Sombre divinité, de qui la splendeur noire
Brille de feux obscurs qui peuvent tout brûler :
La neige n'a plus rien qui te puisse égaler,
Et l'ébène aujourd'hui l'emporte sur l'ivoire.
De ton obscurité vient l'éclat de ta gloire,
Et je vois dans tes yeux, dont je...
Georges de Scudéry
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Ô prodige étonnant et difficile à croire,
Enfin je vois Philis, sans haine, et sans orgueil ;
Après un long combat, j'emporte la victoire,
Et l'on voit mon triomphe, au bord de mon cercueil.
Ses yeux tout rayonnants de splendeur et de gloire,
Comme un faible... -
L'Air paraît tout obscur ; la clarté diminue ;
Les arbres sont tous nus ; les ruisseaux tous glacés ;
Et les rochers affreux, sur leurs fronts hérissés,
Reçoivent cet amas, qui tombe de la Nue.
Tout le Ciel fond en eau ; la grêle continue ;
Des vents impétueux... -
Elle aime, et n'aime plus, et puis elle aime encore,
La volage beauté que je sers constamment :
L'on voit ma fermeté ; l'on voit son changement ;
Et nous aurions besoin, elle et moi, d'ellébore.
Cent fois elle brûla du feu qui me dévore ;
Cent fois elle éteignit... -
Vous faites trop de bruit, Zéphire, taisez-vous,
Pour ne pas éveiller la belle qui repose ;
Ruisseau qui murmurez, évitez les cailloux,
Et si le vent se tait, faites la même chose.
Mon coeur sans respirer, regardons à genoux
Sa bouche de corail, qui n'est qu'à... -
Quoi, les Dieux meurent donc ! Et tant de rares choses
N'ont pu sauver Procris de l'effroi du tombeau !
Sa noirceur éteignant ce lumineux flambeau,
Nous en voyons l'effet, sans en savoir les causes.
Lugubres changements, tristes métamorphoses,
Que nous avait... -
Aimez ou n'aimez pas, changez, soyez fidèle,
Tout cela pour Philis est fort indifférent ;
Comme votre conquête a peu touché la belle,
Elle perd votre coeur ainsi qu'elle le prend.
L'on ne peut la nommer ni douce ni cruelle,
Son insensible esprit ne combat ni se... -
Esprits de plume et d'air, démons de l'inconstance,
Qui ne trouvez jamais chez moi de résistance,
Que je vous dois de voeux pour m'avoir fait savoir
Que Philis, comme moi, cède à votre pouvoir !
Nous vivons désormais francs de toute querelle,
Chacun de nous suivra... -
Les vents, même les vents, qu'on entend respirer,
Et parmi ces rochers, et parmi ces ombrages,
Eux qui me font aimer ces aimables rivages,
Ont appris de Pétrarque à si bien soupirer.
Les flots, même les flots, qu'on entend murmurer
Avec tant de douceur, dans... -
Ô Saison bienfaisante, aimable et douce Automne,
Toi que le Soleil voit d'un regard tempéré ;
Toi qui par les présents, que ta faveur nous donne,
Fais arriver un bien, qu'on a tant espéré.
Ce riche amas de fruits, dont ton front se couronne,
Rend par tous nos...