• C’était l’heure où la terre appartient au soleil,
    Où les chemins poudreux luisent d’un ton vermeil,
    Où rien n’est confondu dans l’aride campagne,
    Où l’on voit les troupeaux couchés sur la montagne,
    Et le pâtre bruni, dans les plis d’un manteau,
    Dormir nonchalamment près d’un rouge tombeau ;
    L’heure aux grands horizons, l’heure où l’ombre est mortelle
    ...

  • Ô mère d’Allegri ! Parme, cité chrétienne,
    Sois fière du héros que tes flancs ont porté ;
    J’ai vu d’un œil d’amour la belle antiquité,
    Rome en toute sa pompe et sa grandeur païenne ;

    J’ai vu Pompéi morte, et comme une Athénienne,
    La pourpre encor flottant sur son lit déserté ;
    J’ai vu le dieu du jour rayonnant de beauté
    Et tout humide encor de la...

  • Divine Juliette au cercueil étendue,
    Toi qui n’es qu’endormie et que l’on croit perdue.
    Italie, ô beauté ! si malgré ta pâleur,
    Tes membres ont encor gardé de la chaleur ;
    Si du sang généreux coule encor dans ta veine ;
    Si le monstre qui semble avoir bu ton haleine,
    La mort, planant sur toi comme un heureux amant,
    Pour toujours ne t’a pas clouée au...

  • Qu’est-ce donc, ô mon Dieu ! que de la gloire humaine,
    S’il faut payer si cher ce fol enivrement,
    Et s’il faut expier les douceurs d’un moment
    Par des peines sans fin et des siècles de haine ?

    Oh ! n’est-ce point assez de la poussière vaine
    Que l’envie au-dehors élève incessamment ?
    Faut-il se faire au cœur un autre rongement,
    Un tourment qui vous use...

  • Salut, ô Raphaël ! salut, ô frais génie !
    Jeune homme plein de grâce et de sérénité,
    En tous lieux où l’on aime et l’on sent la beauté
    Que ton nom soit loué, que ta main soit bénie !

    Salut, douce candeur à la pâleur unie,
    Ovale aux cheveux bruns sur un beau col monté,
    Cygne mélancolique, enfant de volupté,
    Toujours prêt à chanter l’amour ou l’harmonie...