Il Pianto - Poèmes/Giorgione

Qu’est-ce donc, ô mon Dieu ! que de la gloire humaine,
S’il faut payer si cher ce fol enivrement,
Et s’il faut expier les douceurs d’un moment
Par des peines sans fin et des siècles de haine ?

Oh ! n’est-ce point assez de la poussière vaine
Que l’envie au-dehors élève incessamment ?
Faut-il se faire au cœur un autre rongement,
Un tourment qui vous use, et vous mette à la chaîne !

Faut-il, lorsque l’on veut goûter la vérité,
Perdre de sa candeur et de sa pureté,
Puiser de l’amertume au fond de l’ambroisie ;

Et poète divin, armé d’un beau pinceau,
Ne peut-on mettre un pied sur la terre du beau,
Sans traîner avec soi l’affreuse jalousie !

Collection: 
1833

More from Poet

  • Ô Corse à cheveux plats ! que ta France était belle
    Au grand soleil de messidor !
    C'était une cavale indomptable et rebelle,
    Sans frein d'acier ni rênes d'or ;
    Une jument sauvage à la croupe rustique,
    Fumante encor du sang des rois,
    Mais fière, et d'un pied...

  • " C'est moi ; - moi qui, du fond des siècles et des âges,
    Fis blanchir le sourcil et la barbe des sages ;
    La terre à peine ouverte au soleil souriant,
    C'est moi qui, sous le froc des vieux rois d'Orient,
    Avec la tête basse et la face pensive,
    Du haut de la terrasse...

  • Il est, il est sur terre une infernale cuve,
    On la nomme Paris ; c'est une large étuve,
    Une fosse de pierre aux immenses contours
    Qu'une eau jaune et terreuse enferme à triples tours
    C'est un volcan fumeux et toujours en haleine
    Qui remue à longs flots de la matière...

  • I

    Oh ! lorsqu'un lourd soleil chauffait les grandes dalles
    Des ponts et de nos quais déserts,
    Que les cloches hurlaient, que la grêle des balles
    Sifflait et pleuvait par les airs ;
    Que dans Paris entier, comme la mer qui monte,
    Le peuple soulevé grondait,...

  •  
    « Westminster ! Westminster ! Sur cette terre vaine
    Suis-je toujours en butte aux clameurs de la haine ?
    Avant d’avoir subi le jugement de Dieu
    Suis-je au regard des miens toujours digne du feu ?
    Hélas ! Mes tristes os languissent dans mes terres,
    Mon...