C’est un espace immense et d’une longueur telle
Qu’il faut pour le franchir un jour à l’hirondelle,
Et ce n’est, bien au loin, que des entassements
De maisons, de palais, et de hauts monuments,
Plantés là par le temps sans trop de symétrie ;
De noirs et longs tuyaux, clochers de l’industrie,
Ouvrant toujours la gueule, et de leurs ventres chauds...
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Quand l’Italie en délire,
L’Allemagne aux blonds cheveux,
Se partagent toutes deux
Les plus beaux fils de la lyre,
Hélas ! Non moins chère aux dieux,
La ténébreuse Angleterre,
Dans son île solitaire,
Ne sent vibrer sous sa main
Qu’un luth aux cordes d’airain.
Ah ! Pour elle Polymnie,
La mère de l’harmonie,
N’a que de... -
Cher lecteur ! Suis mes pas, entrons dans un ménage
Où, sous la cheminée, on bâcle un mariage ;
Prenons place au foyer et voyons un instant
Ce qu’on pense tout haut sur ce point important.La maison est bourgeoise ou noble, peu importe :
Aujourd’hui qu’on n’a plus d’écussons à sa porte,
Que la fortune a mis son niveau sur les rangs,
Le langage... -
Ah ! S’il est ici-bas un aspect douloureux,
Un tableau déchirant pour un cœur magnanime,
C’est ce peuple divin que le chagrin décime,
C’est le pâle troupeau des talents malheureux.C’est toi, Mazaccio, jeune homme aux longs cheveux.
De la bonne Florence enfant cher et sublime ;
Peintre des premiers temps, c’est ton air de victime,
Et ta bouche... -
I
Ô fille d’Euripide, ô belle fille antique,
Ô muse, qu’as-tu fait de ta blanche tunique ?
Prêtresse du saint temple, oh ! Que sont devenus
Les ornements sacrés qui couvraient tes pieds nus !
Et les cheveux dorés relevés sur ta tête,
Et le grave cothurne, et la lyre poète,
Et les voiles de... -
I
Les hustings sont dressés et le sabbat commence :
Vieille Corruption ! Entends-tu le pays
Frémir et s’agiter comme une mer immense
Au vent des passions qui soulèvent ses fils ?
As-tu bien élargi l’antique conscience ?IIÔ fille à l’œil...
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Que ton visage est triste et ton front amaigri,
Sublime Michel-Ange, ô vieux tailleur de pierre !
Nulle larme jamais n’a baigné ta paupière :
Comme Dante, on dirait que tu n’as jamais ri.Hélas ! D’un lait trop fort la muse t’a nourri,
L’art fut ton seul amour et prit ta vie entière ;
Soixante ans tu courus une triple carrière
Sans reposer ton... -
Que d’autres sur les monts boivent à gorge pleine
Des vents impétueux la bienfaisante haleine,
Et s’inondent le front d’un air suave et pur ;
Que d’autres, emportés par des voiles légères,
Passent comme les vents sur les ondes amères,
Et sillonnent sans fin leur magnifique azur ;Que d’autres, chaque jour, emplissent leur paupière
Des rayons... -
Allons, enfants, marchons la nuit comme le jour,
À toute heure, à tout prix, il faut faire l’amour ;
Il faut, à tout passant que notre vue enflamme,
Vendre pour dix schellings nos lèvres et notre âme.On prétend qu’autrefois, en un pays fort beau,
Un monstre mugissant, au poitrail de taureau,
Tous les ans dévorait en ses sombres caresses
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Les défricheurs.
Invisibles pouvoirs, souffles impérieux,
Monarques qui tenez l’immensité des cieux,
Vents qui portez le frais aux ondes des fontaines,
Les ondes aux grands bois, les semences aux plaines,
Et jetez à longs flots les flammes de l’amour
À tout ce qui respire et ce qui voit le jour,...