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    I

    Quand nos aïeux brisèrent leurs entraves,
    Ce n’était pas pour se croiser les bras
    Pour travailler en maîtres, les esclaves
    Ont embrassé, corps à corps, le trépas,
    Leur sang, à flots, engraissa nos collines.
    A notre tour, jaunes et noirs, allons !
    Creusons le sol légué par Dessalines :
    Notre fortune est là, dans nos vallons,

    ...

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    Dèiè yon gwo touff pingoin
    L'aut'jou, moin contré Choucoune ;
    Li sourit l'heur' li ouè moin,
    ...

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    I

    Je ne puis plus aimer ; le souffle d'une femme
    Ne fera plus frémir mon cœur maintenant froid,
    Car, il a fui, ce temps où deux yeux en mon âme
    Allumaient un désir mêlé d'un vague effroi :

    Vieillard de trente étés, mon cœur n'a plus de flamme :
    Je m'en vais las, courbé, sans joie et sans émoi :
    Le colombe roucoule et l'amante se pâme,
    ...

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    Adolescence aimée, aux douces remembrances,
    Comme vous êtes loin ! comme vous avez fui,
    Heures veuves de peine et de lentes souffrances,
    Où demain apparaît aussi pur qu’aujourd’hui !
    Les rimes, sous vos doigts, éclosent caressantes,
    Sans souci d’avenir et sans rêves troublants.
    Papillons du printemps aux ailes innocentes,
    Comme vous êtes blancs...