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    L’eau calme qui s’endort, déborde et se repose
    Au bassin de porphyre et dans la vasque en pleurs
    En son trouble sommeil et ses glauques pâleurs
    Reflète le cyprès et reflète la rose.

    Le Dieu à la Déesse en souriant s’oppose ;
    L’un tient le sceptre et l’arc, l’autre l’urne et les fleurs,
    Et, dans l’allée entre eux, mêlant son ombre aux leurs,
    L’...

  • Seule à jamais ! couchée au sol, l'âme troublée,
    Pleine d'un regard vague et d'un désir sans fin,
    Elle reste immobile, et sa pose accablée
    Du contour délicat accuse le dessin.
    Son corps souple et charmant fait une lueur blanche
    Entre les durs profils des rocs irréguliers ;
    La tunique aux plis droits a glissé sur sa hanche,
    Des bandelettes d'or les...

  • [...] Sur le milieu s'élève un beau tertre qui pousse
    L'éternelle fraîcheur d'une odorante mousse,
    Et de son flanc ouvert par un petit canal
    Verse à menus bouillons un liquide cristal,
    A qui nature semble avoir formé de l'herbe
    Un bassin d'émeraude éclatant et superbe,
    Où l'eau garde toujours un état tempéré,
    Comme celle qu'on trouve en un bain préparé...

  • Baigne mes pieds du cristal de tes ondes,
    O ma fontaine ! et sur ton frais miroir,
    Laisse tomber mes longues tresses blondes
    Flottant au gré de la brise du soir !

    Nymphe des bois, sur ton bassin penchée,
    J'aime à rêver à l'ombre des roseaux,
    Quand une feuille à sa tige arrachée,
    Ride en tombant la nappe de tes eaux.

    J'aime à plonger ma taille...

  • Vous faites trop de bruit, Zéphire, taisez-vous,
    Pour ne pas éveiller la belle qui repose ;
    Ruisseau qui murmurez, évitez les cailloux,
    Et si le vent se tait, faites la même chose.

    Mon coeur sans respirer, regardons à genoux
    Sa bouche de corail, qui n'est qu'à demi close,
    Dont l'haleine innocente est un parfum plus doux
    Que l'esprit de jasmin, de...

  • Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j'adore,
    L'autre soir apparut si brillante en ces lieux,
    Qu'à l'éclat de son teint et celui de ses yeux,
    Tout le monde la prit pour la naissante Aurore.

    La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore,
    L'air fut partout rempli de chants mélodieux,
    Et les feux de la nuit pâlirent dans les Cieux,
    Et crurent que...

  • ur la rive d'un fleuve une nymphe éplorée,
    Croisant les bras au ciel avec mille sanglots,
    Accordait cette plainte au murmure des flots,
    Outrageant son beau teint et sa tresse dorée :

    Las, où est maintenant cette face honorée,
    Où est cette grandeur et cet antique los,
    Où tout l'heur et l'honneur du monde fut enclos,
    Quand des hommes j'étais et des dieux...