me vont peu ;
En partisan, je fais la guerre,
Et je campe sous le ciel bleu.La liberté, que l’on croit morte
Pour quelques heures de sommeil,
Près de moi se chauffe à la... -
Qu'ils étaient grands ces jours où l'Europe tremblante
Devant l'invincible guerrier,
Qui passait sur le monde en semant l'épouvante
Sous les pas de son fier coursier,
Comme devant un dieu se courbait en silence
Au seul nom de Napoléon,
Et, malgré tous ses rois, subissait la puissance
De cet indomptable lion.Ainsi, pendant vingt ans...
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Son grand cœur orageux tonnait en ses paroles
Et ceux qui l’écoutaient se taisaient devant lui.Il n’importait que l’hyperbole
Enflât parfois de son vain bruit
Ce qu’il disait, les soirs des... -
Vous souvient-il des jours, vieillards de ma patrie,
Où nos pères, luttant contre la tyrannie,
Par leurs nobles efforts sauvaient notre avenir?
Frémissant sous le joug d'une race étrangère,
Malgré l'oppression, leur âme toujours fière
De la France savait garder le souvenir.Or, dans ces tristes temps où même l'espérance
Semblait ne pouvoir... -
Laboureur ! - Il n'était, ne voulut jamais être
Que laboureur ; - un beau laboureur, lent et doux
Et fort comme ses boeufs, qui l'aimaient entre tous
Leurs bouviers, et venaient très docilement mettre,
Dès son premier appel, leurs cornes et leurs cous
Sous le dur joug en bois de hêtre...
A vingt ans il dut les quitter, étant conscrit ;
Mais, libéré,...